BALADE AUTOUR DE LA RÉPUBLIQUE... MAIS QUELLE RÉPUBLIQUE ?

Mardi 25 octobre 2011, par Webmestre // ► RÉPUBLIQUE

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BALADE AUTOUR DE LA RÉPUBLIQUE ;
MAIS QUELLE RÉPUBLIQUE ?
LA BOURGEOISE OU LA SOCIALE ?

Départ de la place de la République

C’est l’ancienne place du Château d’Eau, mais celle-ci était beaucoup plus petite que notre place actuelle.
Elle tirait son nom d’une fontaine inaugurée le 15 août 1811, qui se trouvait à l’origine à l’entrée du boulevard St Martin, puis qui fut déplacée à peu près là où se trouve aujourd’hui la statue de la République. Cette fontaine existe toujours ; on peut la voir aujourd’hui devant l’entrée de la Grande Halle de la Villette. Conçue en fonte par Pierre-Simon Girard, elle représentait à l’époque un exploit technologique. Nous reviendrons faire le tour de cette place tout à l’heure. Prenons pour le moment le :

Bd Voltaire

1-2 : À son déboucher sur la place se trouvait pendant la Semaine sanglante une importante barricade du dispositif de défense du Château d’Eau ; un des principaux points de résistance des Fédérés le 25 mai 1871. C’est là que se fit tuer volontairement, par désespoir, Charles Delescluze, vieux militant républicain, un des principaux dirigeants de la Commune.
Les combats furent acharnés. On était, avec les barricades du boulevard du Temple et de l’avenue de la République, sur la principale ligne de défense des quartiers ouvriers du 11ème arrondissement, dont la mairie abrita le Conseil de la Commune après la chute de l’Hôtel de Ville.
Maxime Lisbonne, le "d’Artagnan de la Commune", y fut blessé mais secouru par Auguste Vermorel qui allait lui-même être touché grièvement quelques instants plus tard.
Nombre de femmes, dont de très jeunes filles, participaient aux combats, ainsi qu’un bataillon de Pupilles de la Commune.

Passage du Jeu de Boules à gauche

Passage par lequel s’enfuirent les frères Theisz, Jaclard et Vermorel, portant le "citoyen Lisbonne" blessé.

Rue de Malte à gauche

50 : Emplacement de ce qui fut d’abord, en 1866, le Cirque Impérial, dirigé par Antonio Franconi ; le plus grand cirque d’Europe à l’époque, avec 5000 places.
On le nomma ensuite Théâtre du Prince Impérial. Il s’y tint 9 réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.
À la chute de celui-ci, on le rebaptisa Théâtre du Château d’Eau. L’Opéra Comique y fut transféré pendant la reconstruction de la salle Favart incendiée en 1887. C’est là qu’eut lieu la première à Paris du "Crépuscule des dieux de Richard Wagner, le 15 mai 1902.
En 1904, il devint l’Alhambra, célèbre music-hall qui prit dans les années 50 le nom de Maurice Chevalier ; lieu à la mode où se produisirent Yvette Guilbert, Fragson, Polin, Dalbret, Mayol, Polaire, le clown Grock, W. C. Fields, le contorsionniste et magicien Houdini, Tramel, Raimu, Bouglione, Georgel et Mistinguett ; excusez du peu !...
En 1936, il sera un temps dévolu au Parti Communiste Français et dirigé, sous le nom de Théâtre du peuple et de la République, par Louis Aragon et Jean-Paul Le Chanois. Picasso en peindra le rideau de scène ; une de ses premières œuvres "engagées".
La salle, qui aura vu entre temps les débuts de la "môme Piaf", et tous les grands noms de la chanson française, sera détruite en 1967.

Rue Rampon à gauche

Bd Voltaire à droite

Place de la République

Impossible de citer tous les événements qui se déroulèrent sur cette place parisienne emblématique, et encore moins toutes les manifestations qui en partirent ou y aboutirent, jusqu’à aujourd’hui. Évoquons-en simplement quelques uns parmi les plus marquantes :
Le 13 juin 1849, une manifestation organisée à l’initiative de Ledru-Rollin par les députés "néo-montagnards", contre la déclaration de guerre à la République Romaine par le prince-président Badinguet, débouche sur un simulacre d’insurrection bien vite réprimé qui forcera ses meneurs à l’exil.
La place du Château d’Eau devient place de la République en 1879.
La statue qui personnifie cette dernière n’est implantée qu’en 1883. En attendant elle est remplacée par un modèle en plâtre à partir de 1880.
Les 12 bas-reliefs en bronze qui entourent son socle, représentant les étapes de l’instauration de la République, sont faussement attribués à Aimé-Jules Dalou. Ils sont en fait l’œuvre du sculpteur Léopold Morice. Il n’était pas question d’accepter l’œuvre d’un ancien Communard. On a quand-même, finalement, utilisé le projet de Dalou ; c’est le groupe qui orne la place de la Nation.
Le 24 août 1927 une importante manifestation se forme ici à l’annonce de l’exécution de Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti. Elle donne lieu à des heurts violents avec la police. Une série de manifestations avait précédé contre la condamnation des deux militants anarchistes américains.
Le 9 février 1934, lors de la manifestation des ligues fascistes, des affrontements éclatent entre la police et les contre-manifestants communistes.
Le drapeau Algérien apparaît pour la première fois dans une manifestation le 14 juillet 1935, brandi par des ouvriers de l’Étoile Nord-africaine, qui deviendra le PPA, Parti du Peuple Algérien, en mars 1937.
Enfin, une manifestation monstre est organisée par le PCF le 28 mai 1952 contre la venue en Europe du général Nord-Américain Ridgway, fraîchement nommé à la tête de l’OTAN et accusé d’avoir utilisé des armes bactériologiques en Corée. Elle fera un mort et verra l’arrestation de Jacques Duclos qui déclenchera "l’Affaire des pigeons".

