PLUS D’APRÈS ? ON VERRA, MAIS UN SACRÉ PASSÉ... À ST GERMAIN DES PRÉS

Mercredi 21 décembre 2016, par Webmestre // ► ST GERMAIN DES PRÉS

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Nous partirons du parvis de l’église St Germain des Prés

St Germain des Prés ►
Plan du quartier en 1834 par Perrot

Place St Germain des Prés

Le site de St Germain des Prés pourrait être, selon certains historiens, l’emplacement du camp de Camulogène. Le chef gaulois aurait rassemblé ici ses troupes avant d’affronter Labienus, lieutenant de César. Le lieu importe moins que la défaite qui suivit, étape importante de la conquête de la Gaule par le dictateur Romain.

L’église St Germain des Prés est l’une des plus anciennes subsistant à Paris. Jusqu’à la Révolution, elle dépendait d’une abbaye fondée en 558.
Germain de Paris, dit St Germain, évêque de Paris, dit aussi Germain d’Autun, fut inhumé ici, dans une chapelle vouée à St Symphorien, en 576.
Vers 885, celle-ci fut remplacée par l’église St Vincent-Ste Croix, environnée d’une nécropole mérovingienne où l’on retrouva le plus vieux gisant de Paris, conservé aujourd’hui à St Denis. Y avaient été inhumés Childebert 1er, les reines Frédégonde et Ultrogothe, Childéric II

L’abbaye St Germain des Prés s’étendait sur un vaste périmètre, qui s’inscrirait aujourd’hui entre nos rues Jacob, St Benoît, de l’Échaudé, et déborderait sur le boulevard St Germain. Elle était entourée d’une enceinte dont il ne reste qu’une tour, située à l’intérieur des bâtiments du n°6 de la place.

Le plan de l’Abbaye ►
à l’époque de la Révolution

La partie la plus ancienne de l’église actuelle, la base du clocher, daterait des environs de l’an mil.
L’abbaye de St Germain des Prés abrita l’un des centres d’étude instaurés en 779 par Charles 1er le Grand, dit Charlemagne.
Elle fut le creuset, avant Meaux, d’une réforme des mœurs des moines impulsée par Guillaume Briçonnet, futur évêque de Meaux, et Jacques Lefèvre, dit Lefèvre d’Étaples, entre 1507 et 1518.
Une statue d’Isis, réminiscence d’un vieux culte païen à la déesse égyptienne qui aurait encore subsisté à Paris à cette époque, fut remplacée en 1514 par une croix rouge à l’initiative de Briçonnet, alors abbé de St Germain.
Cette croix rouge fut elle-même déplacée par la suite un peu plus loin, au carrefour qui porte encore ce nom dans la mémoire des Parisiens.
Henri IV, faisant alors le siège de Paris en 1589 — St Germain étant à cette époque hors les murs —, utilisa son clocher comme observatoire.
Les cendres de René Descartes, décédé en Suède en 1650, furent transférées en 1819 dans une de ses chapelles.
Celles de Nicolas Boileau Despréaux le furent également.

L’église St Germain des Près vers 1900 ►

René DESCARTES ►

Nicolas BOILEAU ►

Devenue bien national pendant la Révolution, la "ci-devant abbaye Germain" devint "Maison de l’Unité". Elle hébergea les réunions de la Section des Quatre Nations de 1790 à 1792, puis de l’Unité de 1793 à 1795.
Elle abrita également des logements, dont celui de Jean Paquotte, ciseleur de son état et officier municipal, guillotiné le 11 Thermidor an II, 29 juillet 1794, comme robespierriste.

C’est au déboucher de la rue Bonaparte sur la place St Germain des Prés, dans l’ancienne cour abbatiale, que débutèrent proprement dit les massacres, le 2 septembre 1792. Sous le coup d’une menace d’intervention étrangère attribuée au duc de Brunswick, certains révolutionnaires se livrèrent à des tueries dans plusieurs prisons parisiennes, dont celle de l’abbaye. Stanislas Maillard, héros de la Bastille, un des meneurs de la marche sur Versailles du 6 octobre 1789, joua un rôle ambigu dans cette affaire qui permit à d’aucuns de discréditer le processus révolutionnaire.

Caricature : "cas du manifeste du duc de Brunswick" ►
Les massacres à l’Abbaye

L’église St Germain des Prés abrita un temps le culte théophilanthropique des "Adorateurs de Dieu et amis des hommes" en 1797.
Elle fut ensuite transformée en fabrique de salpêtre.

Pendant la Commune, une barricade était érigée sur cette place. Elle fut prise à revers par les troupes versaillaises lors des violents combats de la Semaine sanglante, le 23 mai 1871. 18 Fédérés faits prisonniers furent fusillés sur place.

Pendant la dernière guerre, St Germain des Prés abrita une filière d’évasion organisée par Emmanuel Lancrenon, chanoine de Notre-Dame. Il fournissait des faux papiers aux prisonniers évadés, utilisant pour cette opération le secret de son confessionnal.
L’horloge du clocher est l’une des dernières à Paris encore mécaniques. Elle date de 1817.

Faisons le tour de la place

4 : Siège de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, fondée en 1801. Lieu de conférences des exilés allemands dans les années 1930.

6 : Emplacement de la porte St Benoît, percée dans l’enceinte de l’abbaye de St Germain des Prés vers la fin du 17ème siècle.

Le café "Les Deux Magots", l’un des deux établissements mythiques de St Germain.
C’est là que fut rédigé, fin 1929, le second pamphlet intitulé "Un cadavre", publié le 15 janvier 1930 et dirigé cette fois contre Breton. Il marqua la rupture de ses auteurs, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Roger Vitrac, Max Morise, Michel Leiris, Georges Bataille, Georges Ribemont-Dessaignes… avec le Surréalisme.
C’est là que Paul Éluard présenta Dora Maar à Pablo Picasso à l’automne 1935.
C’est là que se rencontrèrent pour la première fois James Joyce et Ernest Hemingway par l’intermédiaire de Ford Madox Ford.
Ce fut, bien entendu, un des quartiers généraux des Existentialistes, où se retrouvaient Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Albert Camus, William Faulkner, François Mauriac, André Malraux

Le café "Les Deux Magots" ►

À l’angle de la rue Bonaparte

42 : Jean-Paul Sartre s’installe ici avec sa mère, après la mort de son beau-père, en janvier 1945.
Trois années plus tard, en 1948, il "cohabitera" avec Simone de Beauvoir(3ème fenêtre sous le balcon).
Ils installeront ici le comité de rédaction des "Temps modernes", auquel participeront Raymond Aron, Michel Leiris, Maurice Merleau-Ponty, Albert Ollivier, Jean Paulhan
Ils seront victimes, le 7 janvier 1962, d’un attentat au plastic de l’OAS. Sortis indemnes mais choqués de l’affaire, ils déménageront alors boulevard Raspail.

Jean-Paul SARTRE ►
au café de Flore par Brassaï

Simone de BEAUVOIR ►

Rue de l’Abbaye

17 : Alphonse Daudet demeurait en 1866 à l’emplacement du square Laurent Prache. Il a décrit ce lieu dans "le Petit Chose".

Alphonse DAUDET ►
par Nadar

16-14 : Vestiges du dortoir des moines de l’abbaye, de 1264.

14 : Bureau des frères Émile-Paul, qui animaient la "Société des Amis d’Alain-Fournier". Ils hébergeaient en août 1940 le Comité des "Français libres de France" auquel participaient Claude Aveline, Marcel Abraham, Jean Cassou, Jean Paulhan, Boris Vildé… Ils rejoindront le réseau du Musée de l’Homme.

13 : C’est ici que se tint le tribunal d’exception improvisé qui décidait du sort des prisonniers pendant les massacres de septembre. Il reste, au fond de la cour, des vestiges de la galerie du cloître qui menait à la salle des séances.
Pompe à eau dans la cour, face à l’entrée.

10-6 : Emplacement de la chapelle de la Vierge, dessinée en 1255 par Pierre de Montreuil, qui y fut enterré. Ce joyau d’art gothique fut détruit par un promoteur, un certain Salbrune, en 1802. Au "vol", dont il qualifiait la propriété, Proudhon aurait dû ajouter la bêtise. Des vestiges sont visibles dans le mur des boutiques et dans le square Laurent Prache.

Vous avez dit "destruction de patrimoine de l’Humanité" ?! ►

5-3 : Palais abbatial de St Germain, construit en 1586.
L’érudit bénédictin Jean Mabillon, dit Dom Mabillon, décède ici le 27 décembre 1707.
Jean-Jacques Pradier, dit James Pradier, sculpteur des statues de Lille et de Strasbourg sur la place de la Concorde, y résidera et aura là son atelier.

Jean MABILLON ►
dit Dom Mabillon

2 : Maison du 15ème siècle, habitée par le bailli de St Germain des Prés qui avait le droit de basse et de haute justice.
Emplacement de la porte du Petit Bourbon ; entrée secondaire percée dans l’enceinte de l’abbaye en 1610.

Revenons un peu en arrière pour prendre la rue et la place de Furstenberg

C’était la cour des écuries du palais abbatial entre 1586 et 1699.

Place de Furstenberg ►
Le palais abbatial

6 : Demeure et atelier d’Eugène Delacroix à partir de 1857. Il peint ici sa "Mise au tombeau" et la "Montée au calvaire". Il y mourra le 13 août 1863.
Claude Monet et Frédéric Bazille, alors dans la dèche, vinrent le remplacer en 1865 et 1866.

Eugène DELACROIX par Géricault ►
et par Léon Riesener 1842

Rue Cardinale

2 : Imprimerie clandestine des premiers numéros du journal "La France continue", publié par Henri de Montfort chez Monsieur Lescaret, imprimeur, qui paraîtra à partir du 10 juin 1941.

