CE N’FUT PAS TOUJOURS CROQUIGNOL, À BATIGNOLLES...

Dimanche 11 novembre 2012, par Webmestre // ► BATIGNOLLES

À Batignolles par Aristide Bruant

Nous partons de la place de Clichy dont nous parlerons au retour

La Barrière de Clichy ►
et la place du même nom

Rue Biot

5 : La salle de l’Européen fut fondée en 1872. Elle vit passer nombre d’artistes célèbres, tels Polaire, Fragson, Maurice Chevalier, Tino Rossi, Yves Montand

La salle de l’Européen, aujourd’hui ►
et hier

15 : Paul Verlaine séjourna à l’hôtel Biot en 1890.

Paul Verlaine ►
peint par Frédéric Bazille

Rue des Dames à gauche

Rue Lécluse

26 : Demeure de Paul Verlaine après le décès de son père, de 1867 à son mariage en 1870. C’est là qu’il cassa les bocaux dans lesquels sa mère conservait les fœtus de ses fausses-couches. Bonjour l’ambiance !...
14 : La famille du poète s’était installée ici en 1866 du vivant de son père. Elle y vécut jusqu’à la mort de ce dernier l’année suivante.

Boulevard des Batignolles à droite

10 : Salon de la marquise de Ricard, mère de Louis-Xavier de Ricard, ami de Verlaine. On y rencontrait vers la fin du Second Empire les poètes parnassiens autour de Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, François Coppée, Stéphane Mallarmé, Anatole France ou Edmond de Goncourt.

Rue Darcet

1 : Emplacement d’une boulangerie détruite par un obus de la Grosse Bertha en 1918.
À sa place fut construit l’hôtel Bertha, où vécurent de décembre 1922 à 1923 Georges Simenon et sa femme Régine Renchon, dite Tigy. Le père du commissaire Maigret venait de sa Belgique natale s’installer à Paris.

Georges Simenon

13 : Demeure de l’écrivain Léon Frapié, auteur de "La Maternelle", prix Goncourt 1904. Il mourut ici en septembre 1949.

Léon Frapié ►

Rue des Dames à droite

Rue Nollet

1 : Emplacement d’un atelier loué par Alfred de Vigny pour Julia Battelegang et sa sœur Maria en 1838.
3 : Cette cour recèle un ancien puits.
5 : Demeure du caricaturiste Amédée de Noé, alias Cham, qui créa en 1850 un cénacle littéraire auquel participèrent Émile Zola et Henri de Rochefort.

Cham ►

10 : Demeure du jeune Paul Verlaine, de 1859 à 1862, dans ce qui était alors la rue St Louis des Batignolles. C’est à cette époque qu’il écrivit ses premiers poèmes. On le situe aussi parfois par erreur au n° 2 de cette même rue.

Rue de Bizerte

Rue Truffaut à droite

23 : Emplacement de la demeure d’Émile Zola en 1868. C’est ici qu’il rédige "Madeleine Férat".

Émile Zola ►

28 : Demeure des parents de Paul Verlaine en 1857. Lui était alors en pension rue Chaptal.

Rue de la Condamine à gauche

Rue La Condamine, "dessin photogéné" d’Hippolyte Bayard
que nous rencontrerons plus loin, rue Boursault

Rue des Batignolles à gauche

16-20 : Mairie du 17ème arrondissement.
Cette horreur sans caractère a été construite sur l’emplacement de l’ancienne mairie des Batignolles, devenue mairie du 17ème en 1860.
Benoît Malon y fut adjoint au maire en 1870. Eugène Varlin quitta en novembre le 6ème arrondissement, trop bourgeois à son goût, pour rejoindre son camarade de l’Internationale et devenir, durant le siège de Paris, responsable du ravitaillement.
Le 23 mai 1871, Malon se voit contraint d’évacuer la mairie devant l’avancée des troupes versaillaises.
Des Fédérés faits prisonniers ce même jour sont fusillés sans jugement sur la place qui fait face.
Il se déroula dans ces parages des combats parmi les plus violents de la Libération, le 21 août 1944. La mairie ayant été investie par la Résistance, des nazis l’attaquèrent pour tenter de la reprendre.