Pierre Georges, alias colonel Fabien, avait été arrêté place de la République le 30 novembre 1942.
De Gaulle y présente le projet de constitution de la 5ème République le 4 septembre 1958.

Faisons le tour de la place dans le sens inverse des aiguilles d’une montre
3 : Le passage Vendôme date de 1827 ; cela en fait un des plus anciens de Paris. Il fut rénové en 1869.
10 : Les Magasins Réunis furent partiellement incendiés pendant la Semaine sanglante.
Le 30 mai 1878, à l’occasion du centenaire de la mort de Voltaire, une manifestation en faveur des prisonniers politiques ayant été interdite, 5 à 6000 personnes se rassemblèrent dans ce qui était alors le cirque Myers.

En juin 1848, 80 insurgés résistent pendant trois jours aux assauts des troupes de Cavaignac et Lamoricière sur une barricade érigée à l’entrée de la rue du Fbg du Temple, au-delà du canal St Martin. Victor Hugo la décrit depuis la place du Château d’Eau. Lui qui déplorera par la suite la brutalité de la répression est à ce moment-là du mauvais côté des canons. Toujours en retard d’une révolution, notre cher grand poète.
Le 25 mai 1871, à nouveau une barricade, et à nouveau une résistance acharnée. Les troupes versaillaises du général de Courcy prennent les Fédérés à revers en passant par les Magasins réunis. Brunel, Lisbonne, Theisz, Vermorel, Delescluze, Jourde, Lissagaray participent aux combats. Ils parviennent à se replier sur le boulevard Voltaire.
C’est à cet endroit que fut implanté l’embarcadère du Funiculaire, sorte de tramway tiré par un câble sous-terrain qui montait jusqu’à l’ancienne place du "village" de Belleville entre 1891 et 1924.

12 : La caserne Vérines est l’ancienne Caserne du Prince Eugène. Elle fut construite en 1854 dans le cadre du plan haussmannien de quadrillage des quartiers ouvriers par de larges voies, boulevards et avenues, — Magenta, République, Voltaire, Turbigo — permettant le déplacement rapide de troupes et d’artillerie en cas d’émeute. Eh oui, ce cher baron Haussmann se souciait bien des embarras de circulation ; mais surtout de ceux du "Kapital" !...
Et d’ailleurs Brunel, général de la Commune qui avait bien compris le but de la manœuvre, s’en empara dès les premières heures du 18 mars 1871 avec deux bataillons de la 10ème légion de la Garde nationale.
Pendant la Semaine sanglante, cette caserne héberge un bataillon d’enfants de 10 à 16 ans, les Pupilles de la Commune, constitué le 21 mai à l’annonce de l’entrée des versaillais dans Paris.
Une des nombreuses cours martiales de la répression y est installée dès le 26 mai. Des Communards vont y être massacrés après un simulacre de jugement, quand on prendra même la peine de les "juger".
En 1940, le réseau de renseignement "Saint-Jacques" recrute le chef d’escadron de gendarmerie Jean Vérines qui, arrêté, déporté en Allemagne et exécuté par les nazis, donnera son nom à la caserne.
Mais entre temps, pendant l’Occupation, elle aura pris le nom d’Heinrich Himmler. Elle sera le dernier bastion de résistance des SS lors de la Libération de Paris, le 25 août 1944.

Rue Léon Jouhaux aller-retour

Elle s’appelait autrefois rue Samson ; baptisée ainsi en l’honneur de la fameuse dynastie de bourreaux de Paris qui l’habita, puis rue de la Douane. Le 25 juin 1848 y fut érigée une barricade dont les combattants résistèrent longtemps aux troupes du général Lamoricière.

4 : Sur l’emplacement de la caserne se trouvait le Diorama de Louis Daguerre, construit en 1822, et qui disparut dans un incendie le 3 mars 1839.
11-13 : L’Hôtel des Douanes, qui avait donné son nom à la rue, fut transformé en entrepôt de matériel saisi au marché noir pendant l’Occupation.

12-16 : Emplacement dans la rue Samson, face au diorama, du Tivoli-Vauxhall, créé par l’artificier italien Torré en 1764.
Pendant la Révolution de 1848, il abrita de nombreux clubs :
L’Association des Combattants Lyonnais de 1832 et 1834, présidé par Picot-Guéraud et Béranger, Jules Lyons en étant secrétaire. Association liée au Club Révolutionnaire et Socialiste du Rhône qui se tenait, lui, au 5 rue de la Douane.
La Société démocratique du 5ème arrondissement, présidée par Labelonye et Favrel. Club révolutionnaire favorable aux candidats de gauche.
Le Club des Épiciers véridiques, présidé par Arthur de Bonnard, Junius Hamel et Legenvre, qui éditait un journal intitulé "le Salut social".

À la fin du Second Empire s’y tint, le 17 juin 1868, la première réunion publique non autorisée après l’interdiction du 6 du même mois.
Quelques jours plus tard, le 28 juin, le gouvernement étant revenu partiellement en arrière en autorisant ces mêmes réunions publiques à condition qu’il n’y soit question ni de politique ni de religion, s’y tenait une conférence sur le salaire des femmes.