Passage de la Petite Boucherie

Boulevard St Germain à gauche

Rue de l’Échaudé

26 : Emplacement de la porte principale du rempart entourant l’abbaye de St Germain, construit en 1368, dont la rue suit le tracé.

Porte principale du rempart à sa construction ►
et emplacement du pilori

15 : Imprimerie du "Mercure de France", fondé par Alfred Valette et Marguerite Eymery, dite Rachilde, en 1889.

Marguerite EYMERY, dite RACHILDE ►
par Vallotton

Une barricade fut érigée rue de l’Échaudé le 23 février 1848. Difficile d’en situer précisément l’emplacement, le boulevard St Germain n’existant pas alors.

Rue Bourbon le Château

1 : Première maison de café à Paris, tenue par l’arménien Maliban, qui introduisit cette "drogue" à Paris, 4 ans après s’être installé à la Foire St Germain toute proche ; le succès de son breuvage lui ayant permis de s’établir dans ses murs en 1675.
Il sera bientôt imité par un certain Francesco Procopio Cutò, qui fera fortune sous le nom de Procope.

2 : Maison remarquable de 1848, aménagée autour d’une ancienne citerne, éclairée par un puits de lumière.

La rue "Bourbon" le Château fut rebaptisée rue de la Chaumière de 1793 à 1806.

Rue de Buci à droite

28 : Demeure, de 1743 à 1748, de Claire Josèphe Hippolyte Leris de La Tude, dite Mlle Clairon, ou plus communément "la Clairon", Actrice préférée de Voltaire, sociétaire de la Comédie Française.

Melle CLAIRON ►

34 : Demeure d’Henri Verlet, membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune de 1871.
Demeure également de Louis-Émile Lacord, chef de cuisine chez Foyot qui, réfugié en Suisse après la Semaine sanglante, créera la "Marmite sociale". Lui aussi avait été membre du Comité central de la Garde nationale pendant la Commune.

Boulevard St Germain

162 : Emplacement, de 1275 à 1636, sur ce qui est aujourd’hui la place d’Acadie, du pilori des abbés de St Germain des Prés. Ils avaient droit de basse et de haute justice.

Le pilori des abbés de St Germain ►

160 : Ancien hôtel Acropolis, où demeura Jacques Prévert au début de son idylle avec Jacqueline Laurent, en 1935.

152 : Incrusté dans le trottoir, un disque de bronze devrait marquer à cet endroit le passage du méridien de Paris et indiquer la direction NS ; s’il n’a pas été arraché… Car il reste très peu des 135 plots implantés à l’origine, en 1995. Il devrait également en subsister un sur le trottoir d’en face, entre les numéros 125 et 127 du boulevard. Dommage de se faire voleur en les emportant, car une fois au domicile du coupable, ils n’indiquent plus rien que sa cupidité... et sa stupidité.

Médaillon Arago

148 : Emplacement du café Méphisto, où se rencontraient les exilés allemands ayant fui le fascisme avant guerre.

Rue de Seine à gauche

66 : Hôtel Welcome, fréquenté en août 1944 par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, ainsi que par Nathalie Sorokine, alors compagne de Simone.

60 : Hôtel "la Louisiane", où fut créée en 1945, chez Sartre et Beauvoir, la revue "Les Temps modernes".
C’est dans leur chambre, n°10 au 1er étage, qu’eurent lieu les répétitions de "Huis clos" dirigées par Albert Camus en mai 1944.
Simone de Beauvoir écrivit ici "Le sang des autres", publié le 1er août 1945.
L’hôtel de la Louisiane était fréquenté par de nombreux jazzmen et chanteurs américains. Quartier général parisien, entre autres, de Miles Davis, mais aussi de John Coltrane, Bud Powell, Lester Young, Chet Baker, Archie Shepp... et Juliette Gréco.

Juliette GRÉCO ►

77 : Le 31 mai 1942, le PCF organise le pillage du magasin collabo Félix Potin. Deux policiers sont tués. Madeleine Marzin, qui participe à l’opération, est arrêtée et condamnée à mort mais parviendra à s’évader.

54 : Demeure d’Adolphe Clémence, dit Roussel, ouvrier relieur, un des premiers adhérents de l’Association Internationale des Travailleurs en 1865. Élu au Conseil de la Commune en 1871, faisant partie de la minorité, il avait voté contre la création du Comité de Salut public. Il meurt ici dans le plus grand dénuement le 4 février 1889.

63 : Demeure en 1834 d’Adam Mickiewicz, poète polonais, auteur de "Pan Tadeuz". Plaque.

Demeure du poète polonais Adam MICKIEWICZ ►
Plaque

57 : Siège du journal "l’Accusateur révolutionnaire", de Douhet-Rathail, sous-titré "Journal des ouvriers, démocratique et socialiste", fondé le 2 avril 1848.
Hôtel du Maroc, une des nombreuses adresses du poète Charles Baudelaire. Il y séjourna de mai 1854 à 1855.

Charles BAUDELAIRE par Deroy 1844 ►
et par Nadar

Rue Jacob

C’est tout au long de cette rue, qui n’était encore qu’un chemin, que s’étendait le "grand Pré aux Clercs".
Ce fut entre autres le lieu où le supplice de l’estrapade était appliqué aux soldats déserteurs.
Il y avait aussi le "petit Pré aux Clercs", qui se situait sur l’emplacement de l’actuelle rue Visconti et s’étendait jusqu’à la Seine.

Plan du Grand Pré aux Clercs ►
Son monument à Aubeterre, son village natal

1 : Siège de la Ligue de Défense des Droits de l’Homme, la LDH, à sa création par Ludovic Trarieux et Francis de Pressensé, le 4 juin 1898.

Ludovic TRARIEUX ►
Son monument à Aubeterre, son village natal

Francis de PRESSENSÉ

2 : Emplacement de l’hôtel de Cronstadt, où séjournait Louise Michel de 1897 à 1904 lorsqu’elle était à Paris.

10-12 : Demeure en 1832 de Pauline Roland, saint-simonienne indépendante, et de Pierre Leroux, l’introducteur en France du terme "socialisme". Ils y reçoivent Jean-François Aicard, Gustave Lefrançais, Jeanne Deroin

Pauline ROLAND ►
portrait apocryphe

Pierre LEROUX ►
d’après une photographie de Carjat

L’ancien restaurant "Chez Chéramy" devient en 1944 "le Bar Vert", haut lieu des nuits de St Germain avant que ne naisse "le Tabou". Après guerre, il est animé par le Groupe Octobre, avec à sa tête Jacques Prévert.
En 1949 il se transforme en cabaret, L’Échelle de Jacob, qui révèle de nombreux artistes, tels Francis Lemarque, Cora Vaucaire, Marcel Mouloudji qui y fait ses débuts de chanteur… Il accueille comme clients beaucoup d’autres noms connus ; Clark Gable, Marlène Dietrich, Gary Cooper, Dany Kaye...

5 : Emplacement de l’entrée Nord de l’abbaye de St Germain des Prés ; porte donnant sur le palais abbatial et la chapelle de la Vierge.

7 : Demeure de Jean Racine chez son cousin Antoine Vitard en 1658. Il a alors 17 ans et sort de Port-Royal des Champs où, étant orphelin, il a été élevé.

12 : Hôtel de Saxe, demeure du maréchal du même nom, Maurice de Saxe, sous Louis XV. Deux fiers représentants du pourrissement de "l’ancien régime".
Dans cet Hôtel, alors rue du Colombier, habita pendant la Révolution Marc-Guillaume Alexis Vadier, conventionnel Montagnard opposé personnellement à Robespierre. Il soutiendra la Conjuration des Égaux en 1797.

Marc-Guillaume-Alexis VADIER ►

14 : Richard Wagner habite ici, au fond de la cour, avec sa femme Minna Planer, du 30 octobre 1841 à 1842. Il y achève "Rienzi" et commence la composition du "Vaisseau fantôme".
Demeure, en 1862, de Pierre-Joseph Proudhon, au fond de la cour également.

Richard WAGNER ►

Pierre-Joseph PROUDHON ►

16 : Demeure d’Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire ; un des principaux promoteurs de l’abolition de l’esclavage que la Convention nationale décrétera le 16 pluviôse an II, mais que Napoléon 1er — notre "grand homme" — s’empressera de rétablir en 1802. Français, vous avez la mémoire courte !

Henri GRÉGOIRE, dit l’abbé Grégoire ►
prenant la parole à la Constituante

18 : Demeure de Prosper Mérimée de 1847 à 1852.

20 : Demeure et atelier d’Eugène Delacroix, qu’il partage avec Thales Fielding, un ami anglais, en 1824.
Demeure de Natalie Clifford Barney, poétesse américaine qui tient ici pendant de longues années, les vendredis, un salon littéraire fréquenté par André Gide, Paul Claudel, Francis Scott Fitzgerald, Ezra Pound, Ernest Hemingway, Marina Tsvetaeva...

Natalie CLIFFORD BARNEY ►
Le salon qu’elle tenait au fond de la cour du 20

13 : Demeure de Pierre Chaillet, alias Charlier, jésuite. Hébergé par Henri Bédariba, il installe ici avec Marcel Colin le siège de la revue "Les Cahiers de Témoignage chrétien". À partir de l’été 1943 il animera un service social d’aide aux persécutés.

15 : Siège du club de l’Union républicaine, présidé par un certain Allairac. Club modéré fondé en mars pendant la Révolution de 1848.

19 : Demeure, de juillet 1789 à 1790, de Louis Prudhomme, pamphlétaire, directeur des "Révolutions de Paris".

26 : Au début de la Révolution, l’esprit de parti étant alors perçu comme une trahison de l’unité nationale, se tiennent ici des réunions secrètes de Montagnards.
Demeure d’Élie Decazes, duc Decazes, ministre de la police, puis du Conseil, de Louis XVIII.
Demeure de Jacques Alexandre Bixio, ministre de l’Agriculture et du Commerce du gouvernement provisoire en 1848.