L’ancienne mairie des Batignolles ►

19 : Demeure de Homayoun Keyhawoussi, agent de la Savak — la police politique du shah d’Iran — qui fut victime ici d’un attentat organisé par un groupe se revendiquant d’une "Brigade internationale", le 3 novembre 1976.

Rue Caroline

11 : Demeure en 1893 de Maurice Barrès, écrivain antidreyfusard, un des chantres du nationalisme français, inspirateur des mouvements d’extrême droite de la fin du 19ème siècle et du début du suivant.
8 : Demeure du même Maurice Barrès un peu plus tôt, en 1891.

Maurice Barrès ►

Rue Abel Truchet

Rue des Batignolles à gauche

Boulevard des Batignolles à droite

34 : Demeure du peintre Édouard Manet de 1864 à 1866. Refusé au salon, il fut soutenu par Émile Zola.

Édouard Manet ►

44 : Église réformée des Batignolles. Le 23 mai 1871, après avoir combattu sur la dernière barricade du quartier, Benoît Malon, pris en charge par Ferdinand Buisson et sa mère, s’y réfugia chez le concierge avec l’accord du pasteur Edmond de Pressensé. Il changera de cachette à plusieurs reprises et sera hébergé quelques jours boulevard Pereire chez le pasteur Bersier, puis rue Vincent Compoint par le sculpteur Auguste Ottin et sa femme. Ces derniers l’aideront par la suite à se refugier en Suisse en le faisant passer pour leur fils. Belle chaîne de solidarité constituée de gens pourtant peu favorables à la Commune.

Benoît Malon ►

Rue Puteaux

8 : Les locaux de la Grande Loge de France sont réquisitionnés pendant l’Occupation, en mars 1941, par le "Centre d’action et de documentation antimaçonnique et antisémite" créé par Henri Colson et Paul Lafitte.

Siège de la Grande Loge de France ►

Rue des Dames à gauche

Rue Boursault à gauche

15 : Demeure, à partir de 1864, de Walery Antoni Wróblewski, général polonais qui se mettra au service de la Commune. Il commandera en particulier la défense héroïque de la Butte aux Cailles pendant la Semaine sanglante.

Walery Wróblewski ►

5 : Emplacement de l’immeuble qu’habita le physicien Édouard Branly entre 1888 et 1913.

Édouard Branly ►

C’est dans cette ex rue Bénard que demeurait Hippolyte Bayard, auteur de la première exposition photographique, le 24 juin 1839.
C’est également dans cette rue que Guy de Maupassant situe la chambre de Georges Duroy dans "Bel-Ami", son roman écrit en 1885.

Boulevard des Batignolles à droite

62 : Station de métro Rome, dont la bouche conçue par Hector Guimard — celle-ci date de 1902 — est un de ces chefs d’œuvres d’Art nouveau rescapés de l’envoi à la ferraille que planifia à une certaine époque l’édilocrétinobureaucratie parisienne.
C’est de cette station que Jean Moulin, alias Max, de plus en plus isolé, décide malgré tout de partir à Lyon où il sera arrêté début juin 1943.
Sur le pont du chemin de fer, entre rue de Rome et rue Boursault, des combats auront lieu à la Libération en août 1944. Les Résistants disposent d’un char allemand qu’ont remis en état des ouvriers de chez SOMUA ; le premier tombé entre les mains des insurgés parisiens.

Jean Moulin ►
Métro Rome

Rue de Rome à droite

89 : Demeure du poète Stéphane Mallarmé à l’ex n° 87. Parnassien, puis initiateur du symbolisme, il tient ici, dans sa "chapelle salon", les "mardis de Mallarmé" à partir de 1874.