Le 15 février 1871, 3000 gardes nationaux s’y réunissaient pour désigner une Commission d’élaboration des statuts d’une Fédération de la garde nationale. Le général Clément Thomas qui la commandait alors était amené à démissionner. Le 24 du même mois, 500 délégués adoptent lesdits statuts et décident de la constitution d’un Comité Central. Les gardes nationaux qui s’en revendiquent deviennent les "Fédérés". Ce processus conduira à la proclamation de la Commune. Mais le Comité Central de la Garde nationale restera pendant toute sa durée un organisme indépendant, et en quelque sorte concurrent, du Conseil de la Commune ; ce qui constituera sans doute un des facteurs de la défaite.
Le 15 mars, Giuseppe Garibaldi est acclamé général en chef de la Garde nationale par les délégués de 215 bataillons, mais il refuse cette responsabilité. On procède à l’élection de 38 membres du CC, dont Eugène Varlin, Adolphe Clémence, Charles Maljournal, Adolphe Assi, Demeule, Géresme, Paty et Bouit.

Le 7 janvier 1893, une violente bagarre éclate lors d’une réunion qui s’y tient sur l’affaire de Panamá.
Le 28 avril 1905 s’y déroule un meeting d’unification socialiste au cours duquel Gustave Hervé propose en cas de conflit la grève des réservistes. Comme beaucoup d’autres socio-démocrates, il retournera complètement sa veste à la veille de la Première guerre mondiale.
Le 9 septembre 1907 Jean Jaurès, qui était délégué à Stuttgart, y fait un compte-rendu du 7ème congrès de la IIème Internationale.
Le 22 mars 1908, les ouvriers maçons et terrassiers s’y réunissent pour organiser une grève massive qui sera lock-outée par le patronat.

Rue Beaurepaire aller-retour

Une barricade érigée dans cette rue pendant la Semaine sanglante fut défendue par un bataillon d’enfants, les Pupilles de la Commune, le 24 mai 1871.
2 : C’est ici, à son domicile qui servait de boîte aux lettres du réseau Saint-Jacques, qu’est arrêté Jean Vérines, le 10 octobre 1941.

Bd St Martin

1 : C’est dans ces parages, qui faisaient alors partie intégrante de la place, qu’avait tout d’abord été implantée la fontaine dite le Château d’Eau.
Un canon fut installé là le 25 juin 1848 pour prendre en enfilade la rue Samson dans laquelle se trouvait une barricade qui résista longtemps aux assauts de la troupe.
2 ter  : Une manifestation anti –nazie de jeunes communistes, qui se déroulait le 13 août 1941 devant le théâtre de l’Ambigu, fut violemment dispersée par les allemands. Henri Gautherot et Samuel Tyszelman furent arrêtés et fusillés 6 jours plus tard.
Dans ce même théâtre de l’Ambigu, qui a disparu depuis, eut lieu le 16 mai 1952, lors d’une représentation organisée par le PCF de la pièce de Roger Vailland : "Le colonel Foster plaidera coupable", une bagarre avec les fascistes venus agresser ; ce qui donna à la préfecture un prétexte pour interdire le spectacle.
11 : Immeuble possédant une sortie sur la rue Meslay, par lequel Peter Gingold, responsable régional de la contre-propagande communiste qui avait été arrêté par les nazis, s’évade en prétendant indiquer une planque à la Gestapo le 23 mars 1943.
25 : Passage Meslay, ouvert en 1887, donnant lui aussi sur la rue du même nom.
29  : Maison natale, dans le passage des Orgues, du futur illusionniste et cinéaste Georges Méliès qui voit le jour le 8 décembre 1861.

Rue René Boulanger

C’est l’ancienne rue de Bondy. Elle suit le tracé du chemin de contrescarpe d’un bastion de l’enceinte d’Henri II, construit vers 1560 et que Louis XIV fera raser en 1670.
40 : Emplacement du théâtre des Folies Dramatiques où furent créées de nombreuses opérettes ; entre autres les Cloches de Corneville et Mme Angot en 1862.
Wilhelm Dinesen, aristocrate danois observateur de la Commune, rapporte que le soir du 21 mai, alors que les versaillais avaient déjà pénétré dans Paris, ce théâtre fonctionnait encore.
50 : Mansarde habitée par le chansonnier Pierre-Jean de Béranger alors qu’il avait 20 ans, en 1800.
56 : C’était la première implantation, depuis 1830, de l’orfèvrerie Christofle, une des plus grosses entreprises parisiennes du milieu du 19ème siècle. Elle employait 1400 ouvrières et ouvriers en 1850. N’oublions pas que nous étions ici, à cette époque, dans les faubourgs de la capitale.
60 : Siège, en 1958, du mensuel "La Voie Communiste" animé par Gérard Spitzer, Denis Berger, Félix Guattari… groupe de soutien au FLN oppositionnel du PCF. Spitzer fera 18 mois de prison.
68  : Demeure du comte Séverin Taylor, protecteur des gens de lettres et des artistes dont un buste est érigé sur la petite place qui porte son nom. C’est lui qui avait négocié l’achat de l’obélisque de Louqsor. Il meurt ici le 6 septembre 1879.
70  : Villa du Lavoir, au fond de laquelle subsiste, comme son nom l’indique, un des seuls lavoirs subsistant à Paris.
7 : Cabinet de travail de Paul de Kock, auteur populaire qui demeurait aux Lilas. Il meurt ici le 29 août 1871.
15 : Demeure de Frédérick Lemaître, rendu célèbre par son interprétation de l’Auberge des Adrets ; un des personnages du film de Carné : Les Enfants du Paradis.
80  : Emplacement d’une célèbre manufacture de porcelaine fondée par le duc d’Angoulême en 1781.
84  : Emplacement d’un poste de gardes-françaises créé sous Louis XV, en 1772.
au 23 rue de Bondy : Demeure de Louis Roëttiers de Montaleau qui organisa des réunions clandestines du Grand Orient de France renaissant en 1796. L’ordre maçonnique avait été interdit pendant la Révolution. C’est Joseph Bonaparte qui en devint grand maître.