Jacques Alexandre BIXIO, buste ►

En 1992, le fils d’Alain Juppé, alors 1er ministre, bénéficie d’un appartement HLM à un prix défiant toute concurrence dans le domaine privé acquis par la ville de Paris depuis les travaux haussmanniens restés inachevés ; le prolongement de la rue de Rennes ayant heureusement été abandonné. Gros scandale !

28 : Demeure, de juin 1893 et 1896, de Sidonie Gabrielle Colette avec son mari Henry Gauthier-Villars. C’est lui qui signe ses premiers romans du nom de "Willy" à l’époque des débuts littéraires de celle qui deviendra la grande "Colette".

Sidonie Gabrielle COLETTE ►

27 : Demeure en 1841 de Jean-Auguste-Dominique Ingres, violoniste à ses heures.
Siège de la revue "Esprit", rétablie en 1944 par Emmanuel Mounier et Georges Izard. Fondée en 1932, elle avait été interdite par le régime de Vichy.

Jean-Auguste-Dominique INGRES, autoportraits ►

29 : Demeure d’Adam Philippe de Custine, général rallié à la Révolution. Il sera guillotiné pour trahison en 1794.

Adam Philippe de CUSTINE ►
Caricature anglaise contre la France à propos de son exécution

29-32 : Pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871, Salvador Daniel, musicologue et Communard, est ramené sur la barricade où il avait lutté, érigée au carrefour de la rue Bonaparte, pour être fusillé. La barbarie des versaillais d’Adolphe Thiers n’eut pas de bornes ; ils firent encore bien pire par ailleurs.

31 : Premier siège, en 1911-1912, de la maison d’édition Gallimard, chez Marcel Rivière. Fondée par Gaston Gallimard, elle publie Émile-Auguste Chartier dit Alain, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, André Gide, Marcel Proust, Paul Valéry, Valery Larbaud... excusez du peu !
Librairie des sciences politiques, siège de la revue "La Critique sociale" animée par Boris Souvarine. Raymond Queneau, Georges Bataille, Michel Leiris, Jacques Baron… des ex-surréalistes qui collaborent à la revue trotskiste entre 1931 et 1933.
Marguerite Duras était, en voisine, une habituée du café le Pré aux Clercs dans les années 50.

Boris SOUVARINE ►

Rue Bonaparte, à gauche aller-retour, puis à droite

Elle suit le tracé de la Noue, appelée aussi la Petite Seine, un canal qui avait été creusé vers 1358 pour irriguer les fossés de l’enceinte de l’abbaye de St Germain des Prés. Elle remplace une allée du parc de l’Hôtel de la reine Margot.

Plan de l’abbaye en 1520 ► au premier plan : la Noue ou Petite Seine

30 : Restaurant "Le Pré aux Clercs" fréquenté en 1921par Ernest Hemingway, alors reporter au Toronto Star, avec sa femme Hadley.

36 : Demeure d’Auguste Comte de 1826 à 1828. Plaque.

Auguste COMTE ►

Retour dans l’autre sens

24 : Demeure en 1877 et 1878 du poète et dessinateur Germain Nouveau, qui séjourna à Londres avec Arthur Rimbaud.
Emplacement de l’hôtel de Paris, séjour de June et Henry Miller en 1928.

Germain NOUVEAU ►
par Carjat

18 : Emplacement de la demeure, de 1818 à 1821, du jeune Victor Hugo avec sa mère, après le divorce de ses parents.
Siège du Conseil national tchécoslovaque, gouvernement provisoire de Tchécoslovaquie en exil, dirigé par Tomáš Garrigue Masaryk pendant la Première guerre mondiale en 1916. Plaque.

Victor HUGO jeune ►

16 : Demeure de Prosper Mérimée en 1837.
Ancien établissement du Mont de Piété. Le 12 mai 1871 Augustin Avrial et Francis Jourde font voter par le Conseil de la Commune le dégagement gratuit des objets de moins de 20 F déposés au Mont de Piété ; 41 928 articles représentant une valeur de 323 407 Francs.

Augustin AVRIAL, membre de la Commune ►

Francis JOURDE, membre de la Commune ►

14 : Emplacement de la chapelle des Louanges des Petits Augustins que Marguerite de Valois, dite la reine Margot, avait autorisés à s’installer en 1608 dans le parc de sont Hôtel parisien. Elle les chasse cinq ans plus tard sous prétexte qu’ils chantaient trop fort, et faux. La coupole de cette chapelle fut la première construite à Paris. L’ancien cloître est devenu la cour du Mûrier de l’École des Beaux Arts.

Plan de Visscher, de 1618, sur lequel figure la chapelle des Louanges ►

En 1792 Alexandre Lenoir, assisté des architectes François Debret et Félix Duban, crée un musée lapidaire dans l’ancien couvent désaffecté. Le 1er septembre 1794, il deviendra par décision de la Convention nationale le "Musée des Monuments français" et le restera jusqu’en 1816, date de création de l’École des Beaux Arts.
À partir de 1862 Charles Gleyre, le "parnassien gris", qui aura son atelier dans l’école, y donnera des cours à plus de 500 peintres, dont certains futurs impressionnistes, Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Frédéric Bazille, Jean-Léon Gérôme, Jean-Louis Hamon, Henry-Pierre Picou
Pendant la guerre de 1870, Charles Floquet transformera l’école en atelier de confection de vareuses, tuniques et pantalons pour la Garde nationale, organisé par les membres du syndicat de métier des Tailleurs.
Un groupe de Fédérés s’y retranche le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante. Il inscrit sur un mur : "nous serons tous fusillés, mais nous nous en foutons".
Une manifestation contre l’admission des femmes aux Beaux Arts, que venait d’autoriser un arrêté du 4 avril 1897, s’y déroule le 14 mai.

Charles GLEYRE ►
Quarante-trois portraits de peintres ; sans doute ses élèves

Cantonnement de Fédérés dans l’école des Beaux Arts ►

13 : En 1926, la galerie Pierre expose Joan Miró au printemps, puis de "la peinture surréaliste" à l’automne ; exposition préfacée par Breton et Desnos où figurent des toiles de Miró, Man Ray, Pablo Picasso, Giorgio De Chirico, Jean Arp dit Hans Arp, Paul Klee, André Masson, Max Ernst.

Joan MIRÓ ►

Invitation à l’exposition Miró signée par les Surréalistes ►

Retour en arrière pour prendre la rue Visconti

Elle fut tracée à l’emplacement du petit Pré aux Clercs, au cœur de ce que l’on appellera plus tard la Petite Genève ; le quartier protestant, hors les murs, de la capitale.
Un rassemblement de plusieurs milliers de huguenots y eut lieu le 13 mai 1558.

Le Petit Pré aux Clercs dans les Riches heures du duc de Berry ►
Plan du Petit Pré aux Clercs

24 : Demeure à partir de 1692 de Jean Racine, au 26 de la rue des Marest St Germain. Une plaque erronée indique le n° 26 actuel. Racine meurt ici le 21 avril 1699.

Jean RACINE ►
Plaque erronée apposée sur le n° 26 actuel de la rue

21 : Demeure de Mlle Clairon de 1750 à 1768.
Demeure du journaliste et pamphlétaire républicain Louis Blanc, auteur de "l’Organisation du travail" et de "Droit au travail".
Siège de l’Union pour la Vérité, fondée par Paul Desjardins, qui organisait autour d’André Gide des rencontres d’écrivains auxquelles participèrent André Malraux, Jean Guéhenno, Antoine de Saint-Exupéry

20 : Belle pompe à eau sur la droite au fond de la cour.
Demeure de Prosper Mérimée de 1836 à 1838. Il rédige ici "Les âmes du purgatoire".
Demeure et atelier de Frédéric Bazille, qu’il partage en 1866 et 1867 avec Auguste Renoir alors dans la dèche. Claude Monet et Alfred Sisley viennent les visiter.

Frédéric BAZILLE, autoportrait ►
et par Renoir, dans son atelier

Pierre-Auguste RENOIR portrait supposé dit "d’un jeune homme"►
et assis dans l’atelier

18 : Imprimerie du journal "Les Révolutions de Paris", fondé par Louis Prudhomme. Son principal rédacteur sera Élisée Loustalot, dit aussi Élysée Loustallot. Antoine Tournon, Sylvain Maréchal, Pierre-Gaspard Chaumette, Fabre d’Églantine… y contribueront. Il comptera 223 numéros et tirera jusqu’à 200 000 exemplaires. L’arrestation quelque peu téléguidée de Prudhomme, le 2 juin 1793, l’amènera à stopper quelques temps sa parution, laissant le champ libre au Père Duchesne de Jacques-René Hébert.

19-17 : Imprimerie et demeure d’Honoré de Balzac, financée par Mme de Berny. L’imprimerie est au rez-de-chaussée et l’appartement au 1er. Balzac a alors 27 ans. Il publie entre autres le Rouge et le noir de Stendhal. Mais l’auteur de La Comédie humaine est meilleur écrivain que gestionnaire, il fait faillite. L’entreprise n’aura duré qu’un peu plus d’un an, de juin 1826 à 1827.

Honoré de BALZAC ►
Laure de BERNY

L’imprimerie de Balzac rue Visconti telle qu’elle subsistait en 1914 ►
Sa garçonnière au 1er étage

19 : Demeure et atelier du peintre Paul Delaroche de 1827 à 1835.

Paul DELAROCHE ►

17 : Demeure et atelier d’Eugène Delacroix de 1835 à 1844. Il réalise ici les portraits de George Sand et de Frédéric Chopin.

