AUTOUR DE LA "MOUFFE", LE TURBULENT FAUBOURG ST MARCEAU

Vendredi 29 septembre 2017, par Webmestre // ► MOUFFETARD - ST MARCEL

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Nous allons flâner cette fois dans le plus représentatif sans doute des faubourgs parisiens. Le nom même de la voie qui constitue son axe vital, la rue Mouffetard, est particulièrement symbolique de l’esprit gouailleur des "parigots". Il est le fruit de ces déformations qu’affectionnent tant les habitants de notre belle capitale, et dont on ne connaîtra sans doute jamais l’origine. Entre le "Mons Cetardus, ou Cetarius", — nom romain de la colline qu’elle traverse, traduit en "Mont Cétard" — et les "moufettes", ces mauvaises odeurs remontant d’une Bièvre vouée à la mégisserie, on peut imaginer toutes les prononciations possibles du nom de cette ancienne voie romaine qui menait à Lugdunum, puis vers la capitale de l’empire, mais qui existait déjà à l’époque néolithique ; sans doute un des plus vieux chemins passant par la cité des Parisii.

Plan de Lutèce et de ses environs où figure le Mont Cetardus ►
et sur lequel la Bièvre débouche exceptionnellement au bon endroit

C’est donc autour de cette rue Mouffetard que nous allons déambuler. Un quartier que le "bulldozer" haussmannien n’a pas trop chamboulé et qui garde, bien que de plus en plus boboïsé et touristisé, son charme et ses jardins secrets. Il conserve entre autres d’intéressants vestiges souvent bien cachés de l’enceinte de Philippe Auguste que nous allons nous amuser à découvrir.

Nous partirons de la sympathique petite place sans nom qui se trouve au début de la rue Descartes, devant l’entrée de l’École Polytechnique. Il suffira pour la rejoindre, à partir du métro Maubert-Mutualité, de "grimper" par la rue de la Montagne Ste Geneviève que nous avons déjà parcourue lors d’une autre balade dans le Quartier Latin.

La place sans nom, au début de la rue Descartes ►
devant l’école Polytechnique

Rue Descartes

Elle est, elle aussi, un tronçon de la voie qui menait de Lutèce à Rome.
2 : Bar de la Méthode, quartier général des Situationnistes en 1958.

Le bar de la Méthode

5 : Emplacement du collège fondé en 1304 par l’épouse de Philippe IV le Bel, Jeanne de Navarre, auquel elle laissa son nom.

L’école Polytechnique ►

Établissement le plus prestigieux de Paris, le collège de Navarre forma des élèves illustres, tels Richelieu, Bossuet, Condorcet

Armand-Jean du PLESSIS de RICHELIEU ►

Jacques-Bénigne BOSSUET ►

Nicolas de CONDORCET ►

Il fut mis à sac en 1418 par les Bourguignons — qui avaient repris le pouvoir à Paris le 29 mai — malgré le revirement de l’Université jusque-là favorable aux Armagnacs. Benoît Gencien, moine de St Denis et docteur en théologie y laissa la vie. On ignore souvent que ces massacres-là firent plus de victimes que la Saint Barthélemy
Rabelais y fait évoluer Panurge dans son "Pantagruel".

François RABELAIS ►
et PANURGE

François Villon est impliqué dans le vol de 500 écus qui s’y perpètre en décembre 1456. Son procès et sa condamnation seront à l’origine de son "Petit testament".

François VILLON ►
sa statue détruite par les nazis pendant l’Occupation

Pendant la Révolution, la chapelle du collège de Navarre abrita le siège de la Section Ste Geneviève, puis "du Panthéon français", animée par Gadeau, Lorinet et un certain Pâris, à partir du 21 mai 1790.
L’école Polytechnique, créée par la Convention en 1794, est transférée en 1804 dans ces murs, qui avaient pris entre temps le nom de collège de Tournai, puis de Boncourt. Elle y restera jusqu’en 1977.
Le 13 avril 1816, Louis XVIII fait fermer l’école et renvoyer des élèves qui avaient gardé des sympathies pour l’Empire.
Polytechnique fut un des quartiers généraux de l’insurrection de Février 1848. Ses étudiants, consignés pendant deux jours, finirent par forcer les portes. Des échauffourées eurent lieu devant le poste de garde le 24.
Par contre, ces mêmes étudiants se retrouvèrent de l’autre côté des barricades en Juin de la même année…
Des exécutions en masse eurent lieu dans ses jardins pendant la Semaine sanglante ; entre autres, le 25 mai 1871, celle de Maurice Treillard, directeur de l’Assistance Publique pendant la Commune. Selon un témoin, le tas des cadavres faisait 100 mètres de long…
La première femme admise à l’école Polytechnique fut Anne Chopinet. Il avait fallu attendre le 29 avril 1970… Elle fut reçue major de promotion en 1972.

Anne CHOPINET ►

15 : Demeure de Paul Verlaine début 1892.
18 : Hôtel de Montpellier, autre séjour du "poète maudit" à l’Automne 1890.

Rue Clovis à gauche aller-retour

7 : Dans la cour d’un ensemble de logements HLM, on peut admirer l’un des plus beaux vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste. Nous verrons son autre face un peu plus loin. C’est cette portion du mur qui affleure au niveau du n° 3 de cette même rue, donnant une idée partielle de sa hauteur et de son épaisseur.

Enceinte de Charles V ►
dans la cour du 7

Enceinte de Charles V ►
3 rue Clovis

Rue Descartes à gauche

25 : Emplacement du cabaret du "Roi Clovis", où se réunissaient avec un certain nombre de "carbonari" Jean-François Bories, Charles Goubin, Jean Pommier et Charles Raoulx, les "quatre sergents de La Rochelle", membres de la Charbonnerie ; une société secrète qui luttait contre la Restauration monarchique. C’est à ce titre qu’ils furent exécutés en place de Grève le 21 janvier 1822. Une erreur politique qui coûta à Louis XVIII le peu de popularité qui aurait pu lui rester.

Plaque à l’emplacement du cabaret du Roi Clovis ►
Les Quatre sergents de La Rochelle

29-31 : Emplacement d’une nécropole mérovingienne, révélé par la découverte de sarcophages en 1909, qui était devenu entre temps celui de l’église et du cimetière St Pierre-St Paul.
30 : Bel Hôtel particulier, malheureusement un peu caché, qui servit à partir de 1742 de retraite à Louis d’Orléans, dit le Pieux, père de Philippe Égalité et grand père de Louis-Philippe 1er. Il mourut ici en 1752.

Louis d’ORLÉANS

L’Hôtel de Louis d’ORLÉANS ►

39 : Encore un séjour de Paul Verlaine, au 3ème étage de cet hôtel, à partir de septembre 1895, mais cette fois le dernier, puisqu’il décéda ici le 8 janvier 1896. Il y vécut ses derniers jours de misère physique et morale en compagnie d’Eugénie Krantz, alias Nini Mouton, ex danseuse du bal Bullier, qui le battait pour le forcer à écrire. Ses obsèques eurent lieu à St Étienne du Mont.
Ernest Hemingway occupa à son tour une chambre au dernier étage de cet établissement, de 1921 à 1925.

L’hôtel où mourut Paul VERLAINE ►

47 : Une muraille bien protégée par grilles et digicodes — ce qui est un comble pour une muraille — : un morceau de l’enceinte de Philippe Auguste qui permettait d’accéder sur son chemin de ronde.
L’immeuble recèle également des pierres tombales issues de St Étienne du Mont.

Enceinte de Philippe Auguste ►
47 rue Descartes

50 : Une plaque reproduit le plan de la porte St Marcel, ou Bourdet, ou Bourdelle… selon les époques, de l’enceinte de Philippe Auguste. Elle fut détruite en 1685.