Boulevard St Martin aller-retour

57 : Siège du Club réformiste des commerçants-locataires en mars 1848. Il était présidé par un certain Sanguinède.
55  : La porte St Martin n’en fut jamais une. Il s’agit en fait d’un arc de triomphe dressé en 1674 pour célébrer la prise de Besançon par le roi mégalo-soleil, Louis XIV.
De violents combats s’y déroulèrent pendant la révolution de 1848, le 23 février.
18 : Emplacement d’un ancien cimetière réservé aux protestants étrangers de 1720 à 1762. Les protestants français n’avaient alors le droit ni de cité ni de sépulture, depuis la honteuse et stupide révocation de l’édit de Nantes.
Sur son emplacement, Marie-Antoinette fit construire en 65 jours, en 1781, une salle destinée à accueillir l’Opéra après l’incendie de celle du Palais Royal. Ce fut la 4ème salle à abriter l’institution, mais elle ne prit le titre officiel d’Opéra de Paris que de 1791 à 1794.
L’Opéra ferma ses portes le 12 juillet en protestation contre le renvoi de Necker. Fallait-il que la royauté soit politiquement bien isolée !...
Le 12 juillet 1791, le cortège emmenant la dépouille de Voltaire au Panthéon s’y arrête un moment.
Après quelques années de fermeture, la salle reprend du service en 1802 sous le nom de Théâtre de la Porte St Martin, mais on le surnomme alors l’Opéra du Peuple.
Pendant la Monarchie de juillet, il se spécialise dans le répertoire romantique. On y crée "Marion Delorme" en 1831 et "Lucrèce Borgia" en 1833…
Lors de l’insurrection du 5 juin 1832, Alexandre Dumas père, mis en joue par un soldat, parvient à s’y réfugier.
Des réunions publiques du Club de la Porte St Martin, de tendance modérée, s’y tiennent à la fin du Second Empire.
Pendant le siège de Paris en 1870, on y organise des lectures publiques des "Châtiments" de Victor Hugo, dont la recette sert à financer des canons. Ces fameux canons dont Thiers essaiera de s’emparer en mars de l’année suivante.
Pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871, des Fédérés s’y retranchent. Le théâtre est incendié et entièrement détruit par les obus versaillais.

Rue du Fbg St Martin

7 : Après la Semaine sanglante, de fausses rumeurs seront répandues par ces mêmes versaillais pour discréditer la Commune. Par exemple celle de la découverte, ici, d’une conduite explosive destinée à détruire le 10ème arrondissement.
11 : Siège du club des Blessés de Février, fondé pendant la Révolution de 1848.
Siège également du club des Droits civiques, présidé par Salleneuve et Van-Himbeck, fondé lui aussi en mars 1848.
40 : Siège du club de l’Union ; club modéré fondé en avril de la m.
42 : Siège du club démocratique de l’Équité, en mars 1848 également, présidé par Leroi, avec Prestat comme secrétaire.
Club des Blessés et Combattants de la barricade St Merry, présidé par Kersausie à la même époque.
Club de l’Union fraternelle, avec Félix Fredault comme président, Léon Lyon vice-président, Chavant, Rambaud, Souillat et Hugly comme secrétaires, fondé en avril.

43 : Le passage Brady est l’un des plus anciens de Paris. Il fut inauguré le 15 avril 1828. C’est aussi un des plus délabrés.
47 : Hôtel de la Renaissance dans une chambre duquel Amédée Pauwels, alias Rabardy, militant anarchiste belge, attira des policiers pour les entraîner dans la mort, le 21 février 1894, avec une bombe fournie par Émile Henry. Sans doute une des premières tentatives d’attentat-suicide ; tentative seulement car la bombe n’explosa pas. L’affaire, par contre, fit grand bruit.
59 : Demeure en 1919 de Gaston Montéhus, chanteur socialiste, auteur et interprète entre autres du fameux "Gloire au 17ème". Il était apprécié par Lénine qui s’était lié d’amitié avec lui. Mais il s’était malheureusement entre temps converti à l’Union sacrée.
60-62 : Passage du Marché, menant comme son nom l’indique au marché St Martin, construit en 1866.
65 : Emplacement de la "Grille St Martin", ou "Fausse porte St Martin" ; poste d’octroi installé en 1722.
Magasin "Au Tapis Rouge", ancêtre des magasins à bon marché entre 1784 et 1892. Il fut incendié par le général Brunel pour couvrir sa retraite pendant la Semaine sanglante, le 24 mai 1871.
72 : À la place de la mairie du Xème arrondissement se trouvait en 1848 une caserne de la garde municipale — les "cipaux" — qui fut prise d’assaut par les Insurgés le 23 février pour se procurer des armes.
En juin de la même année, une barricade dressée ici offrit une forte résistance aux troupes de "l’Ordre".
Pendant la Commune, la Mairie du abrita le siège de l’Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Elle était animée par des femmes Internationalistes, dont Elisabeth Dmitrieff, Nathalie Le Mel, Blanche Lefebvre, Marie Leloup, Aline Jacquier… Elle avait été fondée le 11 avril 1871. Elle fut associée à la Commission d’enquête et d’organisation du travail du Conseil de la Commune.