26-16 : Demeure de Bernard Palissy à partir de 1584. Il est arrêté une première fois et condamné au bannissement en 1587.
Une seconde arrestation a lieu en 1588. Il est alors condamné à la pendaison pour hérésie et enfermé à la Bastille. Il y mourra en 1590, âgé de 80 ans "de faim, de froid et de mauvais traitements". Sa dépouille sera laissée à pourrir dans les fossés de la forteresse. Aimez-vous les uns les autres…

Bernard PALISSY ►

16 : Demeure d’Adrienne Lecouvreur à partir de 1718. Elle meurt ici le 20 mars 1730. Étant comédienne et donc excommuniée, l’Église lui refuse une sépulture chrétienne. Elle est inhumée en catimini à la Grenouillère, sur l’actuel Champ de Mars.

Adrienne LECOUVREUR ►

8 ou 10 : Atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres vers 1825.

4 : Emplacement de "l’auberge du Vicomte", où fut célébré en 1555 le premier baptême réformé dans ce quartier protestant, surnommé de ce fait "la Petite Genève".
Le 25 mai 1559 se tint ici le premier synode protestant, organisé par François de Morel, dit de Collonges, qui aboutit à la constitution de l’Église Réformée de France par les "huguenots", terme provenant de l’allemand "eldgenossen" signifiant en français "conjuré".

4-2 : Demeure, de 1547 à 1570, de Jean Cousin, dit "the Elder" peintre et sculpteur sur ivoire, auteur du "Jugement dernier".

2 : Second siège, en 1791, du journal "Le Mercure national", de Louise de Kéralio et François Robert ; premier journal ayant prôné le républicanisme, le tutoiement et l’usage du terme citoyen ou citoyenne en place de monsieur et madame.

Louise de KÉRALIO ►

François ROBERT ►

Rue de Seine à gauche

26 : Le cabaret du Petit Maure subsiste quasi tel quel, au moins en façade, avec sa grille et son enseigne remarquable. Il était tenu par un certain Montglat, et fréquenté par Vincent Voiture, Gédéon Tallemant des Réaux et Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, poète et académicien. Ce dernier mourut, roué de coups sur le Pont Neuf, pour s’être moqué de Monsieur le Prince, c’est-à-dire Condé, le 1er décembre 1661. L’Académie l’avait chargé de répertorier les termes de l’argot et du langage populaire. Plaque.

Le cabaret du Petit Maure et son enseigne ►

35-37 : Pompe à eau à balancier dans la cour.

33 : Siège du journal saint-simonien "Les États-Unis d’Europe" en 1876.

31 : Demeure de George Sand chez Hippolyte Chatiron, son demi-frère. Elle et sa fille vivent là après sa séparation d’avec Casimir Dudevant en janvier 1831.
En 1933, André Breton ouvre ici la Galerie Gravida pour exposer des œuvres surréalistes.

George SAND ►

André BRETON ►

18 : Librairie Pagnerre, siège du journal "Paris Révolutionnaire" auquel collaborent Philippe Buonarroti et Louis-Auguste Blanqui. Journal révolutionnaire dirigé par Laurent-Antoine Pagnerre, fondé en 1847 sous une Monarchie de juillet finissante.

29 : Demeure de Jean Lacaze, qui cache Joël Le Tac et Fred Scaramoni, alias Séveri, en attente de leur départ pour Londres dans le cadre de la mission Overcloud fin décembre 1941. Arrêté en Corse, Scaramoni se suicidera pour ne pas parler.

27 : Une des nombreuses adresses du poète Charles Baudelaire, en juillet 1855.
Demeure d’Eugène Vermersch chez l’éditeur Sartorius. Il s’y tient des réunions en 28 février 1871 avec Alphonse Humbert et Maxime Vuillaume en vue de la création du nouveau "Père Duchêne", qui tirera à 50 000 exemplaires pendant la Commune.

Eugène VERMERSCH ►

21 : Café Chez Fraysse ou a lieu en 1947 une rencontre entre Jacques Prévert et Robert Giraud, illustrée par une photo de Robert Doisneau.

18-14 : Demeure d’Alexandre de Beauharnais, premier mari de Joséphine, qui sera arrêté et guillotiné en 1794 pour trahison et complicité de conspiration.
Demeure du peintre Jacques-Louis David, ordonnateur des grandes cérémonies révolutionnaires. Par ailleurs député montagnard à la Convention nationale, il se désolidarisera de Robespierre en thermidor.

Alexandre de BEAUHARNAIS ►

Jacques-Louis DAVID ►

13 : Emplacement de l’entrée de la salle du jeu de paume de Gallois du Mestayer, dite salle des Métayers, dans laquelle fit ses débuts l’Illustre Théâtre de Molière et de Madeleine Béjart en janvier 1644.

Jean-Baptiste POQUELIN, dit MOLIÈRE ►

Revenir en arrière pour prendre la rue des Beaux-Arts

À l’angle de la rue de Seine, un autre médaillon Arago — s’il n’a pas été arraché par un collectionneur imbécile —, disque de bronze marquant le passage de la méridienne de Paris.

2 : Seconde galerie Pierre, créée par Pierre Loeb, où se tint en 1926 une exposition commune d’Alberto Giacometti, Max Ernst et Jean Arp ; la première pour Giacometti.

3 bis : La pionnière des école dites "libres", est fondée ici par Henri Lacordaire, disciple de Félicité Lamennais, Charles de Montalembert et Charles de Coux le 9 mai 1831.

Henri-Dominique LACORDAIRE ►

4 : Demeure de Jean-Jacques Pradier, dit James Pradier, sculpteur des "Victoires" des Invalides et de "la Renommée" de l’Arc de Triomphe.
Pompe à eau au fond de la cour.

4 bis : En janvier 1943, Jacques Prévert est à Paris avec Janine Tricotet pour le tournage des "Enfants du paradis". Il séjourne ici, à l’hôtel de Nice.
Il y revient vivre en 1945, et devient la vedette de St Germain des Prés.
En 1947, il y rencontre Paul Grimault et Joseph Kosma pour mettre au point le scénario du film d’animation "Le Petit soldat".

Jacques PRÉVERT ►
avec Paul Grimault

Paul GRIMAULT ►
L’affiche du film d’animation "Le roi et l’oiseau"

5 : Félicité Lamennais, devenu républicain, fonde le journal "L’Avenir" en octobre 1830. Henri Lacordaire, jeune dominicain y collabore.
Demeure du poète Gérard Labrunie, alias Gérard de Nerval.

Félicité LAMENNAIS

Gérard LABRUNIE, dit Gérard de NERVAL ►

9 : Siège de la revue "Le Centaure", fondée par Heni Albert en 1896-1897.

8 : En 1868, atelier d’Ignace Henri Fantin-Latour, peintre néoromantique, illustrateur de Wagner. Il peint ici le "Coin de table" des dîners des Vilains bonshommes, représentant entre autres Verlaine et Rimbaud.

Henri FANTIN-LATOUR ►
Autoportrait

10 : Demeure de Prosper Mérimée de 1838 à 1846.
Le peintre Camille Corot habita également à cette adresse.

Prosper MÉRIMÉE ►

Jean-Baptiste dit Camille COROT, autoportrait ►
et photographié par Nadar

13 : Demeure d’André-Marie Ampère en 1811.
Oscar Wilde meurt ici le 30 novembre 1900, dans ce qui était alors l’hôtel d’Alsace où il séjournait sous le pseudonyme de Sébastian Melmoth.
Hôtel des Beaux-Arts, où descendait l’écrivain Pierre Loti lorsqu’il était à Paris.
L’écrivain argentin Jorge Luis Borges y avait également ses habitudes entre 1977 et 1984.

André-Marie AMPÈRE ►

Oscar WILDE ►

Pierre LOTI ►

Jorge Luis BORGES ►

Rue Bonaparte à droite

7-9 : Demeure de 1803 à 1818 de Gaspard Monge, initiateur de la géométrie descriptive. Il est destitué de l’École polytechnique en 1815 par Louis XVIII qui fait montre ainsi de son sens du progrès et de son amour pour la science…

Gaspard MONGE ►

7 : Hôtel Persan, demeure de 1768 à 1773, de Claire Josèphe Hippolyte Leris de La Tude, dite Mlle Clairon, ou la Clairon qui, comme nous pouvons le constater, déménageait souvent, au gré de la montée de sa popularité qui fut très grande au Siècle des Lumières.

8 : Demeure en 1801 de Bernard-Germain Étienne de Lacépède, naturaliste, continuateur des travaux de Buffon.

Étienne de LACÉPÈDE

5 : Maison natale d’Édouard Manet, qui vit le jour ici le 23 janvier 1832.
Demeure, de 1911 à 1934, d’Hubert Lyautey, maréchal de France, colonisateur du Tonkin et du Maroc. Plaque.

4 : Première adresse de Gustave Courbet à son arrivée à Paris en 1842.

Gustave Courbet ►
Sa carte de membre de la Fédération des Artistes

1-3 : Hôtel de Chavandon, demeure en 1789 d’Alexandre et de Joséphine de Beauharnais.

1 : Siège du Cercle de la Librairie. Il abritera une réunion politique publique à la fin du Second Empire.

Quai Malaquais à droite aller-retour puis à gauche

Il surplombait le port des Saints-Pères et s’appelait initialement quai Mal-Acquest, nom qui lui serait venu de la présence dans ces parages d’une des cours des miracles de la capitale.
Sa réalisation en 1532 fut permise par le rattachement de l’Îlot de la Butte à la rive gauche de la Seine.

face au n°1 : La statue de Voltaire, de 1885, réalisée par Joseph-Michel Caillé, a été détruite par Pétain, comme tant d’autres à Paris, pour le compte des nazis sous l’Occupation en 1942.

La statue actuelle de VOLTAIRE ►
Celle détruite par Vichy par soumission aux nazis

face au n°3 : Cette statue réalisée par Jean-François Soitoux fut, en 1848, la première représentation officielle de la République, qui jusque là n’était pas personnifiée.