Enceinte de Philippe Auguste ►
Plaque

Rue Mouffetard

Nous ne sommes pas parvenus à retrouver l’adresse précise qu’habita Denis Diderot dans cette rue, d’avril 1746 à 1749 "chez Guillote, en montant à droite au 1er étage". Si par hasard vous la connaissez, et que vous vouliez bien nous la communiquer, nous vous en manifesterions une reconnaissance "encyclopédique"…
De-même, nous recherchons l’adresse à laquelle des amis d’Élie Reclus, frère d’Élisée, directeur de la Bibliothèque nationale sous la Commune, le cachèrent pendant la Semaine sanglante, lui permettant ensuite de se réfugier en Angleterre.
Une dernière question : le fameux tableau sculpté représentant les Quatre sergents de la Rochelle qui ornait le mur du bistrot d’Olivier Bouchardain, photographié par Doisneau, existe-t-il toujours ; et si oui à quel endroit ? Le café était à l’angle de la rue St Médard, semble-t-il, mais à quelle adresse ? Nous avons aujourd’hui le choix entre une cour d’école maternelle et un restaurant japonais...
Il y a une forte prime à la clé : une balade dans le quartier de Paris de votre choix !...

Élie RECLUS ►

Le tableau sculpté des Quatre Sergents, photographié par Doisneau

Ce n’est évidemment pas un hasard si cette rue populaire fut le théâtre du rassemblement de quelque 1 200 ouvrier des filatures ; tisserands, serruriers, mécaniciens… à l’occasion d’une des premières grandes grèves interprofessionnelles de l’histoire du mouvement ouvrier en France, le 7 septembre 1840.
6 : L’enseigne de cette ancienne boucherie, ornée de deux bœufs et de trois moutons dorés, a fière allure. Il faut être sacrément "mouffetardien" pour rester attaché à des trucs pareils ; eh bien nous le sommes de tout cœur !...

L’enseigne de la boucherie du 6 rue Mouffetard

9 : Une plaque indique l’emplacement de la porte St Marcel de l’enceinte de Charles V, cette fois, reprise en plus élaborée de celle de Philippe Auguste sur la rive gauche. Elle était munie de fossés et d’une contrescarpe qui a donné son nom à la place aménagée sur le bastion qui la protégeait. Elle fut construite en 1364 et disparut en 1634.

Porte St Marcel de l’enceinte de Charles V ►
Plaque

10 ou 12 : Donnant sur la place susnommée, le cabaret de la Pomme de Pin — et non pas de l’autre côté de la place, comme une inscription le laisse supposer.
Les St Barthélemistes, partisans de la Sainte Ligue, s’y seraient réunis.
Les membres de ce qui s’est d’abord appelé "la Brigade", puis plus poétiquement "la Pléiade", s’y rencontraient entre 1540 et 1556 : Ronsard, Du Bellay, Baïf, Dorat, Belleau, Jodelle, De Tyard… excusez du peu !
Il est entre autres cité par Rabelais mais n’a par contre, semble-t-il, aucun rapport avec l’établissement éponyme mentionné par François Villon, qui se situait lui sur l’île de la Cité.

Pierre de RONSARD

Joachim du BELLAY

Antoine de BAÏF

Jean DORAT

Étienne JODELLE

Pontus de TYARD

Place de la Contrescarpe

Nous avons donc vu qu’elle tenait son nom d’un ouvrage défensif de l’enceinte de Charles V.
Il s’y tenait, à la fin du 19ème siècle, un marché aux mégots où les clochards venaient vendre le tabac récolté en ramassant ces bouts de cigarettes. N’y avait-il pas à la même époque des "collecteurs de cataplasmes" ?!... "Où y’a d’l’hygiène, y’a pas d’plaisir !"

Rue Lacépède

C’est dans cette rue, à une adresse qui nous reste inconnue, que fut fondée en mai 1821 la "Charbonnerie française". Issue de rites initiatiques de charbonniers des Vosges — d’où son nom — elle était devenue un mouvement politique secret et contestataire en Italie vers la fin 1809 sous le nom de Carbonaria. Le carbonarisme s’introduisit en France sous la Restauration. La répression était alors d’une telle ampleur que les sociétés politiques ne pouvaient être que secrètes.
57 : Le cabaret de la Contrescarpe vit naître de nombreux talents ; et des vrais ! Colette Magny, Graeme Allwright, Anne Vanderlove… y firent leurs débuts dans les années 50 à 70.

Colette MAGNY ►

Graeme ALLWRIGHT ►

Anne VANDERLOVE ►

Rue Mouffetard à gauche

23 : Siège du journal socialiste de gauche "la Gauche Révolutionnaire" fondé par René Lefeuvre, Marceau Pivert et Michel Collinet en 1935.
Déjà en 1933, Daniel Guérin réunissait ici des militants antifascistes allemands appartenant principalement au Sozialistische Arbeiterpartei, parti socialiste des travailleurs, le SAP.
En octobre 1936, René Lefeuvre crée avec Victor Serge la revue anarchiste "Spartacus", dont les cahiers publieront "16 fusillés : où va la révolution russe ?", à propos des procès de Moscou.

René LEFEUVRE ►

Marceau PIVERT ►

Michel COLLINET

Daniel GUÉRIN ►

Victor SERGE ►

34 : Un beau puits subsiste dans cette cour, adossé au mur du n° 36.
36 : Emplacement d’un casernement de fusiliers de gardes-françaises installé ici à la fin du règne de Louis XIV pour surveiller ce bouillant secteur et éviter les rixes qui y étaient monnaie courante.
Dans la cour, un puits mitoyen de celui du 34.
38 : Emplacement de l’auberge "À l’Écu d’Écosse", rendez-vous depuis 1815 des compagnons maçons creusois où Martin Nadaud venait, sous la Monarchie de Juillet, prendre le pouls de la classe ouvrière.

Martin NADAUD ►

45 : Une des nombreuses adresses à Paris, celle-ci en 1903, du poète et dessinateur Germain Nouveau.

Germain NOUVEAU ►

50-52 : Maisons "Barillet" et du "Cerf-Volant", regroupées en un ensemble appelé le "Chapeau Royal", qui recèle une cour remarquable. Le couloir d’accès au n° 52 est pavé de pierres tombales.
53 : Un terrassier espagnol découvrit en 1938 dans cette maison où il effectuait des travaux, un trésor caché en 1757 par Louis Nivelle, écuyer et secrétaire de Louis XV. Il était constitué de 3351 pièces d’or. Bonne journée, non ?!...

Rue du Pot de Fer aller-retour

6 : Emplacement de la demeure d’Eric Blair, alias George Orwell, l’auteur de "La ferme des Animaux" et de "1984", à son arrivée à Paris en 1928-1929.

George ORWELL ►

Une barricade érigée dans cette rue fut défendue par des femmes de la Commune, aux côtés de Jean Allemane, le 24 mai 1871.

Jean ALLEMANE ►

Rue Mouffetard à droite

60 : Fontaine du Pot de Fer installée ici en 1624 à la demande de Marie de Médicis. Elle est alimentée par l’aqueduc d’Arcueil.