Rue du Château d’Eau à droite

72 : Loge de concierge de Mme Louise Bonnefoy qui dirige, à la tête d’un bataillon féminin, la construction de la barricade du Château d’Eau le 24 mai 1871. Elle sera condamnée pour cela à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique ; peine qui sera commuée, le 15 janvier 1879, en quinze ans de détention (Maitron).
54 : Siège des revues "la Révolution prolétarienne", créée par Pierre Monatte et Alfred Rosmer en 1925, et "le Cri du Peuple" en 1929.
39 : Maison la plus étroite de Paris, large de 1,20 m pour une hauteur de 5 m.
36 : Local du Parti Communiste Internationaliste (PCI), dirigé par Pierre Frank, Raymond Molinier, Gérard Rosenthal… à la fin des années 1930.
32 : Siège de "l’Église catholique française", animée par François Châtel ; une église schismatique fondée en 1830.
31-33 : Marché du Château d’Eau dit marché St Martin ou de la Porte St Martin, construit sous le Second Empire pour remplacer l’antique marché St Laurent. Il abrita pendant la commune un parc d’artillerie dont les troupes versaillaises du général Garnier s’emparèrent le 25 mai 1871.
16 : Siège des Jeunesses communistes et du journal "Le Conscrit", dirigés par Jacques Doriot, Morucci, Jean-Marie Clamamus, Louis Coutant, Courtois… avant guerre. Doriot et Clamamus devaient très mal tourner pendant l’Occupation nazie.
16 : Pension de Mme Vollier ; première école où enseigna Louise Michel à son arrivée à Paris en 1856.

Rue Pierre Chausson

Bd de Magenta à droite

25 : Demeure de Georges Arnold, membre du premier Comité central de la Garde nationale puis membre de la Commune de 1871.
22 : Emplacement du restaurant Véry devant lequel est arrêté François Claudius Koenigstein, dit Ravachol, militant anarchiste auteur de plusieurs attentats. Il avait été reconnu par le garçon de café Lherot le 30 mars 1892. Le 25 avril suivant, Théodule Meunier, un autre militant anarchiste, déposait dans ce même restaurant, pour venger Ravachol, une bombe qui fit un mort.
10 : Siège du journal "La Bataille syndicaliste", animé par Pierre Monatte, Léon Jouhaux, Victor Griffuelhes du syndicat des cuirs et peaux — un des auteurs de la Charte d’AmiensMaurice Harmel du syndicat des postiers, Pierre Dumas, de l’habillement, qui tournera au fascisme après la Première guerre mondiale. Quotidien syndicaliste créé le 27 avril 1911, qui se situait en concurrence avec l’Humanité jugée "trop politique".
6 : Emplacement de la salle Jules, dans laquelle se produisit pendant une dizaine d’années, le groupe créé en avril 1901, des "Poètes et chansonniers socialistes", puis "révolutionnaires", auquel appartenaient Jean Baptiste Clément, la veuve d’Eugène Pottier, Gaston Couté, Sébastien Faure, Pierre Nitou, Xavier Privas, Jehan-Rictus
C’est dans cette salle également que répétait à partir de 1907 un autre groupe de poètes et chansonniers qui prit le nom d’une chanson de Constant Marie, dit le Père Lapurge : "La Muse Rouge". Louise Michel y participa.
Dans cette salle toujours se tenaient des réunions du cercle des anarchistes individualistes : les En-dehors.
3 : Demeure de Jacques Bonsergent, premier Résistant civil parisien fusillé par les nazis au fort de Vincennes, le 23 décembre 1940, pour avoir pris la défense d’amis molestés par un soldat allemand.
Sur le boulevard de Magenta, à une adresse qui nous reste inconnue (peut-être le 41), se trouvait le bureau de la Fédération des Jeunesses Socialistes de la Seine, dirigées par Jean-Jacques Marie, un pivertiste. Ils furent expulsés par la SFIO le 6 février 1958 après avoir signé le 4, en commun avec les JC, un communiqué exigeant le retrait des troupes russes de Hongrie et celui des troupes françaises d’Algérie.

Extrémité de la rue du Château d’Eau

1 : Sous le Second Empire se trouvait ici une salle où se tinrent en 1863-1864 des meetings interdits en faveur des blessés de l’insurrection polonaise. Ce soutien, organisé dans plusieurs pays d’Europe, fut un des facteurs de résurgence du mouvement ouvrier après les hécatombes de 1848 et 1851.
3 : La Bourse du Travail est inaugurée le 22 mai 1892, suite au 1er congrès de la Fédération des bourses du travail qui s’est tenu le 7 février de la même année. Elle était auparavant rue Jean-Jacques Rousseau.
Charles Dupuy, nouveau président du Conseil, la fait fermer le 1er mars 1893.
Elle l’est de nouveau, et cette fois pour 3 ans avec occupation par la troupe, par le même Dupuy et le préfet Poubelle, le 7 juillet de la même année, suite à d’importantes manifestations. Celles-ci sont durement réprimées et entraînent l’arrestation de nombreux militants syndicaux.
Clemenceau à son tour la fait occuper par l’armée le 1er mai 1906, en même temps qu’il fait arrêter Victor Griffuelhes, Émile Pouget et Alphonse Merrhiem.
De violentes bagarres ont lieu autour de la Bourse le 3 août 1908, suite aux "tueries" du 2 juin et du 30 juillet à Villeneuve St Georges et Draveil. Clemenceau, encore lui, à l’origine de la provocation qui avait "justifié" le mitraillage qui fit 6 morts des grévistes par l’armée, fit arrêter 31 dirigeants de la CGT qui, ainsi décapitée de ses militants les plus fermes allait abandonner la ligne "syndicaliste révolutionnaire". Le futur "tigre" mérita cette fois là le surnom d’"empereur des mouchards".