Stéphane Mallarmé ►
par Nadar

Impossible de retrouver le nom et l’adresse précise, rue de Rome, d’une "chanteuse célèbre" qui cacha Alain Geismar, ex leader de Mai 68, dirigeant et porte-parole de la Gauche Prolétarienne "zorroïste", traqué par la police suite à sa dénonciation par Paupaul, un prolo-taupe des renseignements généraux, le 26 juin 1970.

Alain Geismar ►

Rue des Dames à gauche

Rue Beudant

15 : Comme dans beaucoup de rues du quartier, des combats eurent lieu sur une barricade dressée ici pendant la Commune, le 22 mai 1871, opposant les Fédérés commandés par le général polonais Jaroslaw Dombrowski aux troupes de Versailles.

Le général Jaroslaw Dombrowski ►

Boulevard des Batignolles à droite

78 bis : Théâtre des Arts Hébertot, une des salles ouvertes par Pierre-Jacques Seveste et ses fils à l’extérieur de l’enceinte des Fermiers généraux vers 1830. Il avait obtenu de Louis XVIII, en lui révélant le lieu de l’inhumation de son frère Louis XVI et de Marie-Antoinette, l’exclusivité des théâtres au-delà du mur d’octroi.
C’est dans cette salle qu’eut lieu, en septembre 1945, la première du "Caligula" d’Albert Camus qui fut la révélation de Gérard Philipe dans le rôle titre.

Gérard Philipe ►
dans Caligula

Rue Léon Droux

Rue de Cheroy à droite

5 : Hôtel du Théâtre, face à l’entrée des artistes du théâtre Hébertot, où séjourna Léona Delcourt, l’inspiratrice du personnage de Nadja dans le roman éponyme qu’André Breton écrivit en octobre 1926.

Léona Delcourt ►
la Nadja de Breton

Rue des Dames à gauche

90 : On peut encore voir une belle pompe à eau sur la droite dans cette cour.
98 : Allée typique du quartier des Batignolles, avec au fond ses petits pavillons.

Passage Geoffroy-Didelot

Un passage bien coloré et bien sympathique qui date de 1894.

Le passage Geoffroy-Didelot ►

Boulevard des Batignolles à droite

88 : Demeure de Louise Michel en 1856. Elle vient alors d’arriver à Paris et enseigne alors dans l’école privée — car elle refuse de prêter serment à Napoléon-Badinguet — que tient Mme Vollier, 16 rue du Château d’Eau. Elle va bientôt se lier avec les milieux blanquistes de la capitale.

Demeure de Louise Michel ►

Rue de Lévis

8 : Emplacement de la salle Lévis, appelée aussi salle de la Réunion.
Ouverte en 1810, cette salle de bal qui pouvait accueillir jusqu’à 4000 personnes abrita un grand nombre de meetings et de banquets politiques, en particulier en 1848 et pendant le siège de Paris et la Commune.
Elle vit passer de nombreux orateurs célèbres, tels Ledru-Rollin, Auguste Blanqui, Armand Barbès, Léon Gambetta, Émile Ollivier, Jules Favre, Henri Rochefort, Georges Clemenceau
Le 6 août 1884 s’y déroula un meeting de protestation contre la politique monarchiste du gouvernement "républicain". Il était dirigé par Ferdinand Gambon, ex membre de la Commune alors député de la Nièvre. Maxime Lisbonne, revenu de déportation en Nouvelle Calédonie, y prit la parole. Jean Baptiste Clément, devenu possibiliste, s’y fit huer parce-que jugé trop mou.
Une réunion anarchiste organisée par les "Panthères des Batignolles" le 23 novembre de la même année fut l’occasion de heurts violents avec la police.
Et le 7 décembre suivant, une autre réunion où intervenait Louise Michel fut troublée par les monarchistes et se termina en une sanglante bataille rangée.
La salle sera détruite l’année suivante.