La fontaine du Pot de Fer ►

62 : C’est peut-être ici — en tout cas dans le secteur — que se réunissait une filiale pour l’ex 12ème arrondissement de la Société des Droits de l’homme et du citoyen, créée en mars 1848 dans la foulée de la révolution de Février. Elle était animée par Narcisse Lucas qui en était président et commissaire d’arrondissement.
65 : Ancienne échoppe du sieur Besnard ou Bénard, qui créa vers 1880 le pantalon à pattes d’éléphant — nos yéyés n’auraient donc rien inventé ! Notre tailleur, lui, a laissé son nom, en argot, à cette pièce essentielle de notre habillement ; tout au moins de celui d’une génération qui nous est chère...
69 : Au Vieux Chêne ; une institution du quartier. Sa remarquable enseigne, qui devrait sa longévité au fait d’avoir été sculptée dans le bois d’une épave renflouée dans l’estuaire de la Seine, recouvert de plâtre mélangé à de l’alun pour le protéger du pourrissement, pourrait raconter bien des épisodes de notre Histoire. Elle daterait de 1592.
L’établissement, qui faisait sans doute office de salle commune pour les habitants du quartier, abrita en mai 1848 le "Club de l’émeute révolutionnaire" — tout un programme — dirigé par un certain docteur Palanchon.
Les blanquistes, très présents dans le secteur, tenaient ici des réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.
Après la Commune, le Vieux Chêne, transformé en bal populaire, abrita un club révolutionnaire clandestin.

Le Vieux Chêne ►
et sa fameuse enseigne

76 : Une plaque indique l’emplacement de ce qui fut à partir de 1909 "Chez nous", puis en 1920 "la Maison pour tous", créée à l’initiative d’André Lefevre et des sœurs Levasseur. Maison de quartier, centre social, université populaire… une structure pionnière dans pas mal de domaines et en particulier celui de l’éducation.
Elle avait été précédée en ce même lieu, au tout début du siècle, par la coopérative "la Prolétarienne du 5ème", qui organisait déjà une Université populaire, l’Union, animée par Xavier Guillemin, Alfred Hamelin, Marcel Mauss, Philippe Landrieu, Georges Sorel. Elle éditait une revue intitulée "le Mouvement socialiste".
S’y tenaient entre autres les réunions de "l’École Socialiste", qui animait en 1901 la "Société nouvelle de librairie et d’édition créée par Charles Péguy.

La Maison pour Tous ►
Plaque

89 : Sur une barricade dressée ici le 25 juin 1848, Jeanne-Marie Rendu, plus connue sous le nom de sœur Rosalie, fit une tentative infructueuse de médiation entre les Insurgés et les forces gouvernementales.
99 : Le passage des Patriarches va bientôt devenir méconnaissable. On n’arrête pas le progrès, et encore moins les promoteurs.

Le passage des Patriarches ►
ce qu’il en reste...

104 : Juste en face, une des issues du sympathique passage des Postes, pour le moment mieux préservé, qui rejoint la rue Lhomond.

Le passage des Postes ►

111 : À nouveau un puits maçonné sur la droite dans la cour.
122 : "À la Bonne Source", enseigne polychrome remarquable.

À la Bonne Source ►
et sa magnifique enseigne

126 : Ancien puits détruit traversant la carrière en sous-sol, au fond duquel on aperçoit encore la nappe d’eau ; une rareté à Paris, malheureusement invisible.
128 : Encore un puits, surmonté d’une belle margelle ; mais celui-ci servait à l’aérage d’une carrière.
131 : Un autre puits, dans la cave du fromager.
134 : Il est rare d’admirer une enseigne publicitaire ; mais celle qui orne cette façade est l’œuvre d’Adigheri, un maçon italien spécialiste du sgraffito, une technique de fresque particulière. Elle est de 1929-1931.

Le sgraffito d’ADIGHERI ►
134 rue Mouffetard

140 : Ancien siège des journaux anarchistes "le Révolté", devenu "la Révolte", créé en 1885 par l’ex prince Kropotkine ; "Le Père Peinard", qu’Émile Pouget lança le 24 février 1889 ; et enfin la revue "les Temps nouveaux", fondée le 4 mai 1895 par Jean Grave, ouvrier cordonnier puis typographe qui habitait sur place, et animée par Élisée Reclus, Émile Pouget, Paul Delesalle, Pierre Monatte

Pierre KROPOTKINE ►

Émile POUGET ►

Jean GRAVE ►

Élisée RECLUS ►

Paul DELESALLE ►

Pierre MONATTE ►
devant le local de la Grange aux Belles

Le 1er mai 1890, le préfet Poubelle qui ne s’est pas contenté d’inventer les boîtes à ordures, fit perquisitionner et saisir les presses du "Révolté".

Le préfet Eugène POUBELLE ►

141 : L’église St Médard
Le 27 décembre 1561, des huguenots y pénétrèrent pour détruire les icônes, provoquant ce qu’on appela le "tumulte de St Médard". Cet épisode marquait le point d’orgue d’un long conflit entre les communautés, émaillé de provocations de part et d’autre, dans le contexte des guerres de religion.
Dans le cimetière attenant, entre mai 1727 et 1732, des fidèles, les "convulsionnaires de St Médard", se rassemblaient sur la tombe du diacre François de Pâris se livrant à des manifestations d’hystérie collective en vue d’obtenir des miracles. Les désordres furent tels qu’ils amenèrent Hérault, lieutenant de police de Louis XV — un modèle de moralité et de vertu comme chacun sait — à prendre ce curieux décret : "De par le Roi, il est fait défense à Dieu de faire miracle en ce lieu". Le cimetière dut être fermé le 29 janvier 1732, et les convulsionnaires furent traqués.

Le diacre François de PÂRIS ►
et les Convulsionnaires

St Médard fut la première église à Paris mise au service du clergé constitutionnel, le 2 prairial an III (21 mai 1795).
Elle fut consacrée "Temple du Travail" le 27 octobre 1798.
Pendant l’Occupation, de 1942 à 1944, son curé, assisté de Mme Maurice et d’autres paroissiennes, fut un agent actif du réseau de diffusion du journal "Résistance".
En décembre 1943, Paul Steiner, du Mouvement de Libération nationale, membre de la Fédération de la presse clandestine, organisait dans la rue Mouffetard la distribution de journaux accompagnés de tickets de ravitaillement.
À la même époque, Ferenz Wolff, dit Joseph Boczor ou Boczov, membre des FTP-MOI, avait une planque dans cette même rue. Il sera fusillé au Mont Valérien avec le groupe Manouchian.

Ferenz WOLFF, alias Joseph BOCZOR ►

Rue Censier aller-retour

Son nom est la déformation — encore une ; sacrés parisiens ! — de la rue "Sans-Chief", c’est-à-dire sans tête. Elle suit en partie l’ancien cours de la Bièvre.
Elle abrita en 1870, à une adresse qui nous reste inconnue, le second siège du Comité des Femmes, créé par Jules Allix et son épouse qui en était secrétaire. Un club quelque-peu délirant dont le fondateur parvint — on peut se demander comment — à se faire élire au Conseil de la Commune. Il finit ses jours à l’asile d’aliénés de Charenton.

Jules ALLIX

45 : Planque de Maurice Touati, ouvrier tourneur, militant des Jeunesses communistes, membre des Bataillons de la jeunesse. Il participa à de nombreuses opérations, dont l’attentat du 21 novembre 1941 contre la librairie pro-nazie "Rive gauche", boulevard St Michel. Il fut arrêté rue Mouffetard le 25 décembre de cette même année, non sans avoir opposé une farouche résistance. Condamné lors du procès de la Maison de la Chimie où il comparut blessé après une tentative d’évasion, il fut fusillé au Mont Valérien.

Maurice TOUATI ►

Rue de Bazeilles

4-5 : Emplacement du pont aux Tripes, dont le nom ne laisse aucun doute sur l’activité qui l’environnait. Il avait été construit par les Romains pour enjamber un des deux bras de la Bièvre.