Première représentation de la République ►

3 : Demeure pendant la Révolution de François Nicolas Léonard Buzot, député à la Convention nationale. Pourchassé comme Girondin, il se suicida en 1794 en même temps que Jérôme Pétion.
Demeure du naturaliste et explorateur allemand Alexander von Humboldt, "l’inventeur" du fameux courant...
Demeure de Léo Lagrange, ministre SFIO des Loisirs et des Sports du Front Populaire ; il fit l’objet d’un projet d’enlèvement par le CSAR, dit la Cagoule, le 4 juin 1936.

François BUZOT ►
Cour du 9 quai Malaquais

Alexander von HUMBOLDT ►
Plaque

Léo LAGRANGE ►

5 : Hôtel de Châteauneuf, demeure du maréchal Maurice de Saxe en 1748.
Demeure en 1791 de Theophila Benigna Finck von Finckenstein, baronne de Korff. Amie d’Axel de Fersen, elle procure un passeport à son nom à Louis XVI pour lui permettre de s’enfuir ; c’est Mme de Tourzel qui jouera le rôle de la baronne. Ce sera la "fuite à Varennes" — disons plutôt la fuite "qui fut stoppée à Varennes" — qui achèvera de discréditer la monarchie.
Demeure du médecin et physiologiste François Magendie de 1834 à 1844.

François MAGENDIE ►

11-13 : Emplacement de l’Hôtel de Juigné, ministère de la Police sous Joseph Fouché, nommé ministre en janvier 1796 pour bonne et loyale trahison thermidorienne ; ce maître en opportunisme n’en était pas à une près…

Joseph FOUCHÉ ►

15 : Librairie qui recevait les abonnements au "Vorwärts", journal des immigrés germanophones fondé par Henri Börnstein, auquel collabora Karl Marx en 1844, et qui devint plus tard l’organe de la social-démocratie allemande.
Demeure d’enfance, au 1er étage, de François Anatole Thibault, qui deviendra un écrivain célèbre sous le nom d’Anatole France. La boutique de ses parents se trouvait au n°19.

Anatole FRANCE ►

19 : Autre adresse de François Nicolas Léonard Buzot, très lié à Mme Roland.
Demeure de George Sand, d’octobre 1832 à 1836 au 3ème étage sur cour, dans sa "mansarde bleue" où elle vit avec sa fille Solange au début de sa liaison avec Alfred de Musset ; elle y écrit "Lélia".
Librairie "politique ancienne et moderne" de François-Noël Thibault, le père d’Anatole France. Ce dernier naît dans l’arrière-boutique le 16 avril 1844.
Cette boutique sera le décor du magasin de Monsieur Lestingois dans "Boudu sauvé des eaux", le film de Jean Renoir tourné en 1932.

21-23 : Hôtel de Falcony, demeure de l’architecte Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc.
Demeure du chirurgien et anatomiste Paul Broca, mort ici le 9 juillet 1880.

Eugène-Emmanuel VIOLLET-LE-DUC parmi les anges sur la flêche de Notre-Dame ►
et plus modestement photographié par Nadar

Paul BROCA ►
Sa statue détruite pendant l’occupations nazie

23 : André Breton dîne avec "Nadja", de son vrai nom Léona Delcourt, au restaurant Delaborde dans son récit éponyme, le 10 octobre 1926.

NADJA, de son vrai nom Léona DELCOURT ►

En juin 1870, Jules Verne amarre son bateau, le St Michel, à hauteur du quai Malaquais ; il est décoré de la Légion d’honneur par la "mère Badingue", épouse Badinguet ; pardon, Eugénie de Montijo.

Jules VERNE ►

Rue des Saints-Pères

2 : Demeure de Jean-François Boyvin de Bonnetot, marquis de Bacqueville, "homme oiseau" qui se lança en 1745 du toit de son Hôtel pour tenter de traverser la Seine en vol plané. L’expérience se solda par une jambe brisée.
Demeure du maréchal Thomas-Robert Bugeaud, dont la fameuse "casquette en peau d’chameau" ne doit pas faire oublier qu’il fut le boucher de la rue Transnonain et du peuple algérien dont il dirigea une colonisation "musclée". Il meurt ici en 1849.
Demeure de Jean-Jacques Pradier, dit James Pradier, amant de Juliette Drouet dont il aura une fille, Claire Gauvain, qui sera élevée par Victor Hugo, devenu lui-même l’amant de Juliette ; source de brouille entre les deux amis. Pradier meurt ici le 4 juin 1852. Certaines de ses œuvres fort osées firent scandale à l’époque.

Jean-Jacques dit James PRADIER ►
Son buste sur sa tombe au Père Lachaise par Eugène-Louis Lequesne

5 : Demeure d’Édouard Manet, qui meurt de la syphilis à 51 ans après une amputation, le 30 avril 1883.

Édouard MANET ►
croqué par Degas

6 : Demeure de Pierre-François Réal, ex procureur au Châtelet, ami de Danton, accusateur public au Tribunal Révolutionnaire en 1792.

7 : Demeure de Joseph Lakanal, de son vrai nom Lacanal, député Montagnard à la Convention nationale, président du comité d’instruction publique, qui créa en 1795 les écoles centrales, les actuels lycées.

Joseph LAKANAL ►
Buste par David d’Angers

10 : Demeure de jeunesse de l’historien Jules Michelet.

Jules MICHELET par Nadar ►

13 : Demeure d’enfance de Jeanne Françoise Adélaïde Julie Bernard, future Mme Récamier, de 1777 à 1793.
Siège des archives de la police secrète sous le Premier Empire.
Librairie des Sciences sociales, créée le 4 juin 1865, dirigée par Charles-Mathieu Limousin, avec Antoine Bourdon comme secrétaire de rédaction. On pouvait s’y abonner à La Tribune ouvrière, revue de l’Association Internationale des Travailleurs, dont Limousin et Bourdon étaient des fondateurs.

Juliette RÉCAMIER ►

19 : Puits dans la cour.

26 : Salon d’Hippolyte Carnot, fils cadet de Lazare Carnot.
Les premières réunions des saint-simoniens se tiennent ici jusqu’en 1828.
Siège de "La Revue encyclopédique". Pierre Leroux y utilise pour la première fois en français le mot "socialisme" dans un texte intitulé "De l’individualisme et du socialisme", en mars 1834.
Siège du Comité Carnot pour les élections législatives de 1863, auquel participent Louis-Antoine Garnier-Pagès et Charles Beslay, futur membre de la Commune, qui exige une représentation ouvrière.

Hippolyte CARNOT ►

29 : Demeure d’Auguste Vermorel, journaliste, membre de la Commune de 1871, directeur du journal l’Ami du Peuple. Il sera grièvement blessé sur une barricade du Château d’Eau en portant secours à Maxime Lisbonne, lui-même touché aux jambes. Capturé, il mourra dans les prisons de Versailles faute de soins.

Auguste VERMOREL, membre de la Commune
Caricature

30 : Emplacement du cimetière de l’hôpital de la Charité, qui accueillit du 21 mars 1604 à 1685 les dépouilles des protestants chassés du cimetière St Germain.

35 : Planque de Louis Coquillet, membre de l’Organisation spéciale des Jeunesses communistes, arrêté dans un café du boulevard St Germain après l’attentat manqué de la rue Buffault le 3 janvier 1942.

Louis COQUILLET ►

39-45 : Hôpital de la Charité, fondé en 1606 par Marie de Médicis, révolutionnaire à l’époque, le plus réputé de Paris. Tenu par les frères de la Charité, il fermera ses portes en 1935.
Mort d’Alfred Jarry, créateur du père Ubu, le 1er novembre 1907.
Mort du peintre Amedeo Modigliani, de la tuberculose, le 24 janvier 1920. Moïse Kisling l’assista jusqu’à la fin.

L’hôpital de la Charité ►
son infirmerie en 1639

Alfred JARRY ►
par Félix Vallotton

Amedeo MODIGLIANI ►
en 1919, peu avant sa mort

Rue Jacob

60 : Restaurant Michaud, "Comptoir des Saints Pères", fréquenté vers 1920 par les écrivains de la "Lost generation", James Joyce, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald

58 : QG du général Wladyslaw Sikorski, commandant de l’armée polonaise en France en 1939-1940. Plaque.

56 : Hôtel d’York, demeure de Benjamin Franklin, où fut signé avec John Jay, John Adams et David Harley pour l’Angleterre, le traité reconnaissant l’indépendance des États-Unis d’Amérique le 3 septembre 1783.

Benjamin FRANKLIN ►

Signature du traité préliminaire reconnaissant l’indépendance des États-Unis d’Amérique ►

54 : Siège du journal "La Démocratie pacifique", où Alexandre Ledru-Rollin et Martin Nadaud organisèrent la protestation contre l’envoi de l’armée à Rome le 13 juin 1849.

Alexandre LEDRU-ROLLIN ►
Gravure en l’honneur du père du suffrage universel

Martin NADAUD ►

45 : Emplacement de la pharmacie de Rouelle, tenue par Guillaume François Rouelle, dit Rouelle l’aîné, chimiste qui fut le maître d’Antoine Laurent de Lavoisier. Avec Joseph Pelletier et Joseph Caventou, il inventa le sulfate de quinine en 1820.

39 : Simone de Beauvoir fait sa scolarité à l’institut Désir entre 1913 et 1925.

44 : Hôtel d’Angleterre, ancienne ambassade d’Angleterre, où ont lieu en 1783 les négociations et la rédaction du traité d’indépendance des États-Unis d’Amérique, mais Franklin refuse de le conclure en terre britannique. Il exige que la signature se fasse à sa propre résidence à l’hôtel d’York que nous avons vu plus haut.
Hôtel de Modène, demeure en 1791 de Jean-Baptiste Cloots, dit Anacharsis Cloots, auteur de "Un Homme à des Hommes" et "les Préjugés détruits", guillotiné le 24 mars 1794 avec les Hébertistes.
Séjour en 1805 de l’écrivain américain Washington Irving.
Hôtel Jacob et d’Angleterre, séjour d’Ernest Hemingway, alors reporter au Toronto Star, et de sa femme Hadley à leur arrivée à Paris le 22 décembre 1921.