Louise Michel ►
Émeutes de la faim le 9 mars 1883

44 : Emplacement d’un puits où les Fédérés se débarrassèrent de leurs armes le 22 mai 1871 ; ce qui n’empêcha pas beaucoup d’entre eux d’être exécutés sommairement par les bouchers d’Adolphe Thiers.
Une barricade dressée dans cette rue avait offert une forte résistance à l’avancée des versaillais.
84 : Demeure de Pierre Malzieux, ouvrier forgeron, membre du Conseil fédéral parisien de l’Association Internationale des Travailleurs, condamné dans le 3ème procès de l’A.I.T. le 8 juillet 1870. Combattant de la Commune, il sera condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée, il refusera de formuler un retour en grâce et ne rentrera en France qu’après l’amnistie de 1880, mais se suicidera deux années plus tard.

Place de Lévis


Emplacement du village et du château de Monceaux, où Jeanne d’Arc campa le 7 septembre 1429 avant d’attaquer la Porte St Honoré pour tenter de reprendre Paris occupé par les anglais. Elle allait être blessée le lendemain dans cet assaut qui se solda par un échec.

Rue Legendre à droite

25-27 : Lotissemant conçu par l’architecte Henri Sauvage en 1925 ; premiers immeubles dans la capitale comportant des éléments préfabriqués en usine.

Rue Salneuve

Rue de Saussure à gauche

Rue Cardinet à gauche

Passage Cardinet

Rue Jouffroy d’Abbans à droite

11 : Emplacement d’une source d’eau sulfureuse aujourd’hui tarie.

Rue de Saussure à droite

Rue Cardinet à gauche

149 : Demeure d’Angèle Tixier, sœur de Louis Coquillet, qu’elle cacha après l’attentat de Nantes qui déclencha des représailles terribles. Louis Coquillet, qui avait échappé de peu à une arrestation à Rennes vint à Paris et s’engagea dans les Bataillons de la Jeunesse. Arrêté, il fut torturé et condamné à mort dans le procès de la Maison de la Chimie.

Louis Coquillet

147 : Barricade du pont Cardinet, sur laquelle les Fédérés opposèrent une forte résistance aux troupes de Versailles pendant la Semaine sanglante, le 21 mai 1871.
145 quater : La gare des Batignolles fut réquisitionnée pendant l’Occupation, à partir de janvier 1941, par la société ROGES, chargée de l’approvisionnement de l’Allemagne en matières premières. Elle était dirigée par le lieutenant Uthof.

Rue Dulong aller-retour

83 : Demeure de Guy de Maupassant à l’époque où il écrivit Bel-Ami, entre 1880 et 1884.

Guy de Maupassant ►

Rue Tarbé

Rue de Saussure à gauche

56 : Demeure du bijoutier Houchard, chez qui l’anarchiste Clément Duval, membre du groupe "la Panthère des Batignolles", fut arrêté par l’inspecteur Rossignol le 5 octobre 1886. Une opération de "reprise individuelle" qui avait mal tourné.

Rue Legendre à gauche

54 : Demeure de Paul Éluard avec Nusch, au 5ème étage, de 1934 à 1938. Le poète était alors très engagé dans la lutte antifasciste.

Paul Éluard ►
avec Nusch

61 : Barricade du pont Legendre. Ici aussi la résistance fut importante à l’avancée des versaillais, le 22 mai 1871. Dans ce secteur, les Fédérés étaient commandés par le général polonais Jaroslaw Dombrowski.

Canons de la Commune rue Legendre ►

Place du Docteur Félix Lobligeois

77 : Église Ste Marie des Batignolles
Elle fut bâtie vers 1830 sur un terrain offert généreusement par des promoteurs qui espéraient ainsi attirer des clients-locataires. Les voies du marché immobilier, comme celles du Seigneur, sont impénétrables...
Le 3 mai 1871, Blanche Lefebvre y ouvrit le club de la Révolution sociale. Hubertine Auclert et Louise Michel participèrent à ce club essentiellement féminin.