Rue de Valence

5-6 : Maisons construites sur le cours de la Bièvre.
11 : Bibliothèque Tourgueniev, servant de dépôt à la bibliothèque du Comité central du POSDR (Parti ouvrier social-démocrate de Russie) contrôlée par la fraction Bolchevique de Lénine et gérée par Aline.

Rue Pascal

Nous sommes toujours sur le cours de la Bièvre.
17 : Local maçonnique abritant pendant la Commune de 1871 le quartier général du Comité de vigilance du 5ème arrondissement, animé par Jean Allemane, Thoumieux, Charles Ledroyt, Eugène Bestetti, Edmond Thieure, Marcel Sénisse…

Rue Claude Bernard

2 : Ici aboutissait le bief de Valence à une écluse où se rejoignaient les deux bras de la Bièvre.

Rue Édouard Quénu (ancienne portion de la rue Broca) aller-retour à gauche puis à droite

3-9 : Guillaume de Chanac, patriarche d’Alexandrie, créa ici en 1320 un hospice qui se spécialisa en 1559 dans l’accueil des syphilitiques et prit le nom d’Hôtel-Dieu du Patriarche. Il deviendra plus tard l’hôpital Lourcine.
4 : Siège, à partir du 22 juin 1907, du journal anarchiste chinois Xin Shiji, auquel collaboreront Li Shizeng, Wu Zhihui, Zhou Enlaï et Deng Xiaoping. Il donnera naissance au mouvement "Travail-études".
5 : Séjour de Paul Verlaine dans les dernières années de sa vie, en 1895.

Rue Claude Bernard à droite

16 : Institut National d’Agronomie, construit en 1882 sur l’emplacement du Jardin des Apothicaires.
49 : Grand puits octogonal comblé dans la cour, flanqué de deux fontaines, mitoyen avec la cour du 51.

Rue de l’Arbalète à droite

27 : Demeure de Jules Michelet, historien de la Révolution française, en 1827.

Jules MICHELET ►

Rue Lhomond à gauche

68 : Puits communicant avec d’anciennes carrières dans le jardin.
55 : Autre entrée du passage des Postes que nous avons vu rue Mouffetard.
54 : Emplacement de la salle du Concert du Châtelet, alors rue des Postes, dans laquelle se tinrent 12 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.

Rue Vauquelin

3 : Demeure de Jacques Solomon, qui fut à l’initiative de la fondation du groupe de l’Université libre, lié au PCF, et auquel participèrent Georges Politzer et Pierre Hervé. Ce groupe donnera naissance aux "Lettres françaises". Jacques Solomon sera arrêté et exécuté par les nazis en mai 1942.

Jacques SOLOMON ►

Georges POLITZER ►

Pierre HERVÉ

10 : École supérieure de Chimie et de Physique, créée en 1882, où travailleront Marie et Pierre Curie, Paul Langevin et, plus récemment, Georges Charpak et Pierre-Gilles de Gennes. C’est ici que Pierre et Marie Curie découvrirent le radium le 21 décembre 1898.
Paul Langevin habitait dans l’école. Il adhéra au PCF en mémoire de son gendre Jacques Solomon. Il écrivait pour l’Université libre. Son arrestation par la Gestapo, le 30 octobre 1940, donna lieu à une importante manifestation des étudiants le 18 novembre au carrefour rue des Écoles, rue St Jacques.

Marie CURIE ►
avec Pierre dans leur laboratoire

Pierre CURIE ►
avec Marie

Paul LANGEVIN ►

Georges CHARPAK ►

Pierre-Gilles DEGENNES ►

28 : Demeure de l’écrivain humaniste Georges Duhamel à partir d’octobre 1912.

Georges DUHAMEL ►

Rue Claude Bernard à droite

63 : Demeure du futur président de la République Henri Poincaré, de 1854 à 1912.

Henri POINCARÉ

73 : Puits dans la cave du restaurant.
90 : Ex n° 97 rue des Feuillantines, demeure de George Sand de 1864 à 1868.

George SAND ►

Rue d’Ulm

5 : Emplacement de la demeure et de l’atelier du peintre hollandais Piet Mondriaan dit Mondrian, à partir de novembre 1919.

Piet MONDRIAN ►
Son atelier, rue du Départ à Montparnasse

45 : École Normale Supérieure, installée ici en 1847.
Pasteur y eut son laboratoire, entre 1864 et 1888, dans le grenier d’un pavillon. C’est ici qu’il fit la découverte du vaccin antirabique en 1885.
Lucien Herr fut son bibliothécaire de 1888 à 1926. Il est connu pour son engagement précoce dans l’affaire Dreyfus. C’est lui qui, convaincu par Lucien Lévy-Bruhl, persuada à son tour Jean Jaurès en 1898 de l’innocence du capitaine. Il amena également Léon Blum à s’engager dans le combat dreyfusard et le forma à la politique.

L’École Normale Supérieure ►

Lucien HERR ►

Lucien LÉVY-BRUHL

Jean JAURÈS ►

Léon BLUM ►

La première femme admise à Normale Sup fut Melle Robert, en section Sciences, le 12 octobre 1906.
On ne compte plus ses élèves illustres : Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Jean-Paul Sartre

Aimé CÉSAIRE ►

Léopold Sédar SENGHOR ►

Jean-Paul SARTRE ►

En 1940 s’y créa un réseau de Résistance qui s’appela d’abord "Couleuvre, puis "Vélite-Thermopyles", dirigé par Raymond Croland et Pierre Piganiol.
De 1970 à 1972 s’y réunit, dans la salle Cavaillès, dite des Résistants, la direction de la Gauche Prolétarienne, qui réunissait Benny Levy dit Pierre Victor, Alain Geismar, Maurice Clavel, Jean-Edern Hallier, Serge July… Amusant — pathétique conviendrait peut-être mieux — de suivre après-coup les itinéraires respectifs de ces grands "révolutionnaires"…

Benny LÉVY, alias Pierre VICTOR ►

Alain GEISMAR ►
avec Sauvageot et Cohn-Bendit

Maurice CLAVEL ►

Jean-Hedern HALLIER ►

Serge JULY ►

17 : Église maronite Notre-Dame du Liban dans la cour.

Rue Lhomond à droite

10 : Une autre demeure, en 1839, de Jules Michelet, dont les extraordinaires travaux historiques ont masqué quelque peu le fait qu’il fut en littérature un des maîtres du romantisme.
18 : Emplacement d’une école tenue par des jésuites, dans laquelle les Fédérés du 204ème bataillon de la garde-nationale installèrent un poste pendant la Commune en 1871.
Il était prévu d’y ouvrir, le 22 mai, la première école professionnelle pour garçons, à l’initiative de la Commission de l’Enseignement dirigée par Édouard Vaillant. Louise Michel, André Léo, Da Costa, Manier, Rama, Sanglier… étaient porteurs du projet. Le 21 mai les versaillais entraient dans Paris, et l’école ne vit jamais le jour.

Édouard VAILLANT ►

Louise MICHEL ►

Léodile CHAMPSEIX, alias André LÉO ►

Gaston DA COSTA

26 : Une seconde École Normale fut créée ici, rue des Postes, par décret impérial du 17 mai 1808. Elle fonctionna jusqu’en 1826.
27 : Hôtel Ménestrel de Hauguel, de 1736, d’une architecture remarquable. Un petit puits dans le hall donne encore sur la nappe phréatique.
28-32 : Ancien séminaire du St Esprit, encore appelé sans ambiguïté "séminaire Colonial". Il formait depuis 1731 des missionnaires chargés d’aller christianiser les "sauvages" des terres conquises ; enfin, ceux que l’on n’avait pas exterminés !...
De 1940 à 1944, la congrégation hébergea des prisonniers évadés et des aviateurs américains. Le père Émile Muller fut arrêté en février 44. Déporté, il mourut au camp de Bergen-Belsen.
29-33 : Ancienne maison de la communauté de Ste Aure, que Victor Hugo prit comme modèle du couvent des Bernardines où se réfugie Jean Valjean avec Cosette dans les Misérables, sous le nom de Fauchelevent ; couvent qu’il transposa pour des raisons de sécurité à l’adresse imaginaire du 62 rue de Picpus. Le poète était alors en exil. Il écrivait à partir de notes prises avant le Second Empire. Son chef d’œuvre de roman fut publié en 1867.