Cour du Vauxhall

Rue Albert Thomas à droite

27 : Emplacement approximatif de la demeure du dernier bourreau de la dynastie des Sanson, 31 bis rue des Marais du Temple, vers 1840.
Lui succéda, de 1846 à 1852, un poète que cette adresse dut particulièrement inspirer : un certain Charles Baudelaire.
Au 17 rue des Marais du Temple, difficile à situer avec précision aujourd’hui, habita Philippe-Antoine Merlin, dit Merlin de Douai, membre de la Constituante puis de la Convention, qui devint ministre de la Justice sous le Directoire.

Rue Beaurepaire à gauche

Rue Yves Toudic à droite

13 : Premier siège de l’Union des Coopératives jusqu’à la première guerre mondiale.
2 : Premier transfert du siège du Comité Central de la Garde nationale récemment constitué, dirigé par Édouard Moreau, Georges Arnold, Louis-Émile Lacord, 2 rue de l’Entrepôt, en 1871.
1 : Emplacement approximatif de la demeure de Louis Daguerre située derrière son Diorama dont l’entrée était rue Samson et qui donnait sur la place du Château d’Eau. C’est de la terrasse de sa maison qu’il prit en 1838 le fameux daguerréotype du boulevard du Temple sur lequel figure la première représentation photographique d’un être humain : le client d’un cireur de chaussures qui était resté suffisamment longtemps immobile pour figurer sur le cliché. Malheureusement, cette "photo" célèbre est presque toujours présentée latéralement à l’envers, ce qui empêche de se figurer la physionomie des lieux à l’époque, bien différents de ce qu’ils sont aujourd’hui.
Une barricade dressée pendant la Semaine sanglante à l’angle de cette rue fut défendue, le 24 mai 1871, par les Pupilles de la Commune.

Rue du Fbg du Temple à gauche

12 : Demeure d’Henri Fontaine, membre du Comité central de la Garde nationale en 1871.
16 : Emplacement de l’amphithéâtre de Philip Astley, puis du cirque Olympique d’Antonio Franconi ; premier cirque permanent à Paris après celui de Londres, de 1783 à 1795.
17 : Demeure de Jean-Louis Pendy, dit Pindy, militant brestois, membre de la Commune de 1871.
29 : Restaurant "Aux vendanges de Bourgogne". Un banquet y est offert par 700 électeurs aux députés parisiens de l’opposition le 1er avril 1830 ; quatre mois avant la révolution qui devait, par un tour de passe-passe, porter au pouvoir Louis-Philippe 1er.
Le 9 mai 1831, c’est-à-dire à peine un an après la révolution trahie, un autre banquet y était organisé par la Société des Amis du Peuple, cette fois contre la Monarchie de juillet. Le jeune mathématicien Évariste Galois y porta un toast "à Louis-Philippe, s’il trahit !" avec un couteau dans la main.
34 : Café où se tenaient des réunions du club des Socialistes indépendants allemands en 1892.

Rue de la Fontaine au Roi aller-retour

Elle est rebaptisée rue de la Fontaine Nationale en 1792, et rue de la Fontaine au Tyran pendant la révolution de 1848.
1 : Barricade de la Fontaine au roi. Eugène Protot, blanquiste, membre de la Commune y est blessé au visage le 26 mai 1871. Sauvé par un riverain, il parviendra à se réfugier en Suisse.
Un gamin pris sur cette barricade le 28 mai demande à porter sa montre à sa mère. Les versaillais, vu son âge, le laissent filer et sont très étonnés de le voir revenir quelques moments plus tard pour se faire fusiller.
Eugène Varlin, les frères Ferré, Charles-Ferdinand Gambon, Henry Louis Champy, Pichencourt, Gustave Maître… luttent jusqu’au dernier moment sur cette barricade, un des ultimes points de résistance des Communards. Jean Baptiste Clément aussi, qui par la suite dédiera son "Temps des cerises" à une jeune ambulancière prénommée Louise, venue soigner et ravitailler les combattants et qui refusera jusqu’au dernier moment de les abandonner.

14-17 : En juin 1848 déjà, ce secteur avait été un des principaux points d’affrontement avec les gardes mobiles de Cavaignac, commandés par le colonel Dulac. Le 23, une barricade érigée à l’angle de la rue de la Pierre Levée avait opposé une résistance farouche.
Au même endroit, une plaque a été apposée pour commémorer ce qui aurait également été la dernière barricade de la Commune.
64 : Demeure de Jean Louis Muttin, membre du Comité central de la Garde nationale en 1871.
66 : Siège, en 1867, du Syndicat des mécaniciens qui représentaient alors 14 % des ouvriers parisiens.
Se tenait dans cette rue en 1905, à une adresse qui nous reste inconnue, la Coopérative de consommation "les Persévérants du 11ème".

Rue de la Folie Méricourt

Traverser l’avenue de la République et la rue Jean-Pierre Timbaud

Bd Richard-Lenoir à gauche

130 : Demeure du commissaire Maigret dans les romans de Georges Simenon.

Traverser le bd Voltaire

71 bis : Église St Ambroise.
Elle est le siège du club Ambroise ou club des Prolétaires pendant la Commune. Ce club édite un journal : "Le Prolétaire". L’église est transformée en arsenal le 4 mai 1871.
Les Sans-papiers l’occuperont dans le cadre de leur lutte pour la régularisation en août 1996.
55-60 : Une barricade est érigée à l’angle du bd Richard-Lenoir pendant la Semaine sanglante. De violents combats s’y dérouleront pour la défense de la mairie du 11ème arrondissement. Refuge du Conseil de la Commune après la chute de l’Hôtel de Ville, il y tiendra sa dernière réunion le 25 mai 1871.
50 : Ba Ta Clan, salle de spectacles construite en 1864 ressemblant à une pagode sous l’influence des campagnes militaires en Cochinchine.
Située dans l’un des secteurs les plus ouvriers de la capitale, elle accueillit de nombreuses réunions politiques pendant le siège de Paris à l’initiative des Internationaux : Augustin Avrial, Albert Theisz, Léo Fränkel… s’appuyant sur la corporation des mécaniciens. Un meeting revendiquant l’émancipation économique des travailleurs s’y tint le 6 novembre 1870. Et dès le 15 du même mois s’y esquissait une fédération des comités et bataillons de la Garde nationale.