Hubertine Auclert ►

Rue Charles Fillion à gauche

Traverser le square des Batignolles par l’allée Barbara

1 : À l’emplacement du kiosque à musique fut creusée, pendant la Semaine sanglante, une fosse dans laquelle on jeta les corps de nombreux Communards massacrés après les combats, le 23 mai 1871.

Ressortir vers la rue Brochant

Rue Brochant

6 : Maison natale, le 9 juin 1930, de la chanteuse Barbara ; de son vrai nom Monique Serf. Elle fit ses débuts à Marseille, mais se fit connaître à l’Écluse, sur le quai des Grands Augustins..

Barbara ►

Rue Truffaut à droite

100 : Siège, à partir de 1908, du "Syndicat jaune des ouvriers métallurgistes". Il ne comptait que 252 membres en 1914, mais adhérait à la "Fédération des jaunes de France" qui comptait, elle, de l’ordre de 100 000 membres en 1904. Ce fut le seul syndicat parisien qui osât revendiquer de cette étiquette.

Rue des Moines à gauche

16 : Square Nicolay, une cour typique du 17ème arrondissement.

Rue Nollet à droite

92 : Demeure, au 5ème étage, de Léodile Béra, épouse Champseix, alias André Léo. Journaliste et militante féministe, elle fut parmi les premières femmes membres de l’Association Internationale des Travailleurs. Elle était la compagne de Benoît Malon. Combattante de la Commune, elle dut s’enfuir le mardi 23 mai 1871 et parvint à rejoindre son compagnon en Suisse.

André Léo ►

86 : Maison du Secours national et de "l’Entraide d’Hiver du Maréchal", officine démagogico-caritative de la propagande pétainiste. Elle était animée par Bernard Ménétrel, Georges Pichat, Marcel Déat, Jacques Doriot, Adrien Marquet… tout le gratin collabo.

Rue Legendre à droite

77 bis : L’autre entrée du square Nicolay.

Rue Truffaut à gauche

66 : Demeure des sœurs Francine et Denise Benoît, qui hébergèrent en janvier 1944 Pierre Morel, fondateur avec Gommeriel du réseau Pernod. Après plusieurs tentatives pour gagner Londres, Morel avait créé sa propre filière d’évasion.
53 : Immeuble de style Art nouveau aux balcons remarquables, dessiné par l’architecte Marquet en 1907.
50 : Ancienne mairie de la commune des Batignolles-Monceaux, de 1830, dont il reste un pavillon dans la cour.

Rue de la Condamine à gauche

Rue Nollet à gauche

45 : Planque de Jules Bonnot, chef de la célèbre "bande" qui porta son nom. C’est ici que fut préparé le braquage de la rue Ordener, perpétré le 1er décembre 1911.

Jules Bonnot ►
en famille

56 : Puits comblé dans le jardin à droite au fond de la cour.
55 : Hôtel Nollet, demeure du poète et peintre Max Jacob en 1927.

Max Jacob ►
peint par Modigliani

68 : André Postel-Vinay, membre du réseau de renseignement Pat O’Leary, est hébergé ici avant d’être évacué vers Londres après son évasion de Ste Anne, où il avait réussi à se faire transférer en simulant la folie, le 3 septembre 1942.

Rue Legendre à droite

Rue Lemercier à droite

Rue Jacquemont

6 : Bureau central, à partir du 6 mars 1848, des Ateliers nationaux, alors 6 rue de Chartres. Ces ateliers avaient été créés suite à la proclamation du droit au travail le 25 février. Ils étaient dirigés par Émile Thomas — un ingénieur chimiste sans compétence dans le domaine ; ce qui montre bien le peu de considération qu’avait le gouvernement pour ce "hochet" destiné à endormir la classe ouvrière — sous la responsabilité de l’avocat Marie, membre du gouvernement provisoire. C’est entre autres leur fermeture qui provoqua l’insurrection en Juin de la même année, réprimée férocement — elle fit 15 000 morts du côté des prolétaires — par les mêmes qui avaient utilisé la classe ouvrière quelques mois plus tôt pour faire leur révolution bourgeoise.