Couvent de Ste Aure ►
pris comme modèle par Hugo

45 : Pavillon remarquable de style Directoire, dans une belle cour pavée.

Place Lucien Herr

Il fait bon se reposer quelques instants sur cette petite place qui nous éloigne, en imagination du moins, des tumultes parisiens.

La place Lucien Herr ►

Rue Tournefort

35 : L’imprimerie Aulard est jugée trop importante et donc trop repérable, pour des raisons de sécurité, tant par son propriétaire que par les responsables des Éditions de Minuit : Pierre Lescure, Jean Bruller, alias Vercors, et Pierre Doré. Ils décident d’un commun accord, en novembre 1941, de faire imprimer leurs publications, dont "le Silence de la Mer", chez Oudeville, passage d’Enfer. C’est Ernest Aulard lui-même qui se charge d’organiser le transfert.

Jean BRULLER, alias VERCORS ►

30 : Ce serait approximativement le lieu où Balzac situe la pension Vauquer dans son "Père Goriot" : rue Neuve Ste Geneviève, "à l’endroit où le terrain s’abaisse vers la rue de l’Arbalète par une pente si brusque et si rude que les chevaux la montent ou la descendent rarement".

La pension Vauquer ►

25 : Demeure de Prosper Mérimée, l’auteur du livret de "Carmen", alors qu’il était encore adolescent en 1820. Il serait intéressant de savoir combien il aurait fait de fautes à cette époque dans sa fameuse dictée !...

Prosper MÉRIMÉE ►

20 : Vieille inscription gravée du nom de la "rüe Ste Geneviève". Les lettres "Ste" ont été grattées en 1793.
18 : Entrée du pensionnat des Filles de Ste Aure, qui donnèrent à partir de 1753 à la petite Jeanne Bécu-Rançon une éducation quelque peu stricte dont on sait ce qu’elle fit quand elle fut devenue la favorite d’un Louis XV finissant sous le nom de comtesse du Barry.
16 : Une autre entrée du couvent de Ste Aure, tenu par les Bénédictines de l’Adoration perpétuelle, où nous avons vu qu’Hugo situait en 1847 un épisode de la première version non publiée de son roman "les Misères", qui deviendrait en 1867 "les Misérables".
8 : Café de Mme Andrée Goubillon, qui hébergea, entre 1943 et 1944, 42 parachutistes agents de renseignement du BCRA sous les ordres du colonel Malcom Henderson, dans le cadre du "plan Sussex" de préparation du débarquement allié.
7-11 : Emplacement d’une caserne de gardes-françaises, installés là en 1775 par le maréchal de Biron pour surveiller et éventuellement réprimer un quartier alors très populaire.

Rue Amyot

3 : On a retrouvé ici en 1978 les vestiges d’une maison gallo-romaine comportant encore des fresques.
7 : Pavillon remarquable au milieu d’un jardin.
8 bis : Emplacement d’un cimetière protestant, à partir de 1614, dans ce qui était alors la rue des Poules. Des membres de la famille Gobelin y furent inhumés. Il fut fermé en 1685, suite à la révocation de l’édit de Nantes par le roi mégalo-soleil.
10-14 : Emplacement du "Puits qui parle", creusé de 1588, qui fit l’objet de nombreuses légendes et qui donna un temps son nom à la rue. Il disparut en 1867.
10 : Demeure de Louis-Joseph Gay-Lussac, célèbre physicien et chimiste, en 1808.

Louis-Joseph GAY-LUSSAC ►

En 1949, est installée ici l’École Française de Radioélectricité. En octobre, elle inscrit un étudiant cambodgien nommé Saloth Sâr. Il poursuivra ses études jusqu’en 1953 mais n’obtiendra pas son diplôme. Entre temps, il se sera initié à la politique. Une fois rentré dans son pays, il prendra des responsabilités et se fera connaître sous le nom de Pol Pot.

POL POT ►

Rue Laromiguière

8 : Puits dans le jardin.

Rue de l’Estrapade à droite

11 : Demeure du pamphlétaire Paul-Louis Courier, de 1785 à 1791.

Paul-Louis COURIER ►

9 : Très bel ensemble bien rénové, ancienne brûlerie de café. Puits dans la cour visible depuis la rue.

La brûlerie de café de la rue de l’Estrapade ►

7 : Demeure en 1896 de Charles Péguy, militant socialiste qui fonda la revue "Les Cahiers de la quinzaine", dreyfusard militant qui se battit aux côtés de Zola et de Jaurès pour la réhabilitation ; mort à la bataille de la Marne en 1914.

Charles PÉGUY ►

Des Fédérés furent massacrés ici pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871.
5-7 : Demeure de Louis Pergaud, l’auteur de "La guerre des boutons".

Louis PERGAUD ►

3 : Demeure de Diderot de 1749 à 1754, chez la dame Chetel au 2ème étage, à l’époque où il traduisait en français une encyclopédie anglaise. C’est ici qu’il fut arrêté le 24 juillet 1749 pour être enfermé au château de Vincennes, suite à la publication de sa "Lettre aux aveugles à l’usage de ceux qui voient".

Denis DIDEROT ►

Demeure également d’Hippolyte Fizeau, physicien qui obtint le premier daguerréotype de la surface solaire en 1845.

Hippolyte FIZEAU ►

De violents combats opposèrent, sur une barricade dressée dans ce qui était alors la rue de la Vieille Estrapade, les insurgés de Juin 1848 aux troupes du général Damesme, qui fut tué dans cet épisode.

Rue Thouin

12 : Vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste au fond du restaurant "Les Cigales".
10 : Puits comblé en applique dans la cour de gauche, visible en cave 15 rue Tournefort.
2-6 : Un jeu de Paume qui se trouvait ici accueillit de 1610 à 1615 la troupe de théâtre du Pont Neuf dirigée par Henri Legrand, dit Turlupin, avec Gros-Guillaume et Gaultier-Garguille, puis celle de l’Hôtel de Bourgogne.

TURLUPIN ►
et sa troupe

4-6 : Vestiges de l’enceinte de Philippe Auguste dans la cour annexe Lycée Henri IV.

Rue du Cardinal Lemoine à gauche aller-retour puis à droite

75 : Passage pittoresque menant à un pavillon de style Louis-Philippe.

Le 75 rue du Cardinal Lemoine ►

74 : Une autre demeure d’Ernest Hemingway avec sa femme Hadley, au 4ème étage, du 9 janvier 1922 à 1923.
C’est au bal du Printemps, au rez-de-chaussée de l’immeuble, que Ford Madox Ford organisait des "parties" pour ses collaborateurs dans les mêmes années.

Ernest HEMINGWAY ►
au 74 rue du Cardinal Lemoine

Ford Madox FORD ►

73 : C’est ici, dans la maison des pères de la Doctrine Chrétienne, que mourut Paul de Chomedey, seigneur de Maisonneuve, fondateur de la ville de Montréal, en 1676.