Jean-Baptiste dit Anacharsis CLOOTS ►

Washington IRVING

Ernest HEMINGWAY ►
avec Fidel CASTRO

33 : Emplacement du grand Pré aux Clercs qui, sous Louis VII le Jeune, en 1163, passe de l’abbaye de St Germain à l’Université.

40 : Demeure d’Anne Pingeot, dédicataire de la pyramide du Louvre, au moment de la naissance de Mazarine Mitterrand, le 18 décembre 1974. Le fait du prince…

Rue St Benoît

1 : Emplacement de la chapelle St Martin le Vieux, édifiée en mémoire de deux étudiants tués sur le Pré aux Clercs ; appelée aussi chapelle des Orges, de 1230 à 1358.

4 : Restaurant "Au Petit St Benoît", où Jacques Prévert fit avec Alexandre Trauner et Nicolas Bataille un repas bien arrosé juste avant sa chute accidentelle sur les Champs Élysées qui le laissa très diminué, en 1948.

3 : Second siège de la maison d’édition Gallimard, de 1912 à 1921.

5 : Demeure du poète et essayiste Charles-Augustin Sainte-Beuve en 1849.
Demeure, au 3ème étage, de Marguerite Duras, chez qui se réunissait le "groupe de la rue St Benoît", rassemblant Robert Antelme, mari de Marguerite Duras qui sera arrêté, Jean Genet, Henri Michaux, Georges Bataille, Maurice Merleau-Ponty, Dionys Mascolo, Albert Camus, René Leibowitz, Claude Roy, André Malraux… à partir de 1942.
François Mitterrand, reconverti "Résistant", tente d’organiser un réseau.
Demeure de Ramon Fernandez, chez qui se tenaient des réunions d’écrivains collabos pendant l’Occupation, auxquelles participaient Pierre Drieu La Rochelle, Marcel Arland, Gerhard Heller, Ernst Jünger… deux étages au dessous de l’appartement de Marguerite Duras.
Demeure du poète provençal Léo Larguier, qui mourut ici en 1950.

Charles-Augustin SAINTE-BEUVE ►

Marguerite DURAS ►

7 : Imprimerie Claye, qui publiait des textes de l’Association Internationale des Travailleurs, l’A.I.T., en 1871.
Atelier des Librairies et Imprimeries réunies, où Lucien Rameau imprime clandestinement des tracts anti-vichystes pour le PCF en 1941 et 1942.

9 : Emplacement de la porte Papale de l’enceinte de St Germain des Prés, ainsi nommée en mémoire de la visite du pape Alexandre III sous le règne de Louis VII le Jeune, le 21 avril 1163. Elle fut murée en 1551.

16-18 : École des filles de la rue St Benoît, où se réunissait pendant la Commune de 1871 le Comité des Femmes du 6ème arrondissement, antenne de l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, animée par Elisabeth Dmitrieff et Nathalie Le Mel.

Elisabeth DMITRIEFF ►

Nathalie LEMEL ou LE MEL ►

13 : Le Club St Germain, club de Jazz créé en février 1948, où Boris Vian popularisa le Bebop, et où vinrent jouer Charlie Parker, Miles Davis, Duke Ellington.

20 : Bureaux en 1851 de la "Revue des Deux Mondes", créée le 1er août 1829 par François Buloz, qui publiait George Sand, Alfred de Vigny, Alfred de Musset, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Charles Baudelaire

15-17 : Vestiges d’une tour de l’enceinte de l’abbaye de St Germain des Prés construite sous Charles V le Sage en 1368. On y accède, comme nous l’avons vu, par le n°6 de la place St Germain. C’est tout de qu’il reste d’une porte de l’ancien rempart percée au 17ème siècle et démolie en 1790.

28 : Hôtel Montana, demeure de Jacques Prévert avec Jacqueline Laurent et Alexandre Trauner, décorateur et ami de Prévert, en 1935.

Étienne Cabet demeura dans la rue St Benoît à son retour d’exil en Angleterre, en 1839.

Étienne CABET ►
en 1840

Boulevard St Germain

172 : Le café de Flore. Le second des cafés mythiques de St Germain des Prés.
À partir de juillet 1899 se tiennent ici les Réunions de la direction de l’Action française qui vient d’être créée, qui rassemblent Charles Maurras, Jacques Bainville, Maurice Barrès, Kléber Haedens, Thierry Maulnier...
Guillaume Apollinaire et André Salmon fondent dans ce café la revue littéraire "Les Soirées de Paris". En 1912, les amis de Guillaume Apollinaire, alors en difficultés financières, organisent ici pour son soutien les Soirées de Paris, rencontres littéraires.
Le Flore devient ensuite le quartier général de la revue "Nord-Sud". C’est Pierre Reverdy qui présente Philippe Soupault à Breton le 15 mars 1917. Guillaume Apollinaire discute littérature les mardis avec des permissionnaires ; nous sommes en plein conflit mondial…
En 1933 Raymond Queneau, lauréat du prix des Deux Magots, fréquente le café concurrent avec la bande à Prévert. Ce dernier a fait du Flore son quartier général et celui du Groupe Octobre. Il y fait connaissance avec Pablo Picasso.
En juillet 1943, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Raymond Queneau, Maurice Merleau-Ponty, Albert Camus… discutent d’un projet de revue pour l’après-guerre. Beauvoir et Camus se sont rencontrés ici cette même année après la répétition générale des "Mouches" de Sartre.
En avril 1945 se tiennent des réunions autour du journal "La Rue", recréé par Léo Sauvage, avec Francis Lemarque, Óscar Domínguez, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Boris Vian
Rencontres "exixtentialistes" autour de Jean-Paul Sartre, Paul Bourget, Jean Genet, Jean Cau... en 1945.

Le café de Flore ►

Guillaume APOLLINAIRE ►

Pierre REVERDY ►

Raymond Queneau ►

149 : Emplacement de la demeure de Denis Diderot, aux 4ème et 5ème étages, avec sa femme et sa fille, de 1754 à 1784. Disparue lors du percement du boulevard. Il s’attaque alors à la rédaction de l’Encyclopédie.
Emplacement du Drugstore St Germain. Le 15 septembre 1974, un attentat à la grenade imputé à Ilich Ramírez Sánchez, alias Carlos, y fait 2 morts et 34 blessés.

Denis DIDEROT, par Thomas Cornell ►
Le percement du boulevard St Germain

Le drugstore St Germain

151 : Brasserie Lipp.
Brasserie alsacienne, créée par Léonard Lipp en 1880, que fréquenteront de nombreux écrivains, tels Alfred Jarry, Paul Valéry, Antoine de Saint-Exupéry et Ernest Hemingway qui la décrit dans son "Paris est une fête"...
S’y réunira le groupe des "Hirsutes", autrement dit les poètes "échevelés", auquel participeront Jean Moréas et Guillaume Apollinaire.
Léon-Paul Fargue en est un habitué. La décoration intérieure de l’établissement sera réalisée par Fargue père et oncle en 1914.
Henry de Montherlant fait un bref séjour à l’hôtel Taranne, situé au dessus de la brasserie, en février 1942.
Le 29 octobre 1965, Mehdi Ben Barka est enlevé devant la brasserie Lipp dans des conditions qui mettent en cause des policiers de la DST française, Louis Souchon et Roger Voitot. Le scandale est d’autant plus énorme qu’on ne retrouvera jamais le corps même du principal opposant marocain.

La brasserie Lipp ►
et son fameux baromètre

Léon-Paul FARGUE ►

Henry de MONTHERLANT ►

Mehdi BEN BARKA ►

167 : Demeure de François Faure, alias Paco, second du colonel Rémy à la tête du réseau "Confrérie Notre-Dame". Il sera arrêté et déporté.

Demeure de François FAURE ►
Plaque

169 : Bureaux des éditions du Carrefour, dirigées par Georges Ribemont-Dessaignes. En décembre 1930, il publie le premier poème de Prévert, "l’Ange garde-chiourme", dans le n° 7 de la revue "Bifur".

171-173 : À l’époque 12 rue Taranne se trouvait ici une salle où se réunissaient les saint-simoniens. Saint-Amand Bazard, dit le père Bazard, et Prosper Enfantin y organisèrent en 1828 et 1829, au cours de 30 séances publiques, l’exposition de la "Doctrine de Saint-Simon" — en réalité très déformée — par ses disciples. Ces derniers étaient au départ au nombre de 92, dont 5 ouvrières et 12 ouvriers.
Charles Fourier y prit pour la première fois contact avec eux ; il assistait à une conférence sur l’éducation le 20 mai 1829.

184 : Salle de la Société de Géographie. Lénine y donne le 23 janvier 1914 une conférence sur la "Question nationale".

Vladimir Ilitch OULIANOV dit LÉNINE ►

186 : Sur l’emplacement du square Taras Chevtchenko se trouvait, entre 1598 et 1604, le cimetière St Germain réservé aux protestants.

186 bis : On peut voir dans le square Félix Desruelles un fronton remarquable de céramique en grès émaillé, conçu par l’architecte Charles Risler et réalisé par le sculpteur Jules-Félix Coutan ; en fait un panneau publicitaire pour les produits de la manufacture de Sèvres, réalisé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900.

175 : Emplacement du Cimetière des lépreux, jouxtant au moyen âge la maladrerie Saint Germain.
Il y avait ici en 1906 une antenne de l’Office central des œuvres de bienfaisance, pour lequel Jacques Prévert suivait son père, André Prévert, dans ses tournées de répartition des aumônes aux pauvres.