Avenue de Clichy à droite

Rue la Condamine

9 : Atelier de Frédéric Bazille en 1870, puis d’Auguste Renoir. Il était fréquenté par Zola, Manet, Monet, Sisley… Bazille le représenta sur une toile célèbre où figurent lui-même et Claude Monet.

Frédéric Bazille ►
dans son atelier

14 : Emplacement de la demeure, de 1869 à 1871, d’Émile Zola dans un petit pavillon. Il y reçoit son ami aixois Paul Alexis. C’est ici qu’il débute la rédaction des "Rougon-Macquart".
Dans cette rue également avait été dressée une barricade pendant la Commune. Des combats s’y livrèrent le 22 mai 1871.

Rue Lemercier à droite aller-retour, puis à gauche

43 : Demeure de Paul Verlaine chez ses parents, de 1863 à 1865. Il a entre 19 et 21 ans. Son ami Louis-Xavier de Ricard fait publier son premier poème. Il écrit "Monsieur Prudhomme".

28 : Cité Lemercier
Au 11 se trouvait l’hôtel du Chalet dont la chambre n° 13 avait été occupée par Jacques Brel à son arrivée à Paris de 1950 à 1958. La petite histoire veut qu’il ait loué par la suite cette chambre "porte-bonheur" jusqu’à sa mort.

Jacques Brel ►
La cité Lemercier

Rue Lemercier à gauche

Rue Hélène à gauche

Emplacement de trois moulins appelés "Moulins de Batignolles".

Avenue de Clichy à droite


52 : Demeure de Maria Deraisme, première femme initiée à la franc-maçonnerie. Elle créa l’Association pour l’amélioration du sort de la Femme.

Maria Deraisme ►
Sa statue dans le square des Épinettes

50 : Emplacement du théâtre Moncey, ouvert en 1891. La troupe de Sarah Bernhardt y joua la "Dame aux Camélias" le 9 septembre 1907.
43 : Emplacement du restaurant "Le Chalet", dit aussi le Grand Bouillon, où Vincent Van Gogh organisa en 1887 une exposition rassemblant une centaine de tableaux, dont un de ses "Tournesols". Y participaient Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Paul Gauguin, Émile Bernard, Arnold Koning… Elle fut boudée par le public.

Vincent Van Gogh ►
Autoportrait

41 : Dans la rue Hélène avaient été érigée en mai 1871 une barricade qui fut la dernière dans le 17ème arrondissement à résister à l’avancée des troupes versaillaises. Elle ne tomba que le 23 mai à midi. On y vit combattre Benoît Malon, Victor Jaclard, Napoléon La Cecilia, Gustave Lefrançais, Auguste Vermorel, Jules Johannard...
30 : Atelier de Léon Bonnat, premier professeur de peinture d’Henri de Toulouse-Lautrec, en 1882.
26 : À l’emplacement du square des Deux-Nèthes se trouvait autrefois le bal du Petit Jardin, repaire de truands marseillais et corses, dont un certain Henri Charrière, dit "Papillon". Édith Piaf y chanta alors qu’elle était encore totalement inconnue.

Édith Piaf ►

20 : Atelier du peintre pointilliste Paul Signac, où se réunissaient le lundi, entre 1889 et 1891, les tenants de l’école "Divisionniste" ; le groupe de Georges Seurat.

Paul Signac ►
par Georges Seurat

11 : Boutique du marchand de couleurs Hennequin, fournisseur et ami d’Édouard Manet.