Passage St Pierre Amelot

Dans ce passage se tenait le café Schiever, lieu de réunions vers 1836 de la Ligue des Justes, créée par le tailleur Wilhelm Weiltling, et rassemblant des ouvriers "allemands", prussiens en particulier — l’Allemagne n’existait pas encore en tant qu’État — exilés en France.

Rue Amelot à gauche

83-85 : Le mur qui borde cet ancien chemin de contrescarpe des fortifications du 17ème siècle comporte des pierres provenant des bastions de l’enceinte de Louis XIII.
82 : Emplacement d’une manufacture de faïence fine dite du Pont aux Choux, fondée par Claude Imbert Guérin en 1749, une des plus grandes de l’époque ; elle employait 250 ouvriers.
À cet endroit se trouva, plus tard, la demeure d’Eugène-François Vidocq, à l’époque 2 rue St Pierre Popincourt. Ce personnage, rendu fort sympathique par un feuilleton de télévision, ancien repris de justice, avait pour principale activité le noyautage et la répression des organisations ouvrières. Il créa et dirigea, au service de différents régimes, la Sûreté nationale, service de renseignement intérieur. Il mourut ici à 82 ans le 11 mai 1857.

Rue Charles Luizet à droite

Traverser le bd des Filles du Calvaire

20 : Cabinet d’architecte de Vivier. Couverture du Bureau des opérations aériennes (BCRA) pendant l’Occupation. Vivier et Jean Ayral, chef du Bureau des opérations aériennes (BOA) sont arrêtés ici le 28 avril 1943 suite à la trahison d’un membre du réseau appelé Gilbert.
14 : Magasin de la maison de disques "La Voix des Nôtres", tenu par Jean Lorris, qui diffuse aux abonnés du journal "le Populaire" les chants révolutionnaires et populaires en 1929.
2 : Emplacement de la porte St Louis de l’enceinte de Louis XIII, construite en 1637.
Posté au balcon du 4ème étage de l’immeuble qui fait face à la rue du Pont aux Choux, un Insurgé, tireur adroit, tient en respect pendant un bon moment les troupes de l’"Ordre" le 25 juin 1848. La scène est décrite dans "Choses vues" par Victor Hugo, qui se trouve ce jour-là du mauvais côté du fusil.

Rue Froissard

Rue de Commines à droite aller-retour

10 : Emplacement de la demeure de Karl Marx, dans ce qui est alors la rue Neuve de Ménilmontant. Il vient de rédiger avec Engels le Manifeste communiste. Expulsé de Belgique, il arrive à Paris le 5 mars 1848 avec sa famille. Il est invité par Ferdinand Flocon, membre du gouvernement provisoire de la toute nouvelle Seconde République. Il installe ici le siège de la Ligue des Communistes allemands. Il quittera la France dès le mois de juin pour se rendre à Cologne afin de fonder la "Nouvelle gazette rhénane".

Rue Froissard à droite

Rue de Bretagne

14 : Siège commun de l’Agence de presse Libération (APL) et du journal du même nom, créés par Maurice Clavel, Jean-Paul Sartre, Serge July, Philippe Gavi, Bernard Lallement, en février 1973.
39 : Librairie anarchiste qui publiait en 1935 les textes de Nestor Ivanovitch Makhno.
41 : Marché des Enfants Rouges, créé en 1628 ; le plus ancien de Paris encore existant. Il s’est appelé au fil des âges, Petit marché du Marais, marché de Beauce…

Rue Charlot à droite

37 : Demeure d’Edmond Dubois de Crancé, dit Dubois-Crancé, député Montagnard à la Convention qui fut à l’origine de la création de la Garde Nationale, au départ une sorte de milice bourgeoise.
73 : Vestiges d’une tour de l’enceinte du prieuré du Temple, édifié en 1240.
83 : Emplacement de l’entrée de l’Hôpital des orphelins, dit des Enfants Rouges, construit en 1534. On peut encore voir des vestiges du mur de la chapelle dans la cour du 90.
85 : D’abord siège de l’Union des Coopératives, financé par la Verrerie ouvrière d’Albi et la Bellevilloise en 1919, puis annexe Eugène Varlin de la Bourse du Travail.
Jean le Rond d’Alembert, qui sort d’une grave maladie, est hébergé pendant sa convalescence par Claude-Henri Watelet rue Charlot "près le bd du Temple", à partir du 25 juillet 1765.

Rue de Turenne

133 : Fontaine Boucherat, réalisée en 1699 par Jean Beausire, alimentée à l’origine par les eaux de Belleville. Une plaque de nivellement de la ville de Paris se trouve sur son socle.
Le club des Travailleurs du Marais se réunissait en mars 1848 dans cette rue qui s’appelait alors la rue St Louis, dans une école communale. Il était présidé par un certain Turmel. Son vice-président s’appelait Masson, et Piot était son secrétaire.
Victor Hugo et Antoine Galy-Cazalat, délégués de l’Assemblée nationale, tentent de parlementer avec les Insurgés le 24 juin 1848, puis assistent à la prise de la barricade.

Rue de Saintonge à gauche

54 : Maison natale en 1659 de Robert Challe, écrivain aventurier pillé par Voltaire et Diderot.
64 : Emplacement de la demeure de Maximilien Robespierre à son arrivée à Paris, de 1789 à 1791.