188 : Emplacement, de 1368 à 1630, du Moulin de St Germain ; moulin à vent qui deviendra "moulin des Saints-Pères" puis "des Rosiers".

Rue des Saints-Pères, à droite aller-retour puis à gauche

44 : Naissance du célèbre mémorialiste Louis de Rouvroy de Saint-Simon, lointain cousin du théoricien du socialisme, le 16 janvier 1675.
Demeure du maréchal d’Empire Charles Pierre François Augereau en 1810.

Louis ROUVROY de SAINT-SIMON ►

49-51 : La chapelle St Pierre de l’hôpital de la Charité a donné par déformation son nom à la rue : Saint-Pierre devenant Saints-Pères.
C’est aujourd’hui la cathédrale St Vladimir le Grand, de culte grec-catholique ukrainien.
Désaffectée pendant la révolution, Jean-Nicolas Corvisart y installa une école de Médecine pourvue d’un amphithéâtre, où enseignèrent René Laennec, inventeur du stéthoscope, et Pierre Carl Édouard Potain, précurseur dans la mesure de la tension artérielle.
Louis Pasteur y présenta sa communication sur la découverte du vaccin antirabique en 1885.

Jean-Nicolas CORVISART

Faire demi-tour pour prendre Rue des Saints-Pères vers le Sud

48 : Boutique à l’enseigne du Cercle Royal, fondée par Antoine Benoîst, ancêtre du musée Grévin. Elle présentait en 1688 des figures de cire, dont celle de Dieudonné Capet, dit Louis XIV, le "roi mégalo-soleil".

53 : Demeure de la comédienne Louise Contat, chez qui François-Joseph Talma rencontra en juillet 1780 sa future épouse Julie Careau ; union dont il naquit Henri-Castor et Charles-Pollux Talma. Les prénoms durs à porter, ça ne date pas d’aujourd’hui...

Louise CONTAT ►

52 : Demeure de Louis d’Oger de Cavoye, un des demi-frères supposés de Louis XIV et frère d’Eustache Dauger de Cavoye, possible candidat au masque qui ne fut jamais de fer.

54 : Demeure de Salomon de Brosse, architecte du palais du Luxembourg.

61 : Siège de la maison d’édition Bernard Grasset, fondée en 1907, qui éditait la collection des "Cahiers verts".
Une position ambiguë de Bernard Grasset pendant l’Occupation le fera condamner à la Libération pour collaboration.

56 : Hôtel de Meilleraie.
Demeure de l’éditeur Firmin Didot, créateur d’un groupe de polices de caractères qui restera dominant jusqu’à l’apparition de l’ordinateur.
L’École Nationale d’Administration, l’ENA, fondée en 1945, s’y installe et y restera jusqu’en 1978.

63 : Hôtel de Lavalette, pied-à-terre de François-René de Chateaubriand en 1808.

François-René de CHATEAUBRIAND par Girodet ►

71 : Demeure du poète symboliste Rémy de Gourmont avec Berthe de Courrière, dans des conditions précaires, de 1898 à 1915.

Rémy de GOURMONT ►

Germain Nouveau habita la rue des Saints-Pères en 1905.

Rue de Grenelle à gauche

7-9 : Emplacement de la Mairie de l’ex 10ème arrondissement, détruite lors du prolongement de la rue des Saints-Pères. La déchéance de Louis-Napoléon Bonaparte, alors président de la République, y est votée par 200 députés de droite lors du coup d’état du 2 décembre 1851.

Mairie de l’ex 12ème arrondissement ►
Arrestation des députés qui ont voté la déchéance du président Badinguet

3 : Troisième siège de la maison d’édition Gallimard, de 1921 à 1930. Elle publie Albert Camus, Robert Desnos, Paul Éluard, Max Jacob, Jules Supervielle, Roger Martin du Gard

1 : Café du Dragon, fréquenté par les auteurs des maisons d’édition voisines, "Grassetiers" et "Gallimardeux", dans les années 1920.

Carrefour de la Croix Rouge

Ce fut un lieu patibulaire sous la Régence de Philippe II d’Orléans, en 1721 et 1722 ; avec potence et pilori.
Il prit bien-sûr le nom de carrefour du "Bonnet Rouge" en 1792.
Pendant la Semaine sanglante, le 23 mai 1871, la résistance y fut acharnée à l’avancée des versaillais. Ce carrefour était le centre d’un dispositif de barricades rendu efficace par les petites rues et ruelles qui constituaient alors le quartier. On y vit combattre Eugène Varlin, le général Émile Eudes, Maxime Lisbonne, commandant des Turcos de la Commune, Henry Bauër, fils d’Alexandre Dumas… Les impressionnantes destructions dues à la canonnade versaillaise donnent une idée de la violence des combats qui s’y déroulèrent. Les Fédérés finirent par être pris à revers le 24.
Marcel Bourdarias, alias Alain, dirigeant des Jeunesses communistes et de l’Organisation spéciale du PCF, est arrêté le 5 janvier 1942 à la station de métro "Croix Rouge" après que Louis Coquillet ait donné leur rendez-vous sous la torture. Il sera fusillé par les nazis au Mont Valérien le 17 avril 1942, à 18 ans.

Le carrefour de la Croix Rouge ►
après les combats de la Semaine sanglante

Eugène VARLIN, membre de la Commune ►
Son assassinat par les versaillais

Émile EUDES, général de la Commune ►
Sa tombe au cimetière du Père Lachaise

Maxime LISBONNE, commandant des Turcos de la Commune ►

Henry BAUËR, fils d’Alexandre Dumas, combattant de la Commune ►

Marcel BOURDARIAS ►

Rue du Dragon aller-retour

44 : Demeure, de 1809 à 1815, d’Étienne-Jean Panis, conventionnel qui mena, avec son beau-frère Antoine-Joseph Santerre, l’assaut des Tuileries le 20 juin 1792.

31 : Dans la cour se tenait l’Académie Julian, académie de peinture fondée par Rodolphe Julian, où étudièrent à partir de 1890 Jean Dubuffet, Marcel Duchamp, Félix Vallotton, Édouard Vuillard, Henri Matisse

L’académie Julian ►

36 : Autre demeure du poète et dessinateur Germain Nouveau début 1876.
Hôtel du Dragon où séjourna en 1930 Jean Giono, l’auteur entre autres du "Chant du Monde".

Jean GIONO ►

30 : Demeure de François-Guillaume-Jean-Stanislas Andrieux, poète, membre du Conseil des Cinq-Cents, puis du Tribunat en 1802.
Mansarde où demeura Victor Hugo à 19 ans, en 1821, après la mort de sa mère, avec son cousin Adolphe Trébuchet. Il y écrivit ses "Odes et Ballades".

28 : Planque d’Armand Vanveers, membre de l’Organisation spéciale des Jeunesses communistes, qui a rejoint Paris après son évasion de Suisse. Il seconde Pierre Tourette à la tête d’un groupe de lutte armée des Jeunesses communistes en janvier 1941.

19 : Demeure de Jacques Copeau, fondateur du Théâtre du Vieux Colombier.

Jacques COPEAU ►

24 : Emplacement d’une maison qu’aurait habité Bernard Palissy en 1585.

13 : Siège du club de l’Abbaye, que présidait un certain Vergne. Club constitué en mars pendant la Révolution de 1848.

14 : Galerie d’Yvonne et de Christian Zervos, directeur de la revue "Les Cahiers d’Art", fondée en 1926. Il s’y tient pendant l’Occupation des réunions clandestines d’intellectuels auxquelles participent Jacques Prévert et Paul Éluard, ce dernier étant alors membre du PCF et clandestin.

7 : Cour du Dragon, domaine des métalliers depuis 1725. Denis Diderot, qui habite non loin rue Taranne, recueille des informations auprès des "métalliers-poêliers-fournalistes" pour l’Encyclopédie.
Les Insurgés de 1830 s’y fournissent chez les marchands de ferrailles en armements divers, barres de fer et piques, le 27 juillet.
Demeure de Raymond Bussières, dit Bubu, et Arlette Besset. Ils sont alors tous deux membres du Groupe Octobre.

Raymond BUSSIÈRE ►

10 : Demeure de Jean Lacave-Laplagne, ministre des finances de Louis-Philippe 1er de 1837 à 1839.
Demeure de Roger Martin du Gard, auteur de la suite romanesque "Les Thibault", prix Nobel de littérature, à partir de 1946.

Roger MARTIN DU GARD ►

Le mathématicien Gaspard Monge demeura rue du Dragon en 1784.

Nous revenons sur nos pas jusqu’à la
Rue du Four

51 : Demeure de Symphorien François Floriot, membre de la Société des Droits de l’Homme en 1834.

48 : Appartement de René Corbin, chez qui se tint la première réunion du Conseil National de la Résistance, le CNR, sous la présidence de Jean Moulin, le 27 mai 1943. Y participaient Roger Ginsburger alias Pierre Villon, représentant le Front national de la Résistance, Roger Coquoin alias Lenormand, Ceux de la Libération Nord, Jacques Lecompte-Boinet alias Lefort, Ceux de la Résistance, Charles Laurent, Libération-Nord, Jacques-Henri Simon alias Sermois, Organisation civile et militaire Nord, Claudius Petit, Franc-Tireur, Claude Bourdet alias Lorrain, Combat Sud, Pascal Copeau alias Salard, Libération-Sud, Georges Bidault, alias Bip, Parti démocrate populaire, Jacques Debû-Bridel alias Argonne, Fédération républicaine, Joseph Laniel, Alliance démocratique, André Le Troquer, SFIO, Marcel Rucart, Parti radical-socialiste, André Mercier, PCF, Louis Saillant, la CGT, Gaston Tessier, la CFTC.

Jean MOULIN ►

40 : Siège du journal "L’Ami du Peuple", de François-Vincent Raspail, de février à mai 1848.