La boutique d’Hennequin

9 : Le café Guerbois.
C’est dans une salle au sous-sol du café d’Auguste Guerbois, à l’ex n° 11 Grande rue des Batignolles, que se tenaient les fameuses réunions de l’école des Batignolles, où se retrouvaient entre 1866 et 1875 des gens qui à l’époque éprouvaient de grandes difficultés à se faire reconnaître, comme Manet, Monet, Degas, Renoir, Pissaro, Fantin-Latour, Bazille, Sisley, ForainPaul Cézanne y fit la connaissance d’Émile Zola.
Le "Guerbois" devient le café Baudequin dans "l’Œuvre", un des romans de l’auteur des Rougon-Macquart.
Après 1870, il sera progressivement délaissé par les artistes au profit de la Nouvelle Athènes, place Pigalle.

L’avenue de Clichy ►
et le café Guerbois, croqué par Manet

7 : Emplacement du cabaret du Père Lathuille, qui abrita le QG du général de Moncey lors du combat qui l’opposa aux cosaques de Langeron, un autre général français passé lui à l’ennemi, le 30 mars 1814.
C’est ici que Manet peignit en 1879 son tableau "Chez le père Lathuille", prenant comme modèles Louis, le fils du patron, et Ellen André, une actrice.

"Chez le père Lathuille, peint par Manet ►
et Mr Lathuille le 30 mars 1814

L’établissement laissa la place au café-concert le Kursaal, où se produisirent Maurice Chevalier, Françoise Dorin, Maurice Marsac, Ouvrard, Lucienne Boyer, Fréhel, Berthe Silva… entre 1907 et 1927.

Le Kursaal ►

6 : Emplacement du restaurant Boivin, célèbre en 1815, que fréquentèrent par la suite les peintres Impressionnistes.
3 : Emplacement de la Taverne de Paris, qui hébergea à partir de 1905 la Société des dessinateurs humoristes à laquelle participaient Alexandre Steinlen, Jules Chéret, Adolphe Willette, Francisque Poulbot, Jules Grün, Charles Léandre, Lucien Métivet, Abel Faivre, Jean-Louis Forain, Jean-Jacques Waltz, alias Hansi et bien d’autres…

Retour place de Clichy

Nous sommes sur l’emplacement d’une des principales "barrières" du Mur des Fermiers généraux. Une des premières aussi dont le pavillon de garde dessiné par Ledoux fut incendié dès le 12 juillet 1789 ; manifestation du mécontentement profond des parisiens, à la fois contre cet octroi qui renchérissait le prix des denrées dans la capitale, et contre le régime responsable de l’édification à grands frais, trois ans plus tôt, ce "mur murant Paris" qui avait rendu Paris plus que murmurant...
En 1793, la barrière de Clichy prit le nom de "barrière de Fructidor", peut-être en référence à la loi de l’an II sur l’immutabilité des noms de famille, fixant des règles de l’état-civil toujours applicables aujourd’hui.
Cette barrière fut, en 1814, le théâtre d’âpres combats opposant les troupes de la garde nationale commandées par le général Moncey et composées en grande partie de volontaires, à celles du tzar de Russie venues envahir la capitale après la déroute des armées napoléoniennes. Les parisiens résistèrent aux cosaques jusqu’à la signature d’un armistice le 30 mars.
La place actuelle garde le souvenir de cette bataille à travers la statue qui orne son centre.

La statue du général Moncey ►
Combats du 30 mars 1814 peints par Horace Vernet

Le 21 avril suivant, c’est par cette porte que Louis XVIII faisait son retour à Paris, ramenant dans ses malles une monarchie bâtarde, entre absolutisme et soi disant constitutionnalité d’une charte "octroyée".
Moins d’un an plus tard, le 20 mars 1815, il repassait pitoyablement la même porte, fuyant l’arrivée de l’ogre Bonaparte 1er. Ce dernier, estimant qu’il n’avait pas encore assez fait de victimes, allait relancer la France, pour cent jours, dans une nouvelle boucherie européenne. Il est vrai que d’autres ont fait mieux depuis…

La barrière de Clichy disparut en 1860 avec le mur des Fermiers généraux, lors du rattachement à Paris des faubourgs qui s’étendaient jusqu’à la nouvelle enceinte, dite de Thiers : les "fortifs".