Paul de CHOMEDEY ►
Plaque dans sa ville natale à Troyes

71 : Demeure, à partir de juin 1921, de l’écrivain Valery Larbaud dans le bâtiment D, au fond de la cour.
Ce dernier prêta son appartement à James Joyce. Sylvia Beach et Ernest Hemingway venaient l’y rencontrer.

Valéry LARBAUD ►

James JOYCE ►

Sylvia BEACH

66 : On trouve ici une tour, difficilement accessible, de l’enceinte de Philippe Auguste.
64 : Magnifique vestige de cette même enceinte ; un des seuls qui donne une idée des 8 mètres de sa hauteur d’origine. Le jardin au fond duquel il se trouve recèle également un puits conservé dans son jus.

Enceinte de Philippe Auguste ►
64 rue du Cardinal Lemoine

62 : Au fond de la cour, le prolongement de la précédente.

Enceinte de Philippe Auguste ►
62 rue du Cardinal Lemoine

Rue Rollin

14 : Demeure de René Descartes dans ce qui était alors la rue Neuve St Étienne du Mont. Il logea ici lors de ses séjours à Paris en 1644, 1647 et 1648.

René DESCARTES ►

6 : Demeure du poète et philosophe Benjamin Fondane, de 1932 jusqu’à sa déportation par les nazis en 1944. Il mourut au camp de Birkenau.

Benjamin FONDANE ►

4 : Demeure de Bernardin de Saint-Pierre, de 1781 à 1786. Il rédigea ici des "Études de la Nature" et commença l’écriture de "Paul et Virginie".
Demeure également d’Émile Zola en 1860 et 1861.
Demeure enfin d’Henri Curiel, fondateur du parti communiste soudano-égyptien, un des principaux animateurs pendant la guerre d’Algérie du réseau Jeanson, organisant en soutien au FLN celles et ceux que l’on appelait les "Porteurs de valises". Il fut assassiné ici, au pied de l’ascenseur, par un commando Delta le 4 mai 1978.

Jacques-Henri BERNARDIN de SAINT-PIERRE ►
Sa statue au Jardin des Plantes

Émile ZOLA ►

Henri CURIEL ►

2 : Emplacement de la demeure de Blaise Pascal, alors 8 rue Neuve St Étienne du Mont. C’est ici qu’il mourut le 19 août 1662.

Blaise PASCAL ►

Le poète Pierre de Ronsard, auteur de la célébrissime "Ode à Cassandre", aurait également habité dans cette rue, alors appelée curieusement "rue des Morfondus".

Rue Monge à gauche

49 : Nous pénétrons dans les “Arènes” de Lutèce, en fait un amphithéâtre gallo-romain, le second en taille sur le territoire français après celui de Nimes. Construit au 1er siècle de notre ère, et détruit en 285, il fut transformé par la suite en nécropole avant d’être réhabilité par Chilpéric en 577. Il fut ensuite totalement abandonné et enfoui au 14ème siècle sous les déblais issus du creusement des fossés de l’enceinte de Charles V. Entre temps, ses pierres avaient servi à renforcer la muraille de l’île de la Cité lors des invasions barbares. Une histoire bien mouvementée !...
Redécouvert en 1869, lors du percement de la rue Monge à laquelle on ne peut du coup pas trop en vouloir de l’avoir amputé quelque peu. Transformé en dépôt de la Compagnie générale des Omnibus jusqu’en 1883, on doit entre autres à Victor Hugo et à Victor Duruy d’avoir sauvé de la destruction ce qu’il en restait.

Les Arènes de Lutèce ►

Nous traversons les Arènes et le jardin attenant pour ressortir :

Rue des Arènes à droite

5 : L’appartement qu’habite Jean Paulhan est surveillé par les nazis après son arrestation le 6 mai 1941, puis sa libération sur intervention de Drieu la Rochelle auprès d’Otto Abetz. Il était responsable de la publication de la revue "Résistance" pour le réseau du Musée de l’Homme. Du coup, ses rencontres avec Louis Aragon pour mettre au point la création des "Lettres françaises" et du Comité national des écrivains, le CNE, se déroulent dans le jardin des Arènes afin de déjouer la surveillance.
Dénoncé comme juif par la femme de Marcel Jouhandeau, mais prévenu par Gerhard Heller, un des responsables de la censure allemande à Paris, Paulhan s’enfuit par les toits pour échapper à une nouvelle arrestation en mai 1944.

Jean PAULHAN ►

Rue de Navarre à gauche

7 : Demeure de Jean Blanzat qui cache François Mauriac, lui aussi recherché par la police allemande pendant l’Occupation, fin 1943 – début 1944. En fait, lui aussi est discrètement protégé par Gerhard Heller.

François MAURIAC ►

Gerhard HELLER

1 : Demeure de Jeanne Cuisinier, amie de Germaine Tillon, qui sert, début 1942, de boîte aux lettres pour le mouvement de Résistance "Manipule", de Jacques Lecompte-Boinet, qui deviendra par la suite "Ceux de la Résistance".

Rue Lacépède à gauche

17 : Saloth Sâr, le futur Pol Pot, est hébergé par deux princes de la cour royale du Cambodge au début de son séjour à Paris en 1950. Il fait ses "brillantes" études, comme nous l’avons vu, à l’École Française de Radioélectricité.
3-15 : Prison de Ste Pélagie, dont l’entrée principale se trouvait au 14 — aujourd’hui le n° 2 — rue du Puits de l’Ermite. Nous y reviendrons plus loin.
7 : Petit Hôtel dans lequel déboucha un souterrain conduisant à Ste Pélagie qui permit à 28 détenus politiques, dont Auguste Blanqui, de s’évader le 12 juillet 1834. Armand Barbès n’était pas pour rien dans cette évasion...

Armand BARBÈS ►

1 : Emplacement de l’entrée du premier hôpital de la Pitié, construit en 1612 à l’initiative de Marie de Médicis, alors régente. D’abord hospice pour mendiants, il devint un orphelinat sous le nom de "Maison des Élèves de la Patrie" en 1792. C’est seulement ensuite qu’il devint Hôpital. Il assurait en même temps l’administration de l’Hôpital général. Il fut démoli en 1912 et transféré boulevard de l’Hôpital, associé à la Salpêtrière.

L’ancien hôpital de la Pitié ►
par Atget

1 bis : En 1942, l’appartement de Macha Lew servit de dépôt de presse à la section "Travail anti-allemand" de la MOI. Aidée de Salek Bot, Macha Lew diffusait le journal "Soldat im Westen" auprès des troupes de la Wehrmacht. Elle fut arrêtée et déportée à Auschwitz où elle mourut.

Rue Geoffroy Saint-Hilaire

59 : Clinique Geoffroy Saint Hilaire où sont nés, hasard amusant, Jacques Chirac et Jean Tibéri, à 3 ans d’intervalle, en 1932 et 1935. Leur destin était décidément lié !
52 : Adossée au mur du Jardin des Plantes, se trouve ici la seule fontaine Wallace de ce type subsistant à Paris. Elles ont été offertes à la ville en 1872 par un riche philanthrope britannique qui espérait ainsi dispenser les prolétaires parisiens de passer par la case "troquet" pour se désaltérer. Aucune enquête ne dit si son initiative fut efficace. Par contre elle a enrichi la capitale d’un de ses sympathiques symboles.