François-Vincent RASPAIL ►

43 : Emplacement du four banal de l’abbaye de St Germain des Prés, qui donna son nom à la rue. Les habitants du bourg avaient l’obligation d’y faire cuire leur pain contre redevance depuis 1470.

33 : Puits du 16ème siècle dans un coin de la cour.

24 : Enseigne "Au Mouton" sculptée au fronton de l’immeuble.

Cosimo Ruggieri, l’astrologue, "parfumeur", sorcier et confident de Catherine de Médicis, demeurait rue du Four en 1571, avant de s’installer à l’Hôtel de la Reine, sur l’emplacement de l’actuelle bourse du commerce, qui a conservé la fameuse tour astrologique qui, pense-t-on, lui permettait d’élaborer ses prédictions.

Cosimo RUGGIERI ►

Jacques Lasnier, homme d’affaires, officier municipal de la Commune de 1792, habitait au 286 rue du Four, difficile à situer aujourd’hui. Il était membre de la Section Mutius Scaevola. Il fut guillotiné comme robespierriste le 11 Thermidor an II, 29 juillet 1794.

Le 9 mars, 1883, une manifestation de chômeurs, rue du Four et boulevard St Germain, donne lieu au pillage de boulangeries. Louise Michel en sera considérée comme responsable. Arrêtée le 30 mars, elle sera condamnée à 6 ans de réclusion pour pillage le 23 juin. Cette manifestation aurait été l’occasion de la première apparition du drapeau noir, symbole de l’anarchisme.

Louise MICHEL ►
Pillage de boulangeries par une manifestation de chêmeurs

Boulevard St Germain à gauche

164 : Emplacement d’une nécropole mérovingienne, au croisement des rues Gozlin et de Buci, découverte en 1866. Le boulevard St Germain n’existait pas alors.

166 : Café "La Rhumerie martiniquaise", fréquenté dans les années 30 par de nombreux auteurs et artistes, Léon-Paul Fargue, Michel Leiris, Georges Bataille, Man Ray, Roger Vailland, Georges Malkine… C’était le port d’attache de l’écrivain, peintre et comédien Antonin Artaud.

Antonin ARTAUD ►

168 bis : Il faut imaginer ce quartier sans le boulevard St Germain. Passait ici la rue Childebert, où se trouvait un foyer pour célibataires du même nom, qui abrita un groupe de jeunes auteurs. Le cénacle de la Childebert, animé entre autres par Alexandre Privat d’Anglemont, fut le quartier-général des Novateurs, puis des Romantiques.

face aux 135-137 : Prison de l’Abbaye de St Germain des Prés.
Elle se trouverait aujourd’hui au beau milieu du boulevard St Germain qui avait été projeté par Haussmann mais dont le percement ne fut achevé qu’en 1877.
Alors prison militaire, elle fut assaillie le 30 juin 1789 par la population qui venait délivrer 11 gardes-françaises ayant refusé de charger leurs armes contre le peuple. Ils avaient été pour le coup emprisonnés par leur lieutenant-colonel, Louis Marie Florent du Châtelet, pour insubordination.

Prison militaire de l’Abbaye ►
Délivrance par le peuple des gardes-françaises le 30 juin 1789

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais y est enfermé le 23 août 1792, arrêté suite à l’accusation par Pierre-Louis Manuel de malversations dans l’affaire des fusils de Hollande. Au final, Beaumarchais ayant critiqué Manuel à de nombreuses reprises, ce dernier le fait libérer afin qu’on ne puisse pas l’accuser de profiter de sa situation de procureur de la Commune pour se venger. L’auteur de Figaro sort de prison le 2 septembre ; il était temps… Pour le coup il s’exile en Angleterre.

Pierre-Augustin CARON de BEAUMARCHAIS ►

Pierre Louis MANUEL par Alix Ducreux

Ce même 2 septembre débutent, comme nous l’avons vu, des massacres qui vont peser sur le cours ultérieur de la Révolution. Une parodie de tribunal est improvisée par Stanislas Maillard dans le greffe de la prison.
C’est là que se situerait l’épisode de la fille de Stanislas de Sombreuil buvant un verre de "sang bleu" pour sauver de l’exécution son père, accusé d’avoir participé à la défense des Tuileries et au complot contre Collot d’Herbois. Épisode dont se sont emparés plusieurs auteurs, dont Victor Hugo.

Les massacres de Septembre à l’abbaye ►
Elisabeth de Cazotte sauve son père

Stanislas MAILLARD ►

Jeanne Marie Roland de la Platière, Mme Roland, dite Manon, née Phlipon, Charlotte Corday le 14 juillet 1793, Jacques Pierre Brissot… y furent incarcérés pendant la Terreur avant leur exécution.
Marie Gouze, dite Olympe de Gouges, qui avait déclaré "La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle devrait aussi avoir le droit de monter à la tribune", y est enfermée de longs mois, le 6 août 1793, avant d’être guillotinée.
François-Noël Babeuf, dit Gracchus Babeuf, y est enfermé le 30 janvier 1794, avant son transfert à Vendôme pour un procès en catimini qui verra la condamnation à mort de ce précurseur du Communisme.
Jean-Baptiste Drouet, emprisonné à l’Abbaye après la tentative de coup d’état par la Conjuration des Égaux au camp de Grenelle, s’évade le 17 août 1796 "grâce" à Barras. En fait, ce dernier préfère éviter de faire du héros de Varennes un martyr, à un moment où le pouvoir des thermidoriens vacille.

Jeanne-Marie dite Manon ROLAND de LA PLATIÈRE ►

Charlotte CORDAY ►

Jacques-Pierre BRISSOT ►

Marie GOUZE dite Olympe de GOUGES ►

François-Noël dit Gracchus BABEUF ►

Jean-Baptiste DROUET ►

137 : En 1934, Adrien Borel crée ici l’Institut de psychanalyse avec l’aide de Marie Bonaparte.

143 : Hôtel Madison
Séjour du romancier russe Boris Pasternak, l’auteur du "Docteur Jivago", lors du congrès des écrivains à la Mutualité le 21 juin 1935.
Séjour d’André Malraux, auteur de "La condition humaine" et de "La voie royale". à l’hiver 1937.
Séjour d’Albert Camus, auteur du "Mythe de Sisyphe", de "L’étranger", de "La Peste"... au printemps 1940.

Boris PASTERNK ►

Albert CAMUS ►

145 : Statue de Denis Diderot, qui habitait rue Taranne, à hauteur du 149 boulevard St Germain où elle fut érigée dans un premier temps en 1886, puis déplacée ici.

Denis DIDEROT ►
Sa statue

Le 24 mai 1871, pendant la Semaine sanglante, une barricade avait été dressée au carrefour de la rue d’Erfurth, l’actuelle rue des Ciseaux, et de la rue Ste Marguerite, aujourd’hui rue Gozlin. C’est le fils d’un cordonnier, âgé de 19 ans, qui commandait cette barricade tenue par 20 jeunes garçons et une fille. Ils résistèrent un moment aux troupes versaillaises mais, comme dans beaucoup d’autres cas, furent pris à revers. Le boulevard St Germain était alors en voie de percement.

entre les 145 et 147 : Emplacement de la porte Ste Marguerite de l’abbaye de St Germain des Prés.

147 : La "Petite rue Ste Marguerite", devenue par la suite rue d’Erfurth, se trouvait sur l’emplacement du square Félix Desruelles. Elle conduisait au portail latéral et à la cour de l’église St Germain des Prés. Elle fut le théâtre, le 2 septembre 1792, des premiers massacres, sur 24 prisonniers transférés de la mairie par le Comité de surveillance de la Commune ; essentiellement des prêtres. L’un d’eux avait déjà été lynché au carrefour de Buci. Les exécutions continuèrent dans la cour principale de l’abbaye et y prirent toute leur ampleur, avant de s’étendre aux autres prisons parisiennes.

Portail latéral de l’église St Germain des Prés ►
La rue d’Erfurth, ex Petite rue Ste Marguerite y conduisait

Rue Gozlin

1 : Emplacement de la Porte Ste Marguerite, percée en 1637, de l’abbaye de St Germain des Prés, face au débouché de la rue des Ciseaux.
C’est dans cette rue, alors rue Ste Marguerite, que se trouvait la Pension Cordier où le général Hugo plaça ses fils Eugène et Victor en janvier 1815.

Rue de Rennes aller-retour

48 : Début de la rue de Rennes. Le décalage de la numérotation s’explique par le projet haussmannien de prolongement de cette voie jusqu’à la Seine. Il fut heureusement abandonné. Il prévoyait de déboucher sur un pont en "X" qui se serait appuyé sur la pointe de l’île de la Cité ou aurait remplacé le Pont des Arts. Où nos tourtereaux du 21ème siècle auraient ils pu, dès lors, accrocher leurs cadenas d’amour ?...
Certains immeubles déjà acquis pour cette opération sont devenus les HLM dont nous avons déjà parlé rue Jacob à propos du fils Juppé...

Projet de prolongement de la rue de Rennes jusqu’à la Seine ►
par Haussmann

50 : Le beau dragon qui ornait autrefois l’entrée de la cour du même nom a été par bonheur reproduit ici, à l’endroit approximatif où débouchait une des extrémités de cette fameuse enclave industrielle au cœur de Paris.

La cour du Dragon ►

Copie du dragon qui donna son nom à la cour puis à la rue ►
L’original par Atget

54 : Demeure de Charles Pigeon, l’inventeur de la fameuse lampe qui portait son nom et fit le bonheur de nos ancêtres avant l’invention de l’électricité comme moyen d’éclairage. Il mourut ici le 18 mars 1915. Sa tombe au cimetière Montparnasse est l’une des plus belles du patrimoine funéraire parisien.

Charles PIGEON ►
Sa tombe au cimetière Montparnasse, garnie de lampes, bien sûr

Place St Germain des Prés

Fin du parcours