Bd du Temple à gauche

1-17 : L’arrière de ces immeubles suit le tracé de l’enceinte de Charles V, construite en 1364.
10 : On peut encore voir une pompe à eau originale au fond de la cour.
24 : Emplacement de la salle d’Angoulême, siège du club de l’Unité républicaine créé le 14 mars 1848. Président Guémied, vice-présidents Dumas et Madole, Jacquet secrétaire.
27 : Emplacement du café du Cadran Bleu où Bancelin et Antoine Santerre préparèrent le 9 août 1792 la prise des Tuileries.
Honoré de Balzac le fréquente et le cite à plusieurs reprises dans ses romans.
29 : Emplacement du café Turc, ouvert par Bonvalet en 1780. Lui aussi est cité par Balzac.
Rendez-vous des représentants de la gauche à l’Assemblée sous la Seconde République — Victor Hugo, Michel de Bourges… — il est investi par la police le 2 décembre 1851, lors du coup d’État de Napoléon le Petit.
Bonvalet, le patron du restaurant, étant élu de Paris, une tentative de conciliation entre Versailles et le Comité central de la Garde nationale est tentée dans son établissement par Héligon et Tolain, ex dirigeant de l’Internationale, le 18 mars 1871. C’est bien sûr un échec.

29-31 : L’annexe Eugène Varlin de la Bourse du Travail a été occupée pendant plusieurs mois par les Sans-papiers en 2009. Expulsés par les syndicats, et en particulier par le Service d’ordre de la CGT, ils ont campé plusieurs semaines sur le trottoir du boulevard du Temple avant d’occuper le "Ministère de la régularisation de tous les sans-papiers" rue Baudelique.
41 : Ancien jeu de paume qui est devenu le "Théâtre Libertaire de Paris Déjazet". Créé en 1842, il est le dernier survivant des théâtres du "Boulevard du crime".
C’est sur les marches qui y mènent que meurt Charles Delescluze, abattu quelques instants plus tôt sur la barricade du boulevard Voltaire, le 25 mai 1871.
42 : Emplacement de l’appartement loué par Fieschi, en face le café Turc — et non pas au 50 comme il est dit souvent —, pour installer sa machine infernale destinée à abattre Louis-Philippe lors d’une revue organisée sur le boulevard du Temple le 28 juillet 1835. Il rata sa cible mais fit 19 morts, dont le maréchal Mortier.
De 1855 à 1860, un nouvel immeuble — l’autre ayant été rasé après l’attentat — abrita le magasin de l’auteur de la statue de Jeanne d’Arc de la place des Pyramides : Emmanuel Frémiet.
Et de 1856 à 1869, c’est Gustave Flaubert qui vint habiter son 3ème étage.
46 : Cabinet de figures de cire de Philippe Mathé-Curtz, dit Curtius, médecin suisse-allemand qui se lança dans la confection de bustes de cire et installa ici, en 1782, une sorte de cabinet des horreurs qu’il nomma la "Caverne des grands voleurs". Il avait déjà une boutique au Palais Royal. Il forma à son art sa nièce, Marie Grosholtz. Cette dernière dut quelques années plus tard émigrer en Angleterre, où elle s’installa après s’être mariée avec un certain Monsieur Tussaud…
Après le retour de Louis XVI à Paris, en 1791, Curtius hébergea Guillaume, le garçon de poste qui avait aidé Jean-Baptiste Drouet à bloquer la famille royale à Varennes.
48 : Emplacement du Théâtre du Panorama dramatique, où Lucien de Rubempré fait la connaissance de Coralie dans les "Illusions perdues" d’Honoré de Balzac.
50 : Demeure d’Henri Zislin caricaturiste militant du mouvement protestataire alsacien de 1903.
52  : Emplacement du théâtre des Délassements ComiquesAristide Plancher Valcour, qui devait jouer derrière un voile de gaze, le déchire en criant "vive la liberté" le 14 juillet 1789.
Les "Délass-Com" devint un théâtre très populaire où se produisit une danseuse contorsionniste célèbre surnommée Rigolboche. Il fut incendié pendant les combats de la Semaine sanglante.
54 : Emplacement du théâtre des Variétés AmusantesFrédérick Lemaître fit ses débuts à 15 ans.
Il deviendra par la suite le Théâtre des Funambules — les Funambes pour les parigots — où le mime Jean-Baptiste Gaspard Debureau triomphera en 1862 en recréant le personnage de Pierrot.
58 : Emplacement du Théâtre de Nicolet en 1764, puis de la Gaîté en 1792. Ce fut le premier théâtre installé sur le boulevard du Temple. Le Théâtre de la Gaîté est souvent cité par Balzac dans sa "Comédie humaine".
62 : Emplacement du Théâtre Audinot, puis de l’Ambigu Comique, où Frédérick Lemaître fit un triomphe avec son interprétation du rôle de Robert Macaire dans "l’Auberge des Adrets", en 1824.
66 : Emplacement du Cirque Olympique, puis Théâtre impérial du Cirque, créé par la famille Franconi, qui présentait de grands spectacles de batailles napoléoniennes.
72 : Théâtre Historique, puis Théâtre Lyrique, créé par Alexandre Dumas père pour présenter ses propres pièces. Étienne Mélingue y crée "la Reine Margot" et "le Chevalier de Maison-Rouge", dont le "Chœur des Girondins" sera repris par les Insurgés de Février 1848.
Jules Massenet, alors étudiant au conservatoire, sera remarqué par Hector Berlioz alors qu’il tenait les timbales au théâtre Lyrique en 1859.

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Fin du parcours


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