La Barrière de Clichy ►
et sa démolition

Pendant la Semaine sanglante, qui allait voir mourir la Commune de 1871, Benoît Malon organisa sur cette place, le 23 mai, la résistance aux troupes versaillaises, sur une barricade munie de 8 canons et de 2 mitrailleuses.
De nombreux Fédérés furent massacrés ici lors d’exécutions sommaires perpétrées par les troupes du boucher Adolphe Thiers, froidement, après les combats.

Barricade et canons place Clidhy sous la Commune ►

Cette place inspira de nombreux peintres, dont beaucoup avaient leur atelier dans ces parages. Parmi ceux-ci, Pierre Bonnard qui en réalisa une série de toiles en 1912, et Édouard Manet.

La place Clichy, peinte par Manet ►
et par Bonnard

1 : Entre 1940 et 1944, cet immeuble abrita la "Maison du prisonnier", créée et financée par la Propaganda-Staffel, et dirigée par Jean Radot. C’était à la fois un service de renseignement sur la situation des prisonniers et un bureau de recrutement pour "la Relève" : cette duperie qui consistait à faire croire aux français qu’un prisonnier serait libéré si quelqu’un de sa famille s’enrôlait pour aller travailler en Allemagne. Un certain nombre de jeunes gens tombèrent malheureusement dans ce panneau. Mais l’opération fit long feu. Son échec amena le gouvernement collabo à instaurer le STO.
4 : Ne nous privons pas d’admirer encore une fois au passage cette œuvre d’Art nouveau dessinée par Hector Guimard que représente la bouche du métro "Place de Clichy". Nous passons trop souvent sans y prêter même un regard entre les "branchages" de cette belle pièce du musée vivant qu’est "la rue" ; ce musée universel dont Paris constitue une des plus belles succursales.

12 : Le café Wepler.
Il fut le point de départ de la seconde manifestation de protestation contre l’exécution de l’anarchiste catalan Francisco Ferrer, qui se déroula le 17 octobre 1909. Elle réunit plusieurs centaines de milliers de personnes. Ferrer avait été fusillé le 13 octobre à Barcelone, accusé à tort d’être l’instigateur, en tant qu’anarchiste et fondateur de "l’École moderne", des troubles qui avaient éclatés en Catalogne au mois de juillet de la même année.

Francisco Ferrer ►
La manifestation du 17 octobre 1909

La terrasse de cette fameuse brasserie fut le poste d’observation d’Henry Miller pour la rédaction de ses "Jours tranquilles à Clichy", écrits en 1928.
Elle était fréquentée par Alfred Perlès, Anaïs Nin, et Pablo Picasso lorsque ce dernier avait son atelier boulevard de Clichy entre 1909 et 1912.
Pendant l’Occupation, le café fut réquisitionné et transformé en soldatenheim, une "maison du soldat" à l’usage exclusif de l’armée allemande. À partir du 18 février 1941, l’immeuble abrita en outre une annexe de la Kommandantur du Gross-Paris ; sa section "logement".

Le café Wepler, soldatenheim pendant l’Occupation ►

16 : Demeure d’Auguste Villiers de l’Isle-Adam, auteur entre autres des "Contes cruels", en 1888.

La Barrière de Clichy ►
et la place du même nom

Fin de notre parcours


Tout commentaire, complément, correctif, à propos de ce parcours ; toute précision ou simple remarque... seront évidemment les bienvenus.

Contact : parisrevolutionnaire@gmail.com