Une Fontaine Wallace unique en son genre ►
photographiée par Atget

49 : Demeure de Claude Gaulué qui fabriquait de faux papiers pour le PCF pendant l’Occupation. Filé par la police, il fait involontairement tomber Arthur Dallidet, alias Jules, un des dirigeants du parti, le 2 mars 1942.
Cette adresse était aussi un laboratoire d’explosifs clandestin du 2ème détachement de la MOI, dont Salek Bot et Hersck Zimerman étaient les artificiers, assistés de Samuel Nadler et Nathan Dyskin. Le local ayant été découvert suite à l’explosion d’une bombe en fabrication, les brigades spéciales de la DST tendirent le 25 avril 1942 une souricière qui leur permit d’arrêter nombre de militants.

Arthur DALLIDET

40 : Le Jardin des Plantes
Le Jardin royal des herbes médicinales fut créé en 1635, au pied de la butte des Coupeaux, à l’initiative de Jean Héroard, médecin de Louis XIII. Son premier intendant fut Guy de La Brosse.

Jean HÉROARD ►

Guy de LA BROSSE ►

Le squelette de Louis-Dominique Cartouche, exécuté par Charles II Sanson en place de Grève, y fut exposé en 1721. Le crâne de Descartes y fut déposé un siècle plus tard par Georges Cuvier.

Georges CUVIER ►

La gloriette en bronze érigée en 1786 par Georges-Louis Leclerc de Buffon qui domine la butte Coypeau, est une des premières structures métalliques réalisée au monde.

La Gloriette de Buffon ►
sur la butte des Coupeaux du Jardin des Plantes

Bernardin de Saint-Pierre y établit une ménagerie d’animaux rares en 1792.
Le 10 juin 1793, le Jardin du Roy devient sur proposition de Valentin Haüy le Muséum d’Histoire Naturelle.
En octobre 1794 est créée par la Convention l’École normale supérieure. Ses premiers professeurs seront Lagrange, Laplace, Monge, Daubenton, Berthollet, Bernardin de St Pierre

Valentin HAÜY ►

Joseph-Louis LAGRANGE ►

Pierre-Simon de LAPLACE ►

Gaspard MONGE ►

Louis Jean-Marie DAUBENTON ►

Claude BERTHOLLET ►

En 1800, un cèdre du Liban est planté par Bernard de Jussieu sur la tombe de Daubenton.

Bernard de JUSSIEU ►

Un marché aux crapauds s’y tient chaque semaine jusqu’en 1877.
En 1905, Henri Rousseau, dit le Douanier Rousseau, peint ses forêts vierges dans la serre exotique.

Henri ROUSSEAU, dit le DOUANIER ROUSSEAU ►

Le 8 mars 1822 s’y déroule une manifestation étudiante organisée par un certain Thénard. Louis XVIII fait intervenir la gendarmerie qui arrête 200 personnes.
Des Fédérés y sont massacrés pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871.

36 : Demeure à partir de 1772, dans l’Hôtel de l’Intendant, de Georges Louis Leclerc de Buffon, qui dirigea le Jardin du Roi pendant 49 ans. Il mourut ici me 16 avril 1788.
Demeure également du biologiste Jean-Baptiste de Lamarck qui avait débuté comme précepteur du fils de Buffon, jusqu’à sa mort en 1829.

Georges Louis LECLERC de BUFFON ►

Jean-Baptiste de LAMARCK ►

Rue Daubenton

Rue Larrey

2 : Domicile de Mollevaux où se tint, le 12 janvier 1871, une réunion de l’Association Internationale des Travailleurs sur la presse, à laquelle participaient Émile Lacord, Baruch, Jules Minet, Pindy, Henri Goullé, Léo Fränkel, Jules Franquin, Laporte, Eugène Varlin, Augustin Verdure et Albert Theisz. Il s’agissait de créer une commission pour tenir la tribune de l’A.I.T. dans le journal "la Lutte à Outrance".

Jean-Louis PINDY ►

Léo FRÄNKEL ►
par Jérôme Gulon

Eugène VARLIN ►

Augustin VERDURE ►

Albert THEISZ ►

3 : Demeure de Charlotte Robespierre, la sœur de l’Incorruptible. Elle mourut ici en 1834.

Charlotte ROBESPIERRE

11 : Superbe grille de marchand de vin, à l’enseigne précisément de "la Vieille Grille".

La Vieille Grille ►

14 : Bel immeuble de style Art Nouveau.

Rue du Puits de l’Ermite

La prison de Ste Pélagie
Installée, comme nous l’avons vu plus haut, dans une maison destinée par des religieuses à l’accueil de "filles repenties", elle devint en 1790 une prison que les prisonniers politiques partageaient avec des détenus pour dettes, des jeunes délinquants…
Son entrée était située au 14 de cette rue, à hauteur du n° 2 actuel. Le quartier des politiques se trouverait aujourd’hui entre cette entrée et le n° 8. On l’appelait par dérision "le pavillon des princes".
De fait, c’était devenu au 19ème siècle un établissement relativement confortable, à la discipline assez souple. En particulier, les prisonniers pouvaient se regrouper dans des salles communes, ce qui favorisait les échanges et les débats. Cela fit de cette prison un lieu privilégié de formation politique pour plusieurs générations de militants…

La prison de Ste Pélagie ►
photographiée par Atget

Le quartier des politiques de Ste Pélagie ►

Mais revenons à ses débuts, pendant la Révolution. Le régime y était alors beaucoup moins souple.
Joséphine de Beauharnais, Mme Roland, la du Barry… y furent emprisonnées, ainsi que Rouget de Lisle.
Le 5 septembre 1793, Jacques Roux est arrêté pour la seconde fois. La répression s’abat sur les "Enragés". Jean-Théophile Leclerc, Jean-François Varlet, Claire Lacombe… sont incarcérés eux aussi. Tous seront guillotinés.
François-Noël Babeuf, dit Gracchus Babeuf, y est transféré depuis la prison de l’Abbaye en 1794.
Le marquis de Sade y est enfermé suite à publication de la 3ème édition de "Justine", en 1801.

Manon Roland ►

Claude Joseph ROUGET de LISLE ►

Jacques ROUX

Claire LACOMBE

Gracchus BABEUF ►

François de SADE par Charles van Loo

C’est à partir de mars 1828 que Ste Pélagie devint officiellement une prison politique.
On ne compte plus les militants de tous bords qui y furent enfermés : Pierre-Jean de Béranger, Paul-Louis Courier, Antoine Jay, Jules Jouy, Félix Pyat, Armand Barbès, François Arago, François-Vincent Raspail, Jules Vallès, Étienne Vacherot, Catulle Mendès, Victor Jaclard, Germain Casse, Gustave Tridon, Auguste Vermorel, Georges Clemenceau

Pierre-Jean de BÉRANGER ►

François-Vincent RASPAIL ►

Jules VALLÈS ►
par Jérôme Gulon

Victor JACLARD

Auguste VERMOREL ►

Georges CLEMENCEAU ►

Évariste Galois, le jeune mathématicien de génie, est arrêté à deux reprises en 1831 ; la première fois pour avoir porté, lors d’un banquet, un toast "à Louis-Philippe... s’il trahit !" avec un couteau dans la main ; la seconde pour avoir participé le 14 juillet sur le Pont Neuf, en uniforme de garde national, à une manifestation interdite commémorant la prise de la Bastille. Il mourut en duel quelques mois après sa libération, suite à ce qui ressemble fort à un complot politique.

Évariste GALLOIS ►

Les saint-simoniens Prosper Enfantin et Michel Chevalier sont condamnés à 1 an de prison pour outrage aux bonnes mœurs en août 1832, après la fermeture de la communauté de Ménilmontant.

Prosper ENFANTIN ►

Lamennais est accusé de conspiration contre la Monarchie de Juillet en 1841.
Le 2 décembre 1851, Proudhon, en permission sur parole le jour du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, répond à Hugo n’être "pas disponible pour défendre la République".

Pierre-Joseph PROUDHON ►

Auguste Blanqui y est transféré de la prison de Versailles fin janvier 1833. Il y fera plusieurs "séjours", en profitant pour faire du prosélytisme.

Auguste BLANQUI ►

Les dirigeants du second Bureau de l’Association Internationale des Travailleurs, Amédée-Benjamin Combault, Eugène Varlin, Émile Landrin, Alphonse Humbert, Benoît Malon, Pierre Charbonneau, Gabriel Mollin, Antoine Bourdon, Louis Granjon… sont condamnés 3 mois de prison et 100 F d’amende le 6 juillet 1868.
Le colonel Piazza, proclamé général de la garde nationale, et le commandant Brunel, proclamé chef d’état-major, sont libérés par les manifestants le 27 février 1871. Ils étaient enfermés ici suite à la tentative de soulèvement du 22 janvier. Brunel s’illustrera comme général de la Commune.

Paul BRUNEL ►
général de la Commune

Le 5 mars, ce sont tous les prisonniers du 22 janvier que la foule libère.
Le 23 mai, les versaillais sont déjà entrés dans Paris ; Gabriel Ranvier et Raoul Rigault font exécuter Gustave Chaudey, jugé responsable de la tuerie du 22 janvier à l’Hôtel de ville, et en particulier de la mort de leur ami Théodore Sapia.
Gustave Courbet, président de la Commission des Artistes pendant la Commune, est enfermé ici du 7 juin 1871 à mars 1872, accusé entre autres d’avoir été à l’initiative de la destruction du phallus impérialiste napoléonien de la place Vendôme. On lui fera d’ailleurs payer la note de sa reconstruction.

Gustave COURBET ►
Autoportrait à Ste Pélagie

Léon Cladel est enfermé pour 1 mois et condamné le 15 avril 1876 à payer 500 F d’amende pour la publication de "Trois fois maudite", un petit texte sur la déchéance de la femme d’un Communard déporté. Il est en outre révoqué de l’administration de l’Assistance publique. Il avait eu l’audace d’écrire : "Oui, oui, ma foi, c’est un bon type, ce communard !".
Jules Guesde, Eugène Fournière, John Labusquière, Gabriel Deville, sont incarcérés le 15 septembre 1878 pour avoir publié leur programme et l’adresse des Socialistes révolutionnaires de France.

Jules GUESDE ►

Michel Zévaco, écrivain anarchiste, auteur des aventures de Pardaillan, est emprisonné plusieurs fois à Ste Pélagie, dont une le 25 avril 1889.

Michel ZÉVACO

La prison disparut en 1895.

Les sculpteurs Antoine Coysevox et Nicolas Coustou habitèrent la rue du Puits de l’Ermite, à une adresse qui nous est inconnue.

Antoine COYSEVOX ►

Nicolas COUSTOU ►

Rue de la Clef à droite

Rue Dolomieu

Place Monge

Rue Gracieuse à gauche

21 : La caserne de la gendarmerie royale a été installée ici en 1821 par Louis XVIII pour surveiller un quartier qui ne digérait pas le retour des Bourbon au pouvoir.
15 : Admirons ce beau passage bordé de jardins devenu une rareté à Paris.
11 : Ex siège de la 5ème section parisienne du jeune Parti Communiste Français, qui présenta aux élections législatives de 1924 Hadj Ali Abdel Kader, fondateur de l’Étoile Nord-africaine avec Messali Hadj. Ce fut le premier candidat communiste pour les peuples des colonies.

Rue de l’Épée de Bois à droite

Rue des Patriarches

Rue de Mirbel

Rue du Marché des Patriarches

Le marché des Patriarches qui se tenait ici était une sorte de marché aux puces créé vers 1350 par d’ex prêtres qui avaient été excommuniés puis absouts. Il fonctionna ici jusqu’en 1953. Belle longévité !
2 : Emplacement de la Maison des Patriarches, un des seuls lieux de la capitale où pouvait être célébré le culte protestant. Jean Canaglia, dit Jean Canaye, époux de Marie Gobelin, en était propriétaire. Le pasteur était Jean Malo. Elle fut incendiée par les catholiques suite au “vacarme de St Médard” le 28 décembre 1561.
3 : Nguyên Tat Thanh, alias à l’époque N’Guyen Ai Quôc, le future Hô Chi Minh, logea un temps ici, en 1923, dans ce qui était le second siège de la revue "Le Paria", soutenue par Rachid Rida et Marcel Cachin. Le Paria devient "la Tribune du prolétariat colonial" de 1924 à 1926.

HÔ CHI MINH ►

Rue Daubenton à gauche

Rue Monge à droite

Rue Censier à gauche

21-25 : Emplacement de l’hôpital de la Miséricorde, dit des Cent-Filles, qui accueillait des jeunes femmes nées d’unions illégitimes. En 1624, Antoine Séguier dispensa de droits et de chef-d’œuvre les compagnons qui les épouseraient.
17 : Maison natale dans la brasserie paternelle, en 1752, d’Antoine-Joseph Santerre, futur meneur de la prise de la Bastille et des insurrections des 20 juin et 10 août 1792 qui, devenu général et chef de la garde nationale, alla réprimer avec brutalité l’insurrection en Vendée.

Antoine Joseph SANTERRE ►

Rue de la Clef à droite

18 : Demeure de Louis-Ange Pitou, écrivain contre-révolutionnaire déporté à Cayenne en 1797. Et en 1797, il fallait déjà être sacrément contre-révolutionnaire pour être déporté !...
Vers la fin 1900 il y avait là un hôtel tenu par un certain Thériez, où descendit, venant de Marseille, Alexandre Marius Jacob, militant anarchiste et cambrioleur. Il fut bientôt rejoint par sa bande des "Travailleurs de la nuit" qui se mit à la besogne. Alexandre Jacob servit de modèle à Maurice Leblanc pour créer son personnage d’Arsène Lupin.

Marius JACOB

12-14 : Ici se trouvait le pont aux Biches, enjambant un des deux bras de la Bièvre.

Rue du Fer à Moulin à droite

Rue Scipion aller-retour

13 : Hôtel Scipion, bâti en 1532, alors en pleine campagne, pour Maurice du Bullioud. Il en reste de beaux vestiges. Ce fut le premier bâtiment à Paris construit en briques et pierres. Il appartint par la suite au financier génois Scipion Sardini, argentier de Catherine de Médicis. Il fut transformé plus tard en hôpital, puis en prison pour mendiants, avant de devenir la boulangerie des Hôpitaux de Paris.

L’Hôtel Scipion ►
et ses superbes médaillons

Rue du Fer à Moulin à gauche

32 : Cours pavées remarquables.
34 : De-même qu’ici, au fond du passage.

Rue de la Collégiale

On a découvert dans cette rue, en 1753, 64 cercueils datant du 5ème siècle, dans un cimetière gallo-romain, sans doute le premier à Paris à accueillir des chrétiens.
3-6 : Emplacement de l’ancienne église St Martin, dans l’enceinte du Cloître St Marcel.
Le club des Gobelins du 21 mai 1790 à 1792, puis du Finistère de 1793 à 1795, y établit son siège pendant la Révolution.

Boulevard St Marcel à droite

De nombreux Fédérés furent massacrés froidement ici, le 25 mai 1871, après la prise d’une barricade qui barrait le boulevard St Marcel.

Nous arrivons au carrefour des Gobelins

C’est la fin de notre parcours

Plan du cours de la Bièvre dans Paris


Tout commentaire, complément, correctif ; toute précision ou simple remarque... à propos de ce parcours, seront évidemment les bienvenus.

Contact : parisrevolutionnaire@gmail.com